Chroniques

[FUCKING SERIES] : Maniac saison 1 : Eternal Sunshine of The Sadness Minds


(Critique - avec spoilers - de la saison 1)



Une show Netflix au pitch savamment barré, porté par l'excellent Jonah Hill (si), le brillant Justin Theroux (si, si) et la merveilleuse Emma Stone (si, si Eddy), le tout chapeauté et dirigé par Cary Fukunaga (avec Patrick " The Leftlovers " Somerville), cinéaste talentueux dont on reste encore et toujours bercé par son travail exceptionnel sur la (déjà) légendaire premiere saison de True Detective : n'en jetez plus, Maniac - plus ou moins inspiré d’une série norvégienne - avait tout en elle pour être LA série de la rentrée et même, soyons honnête, pour être LA série US de l'année, tout en sachant que la plateforme n'a pas forcément brillé par ses propositions depuis le début de l'été (les secondes saisons de GLOW, Atypical et... c'est tout).
Pur trip comico-cynique à l'inventivité débordante, aussi bien scénaristique que visuelle, brassant une pluie de références SF (Brazil, les cinéma de Gondry et des Wachowski,...), Maniac s'apparente au put*** de labyrinthe d'Alice aux Pays des Merveilles, une expérience exigeante qui demande une totale implication de son auditoire pour mieux en apprécier toute sa maestria déglinguée et géniale. 



Tout du long, la série incarne une plongée psychédélique dans la psyché malade de deux âmes torturées (une accro aux médicaments dépressive qui ne se remet pas d'une tragédie familiale et un milliardaire schizophrène totalement délaissé par sa famille), qui se sont portés volontaire pour une expérience scientifique à la lisière de celle d'Eternal Sunshine of The Spotless Mind du duo Gondry/Kaufman, visant à éradiquer la folie et le chagrin dans l'esprit des gens, tout en les catapultant, dans leurs songes, dans des réalités alternatives toutes plus différentes les unes que les autres (les 50's façon polar mafieux, un monde médiéval à la Seigneur des Anneaux, le thriller d'espionnage, etc...) pour mieux les voir combattre leurs traumas.
Mais évidemment, rien ne va se passer comme prévu, soit que du bonus pour le voyage du spectateur dans cet univers rétro-futuriste faussement normal mais réellement riche et fascinant, à la bande originale incroyable (Dan Romer ♡, déjà derrière Beasts of No Nation), qui ne se perd in fine que dans sa gestion totalement maladroite de ses émotions (dans un monde où la froideur prime, justement) et du personnage de Jonah Hill, Owen - complètement mis de côté.



Volontairement déroutante (elle met vraiment du temps à demarrer) et froide avec son message aussi douloureux qu'il est porteur d'espoir (prôner la confiance et l'acceptation de soi coûte que coûte, même dans la maladie), aux personnages aussi attachants qu'ils sont profondément atypiques et aux antipodes des stéréotypes faciles (Emma Stone porte le show à bout de bras, Sally Field et Justin Theroux sont des seconds couteaux géniaux); Maniac est un petit moment de télevisions sur les hantises et les névroses jouissivement absurde et hallucinatoire, un show maîtrisé, intemporel, (sur)prenant et jamais trop étiré sur la longueur (chaque épisode n'excède pas les 40 minutes, une rareté pour un drama Netflix) qui, malgré quelques couacs (s'intéresser sur la nature des sentiments sans jamais réellement en exprimer avec justesse à l'écran) et une singularité évidente qui en laisseront plus d'un sur le carreau, vaut décemment le coup d'oeil.


Jonathan Chevrier 

John Chevrier

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