Anaïs

[CRITIQUE] : Diamantino


Réalisateur : Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt
Acteurs : Carloto Cotta, Cleo Tavares, Anabela Moreira,...
Distributeur : UFO Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Portugais, Français, Brésilien.
Durée : 1h32min.

Synopsis :
Magnifique, candide et attachant, Diamantino est l’icône planétaire du football, un héros flamboyant touché par la grâce. Quand soudain, en pleine Coupe du Monde, son génie s’envole dans les vapeurs roses de ses visions magiques, sa carrière est stoppée net. Problème : il ne connaît rien d’autre.
La star déchue, devenue objet de risée nationale, découvre alors le monde – les autres. Le voilà embarqué dans maintes péripéties qui mutent en odyssée : conspiration familiale (ses deux soeurs n’en veulent qu’à sa fortune), manipulations génétiques
délirantes, crise des réfugiés, complotisme de l’extrême-droite… Et, au beau milieu de cette tragédie, où son chat semble être son dernier supporter, pourtant, surgit l’Amour. Le vrai. C’était écrit.



Critique :

Trois semaines après Alice Rohrwacher et son Heureux comme Lazzaro, Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt proposent une nouvelle variation – burlesque et kitsch cette fois – de la figure de Candide. Une expérience cinématographique radicale qui ne manquera pas de diviser et à laquelle je suis restée de marbre.


D'une liberté inouïe – et il faut le dire un brin déconcertante pour la spectatrice lambda que je suis –, Diamantino se risque à croiser science-fiction, comédie, romance, polar et thriller politique sur fond de satire sociale. On ne peut que saluer le geste et plus largement la générosité du cinéma de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt qui abordent ici tant la tragédie des migrants que la montée de l'extrême droite au Portugal, la problématique du clonage ou encore la corruption sous un prisme LGBQT+ marqué. Malheureusement, leur ovni ne réussit jamais à trouver une unité de sens et de forme et nous laisse avec cette désagréable impression d'un Mucomyst qui n'aurait pas été bien mélangé – vous savez, avec les petites granules non dissoutes. Pas imbuvable donc mais assez incommodant.


Ce qui aurait pu constituer un éloge de la bienveillance comme meilleure arme contre une société gangrenée par l'individualisme s'égare dans une parodie tragicomique volontairement ultra caricaturale où les acteurs eux-mêmes – à l'exception de Carloto Cotta – perdent pied (jeu assez impersonnel de Cleo Tavares et a contrario surrégime pour Margarida Moreira et Anabela Moreira). Une série Z complètement assumée toutefois, à l'esthétique mi-baroque mi-kitsch qui vous collera une migraine pour la soirée ou vous égaiera pour le reste de l'année – quitte ou double vraiment – et qu'il vous faudra impérativement prendre au troisième degré pour en apprécier la teneur, ce qui a visiblement été le cas à Cannes puisque Diamantino y a reçu le Grand Prix de la semaine de la critique. Ni fondamentalement hilarant, ni foncièrement touchant, l'union en tout cas à mon sens ratée des Garçons Sauvages et de Man Seeking Woman – qui avait pourtant tout pour me séduire sur le papier.


Anaïs


Anaïs

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