Cannes 2019

[CRITIQUE] : Une Fille Facile

 

Réalisateur : Rebecca Zlotowski
Acteurs : Mina Farid, Zahia Dehar, Clotilde Courau,...
Distributeur : Ad Vitam
Budget : -
Genre : Comédie Dramatique.
Nationalité : Français
Durée : 1h30min

Synopsis :
Naïma a 16 ans et vit à Cannes. Alors qu'elle se donne l'été pour choisir ce qu'elle veut faire dans la vie, sa cousine Sofia, au mode de vie attirant, vient passer les vacances avec elle. Ensemble, elles vont vivre un été inoubliable.



Critique :


On avait laissé la talentueuse Rebecca Zlotowski avec une grosse déception, Planetarium, fresque d'époque à la reconstitution soignée, férocement coincée le cul entre les deux chaises du drame historique poignant (la rafle des juifs et les prémisses de la Seconde Guerre Mondiale en filigranes) et le conte onirique sous fond de déclaration d'amour au septième art assez creuse.
Une péloche proprette et plate aux ambitions pourtant conséquentes, souffrant continuellement de sa manie perturbante à effleurer et métaphoriser ses thèmes (l'amour fraternel, sujet à la jalousie, la nostalgie/l'illusion comme unique source du bonheur) plutôt qu'à pleinement les exploiter, au sein d'une odyssée ennuyeuse aussi bancale que peut l'être le jeu de son duo vedette - Natalie Portman et Lily-Rose Depp, au plus mal.
Une immense déception comme dit plus haut donc, tant la cinéaste avait su prouver avec ses deux premiers essais, Belle Épine et Grand Central, qu'elle avait tout d'une future grande.



Trois ans plus tard, elle nous revient, adoubé par la récente Croisette, avec Une Fille Facile, récit aux relans Kechichien (pas forcément une bonne chose ces temps-ci) où la cinéaste s'attaque à rien de moins que la figure de la bimbo, ici personnifié par une Zahia Dehar faisant ses débuts sur grand écran.
Un choix de casting osé mais cohérent dans la pensée populaire (une ancienne escort considérée comme une fille facile, c'est un raccourci abject mais logique), même si les talents d'actrices de la jeune femme, filmée comme une wannabe BB sous le soleil du Sud de la France, n'explose pas la rétine durant la toute petite heure trente du métrage - elle irrite tout au mieux.
Autant fable adolescente en plein été d'une jeune vouant un culte sans bornes à la frivolité de sa cousine (excellente Mina Farid), que chronique triste d'une michetonneuse de luxe aussi passionnante que la lecture des ingrédients d'une conserve de sauce bolognaise (malgré un jeu de miroirs timide avec la réalité), se pavanant toutes courbes offertes à tout riche qui veut bien dégainer ses biftons (quitte à n'être qu'un objet qu'on use et bazarde à sa guise), Une Fille Facile, récit initiatique dans la droite lignée du brillant Belle Épine, n'inspire qu'un ennui poli et n'incarne jamais la critique potentiellement promise, d'une génération 2.0 dénué de toute morale et glorifiant la richesse matérielle.



Dommage, il y avait matière à une belle et sensuelle fable estivale, s'attachant au mystère de la beauté et du pouvoir sexuel de la femme - pour mieux en déconstruire le mythe -, un culte servant parfois de manière totalement improbable, de véritable catapulte pour une ascension furieuse dans la hiérarchie sociale.
Anecdotique donc, mais surtout douloureusement tiède et décevant.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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