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[CRITIQUE] : Le Secret des Marrowbone


Réalisateur : Sergio G. Sanchez
Acteurs : George MacKay, Anya Taylor-Joy, Mia Goth, Charlie Heaton,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : -
Genre : Thriller, Epouvante-Horreur.
Nationalité : Espagnol, Britannique.
Durée : 1h51min.

Synopsis :
Pour ne pas être séparés, Jack, 20 ans, et ses frères et sœurs plus jeunes, décident de cacher à tout le monde le décès de leur mère qui les élevait seule. Ils se retrouvent livrés à eux-mêmes dans la ferme familiale isolée, mais bientôt, d’étranges phénomènes indiqueraient qu’une présence malveillante hante leur unique refuge…



Critique :


Alors que plusieurs pays européens - dont la France - commencent sérieusement à disputer à l'Espagne le titre de terre promise du cinéma de genre, Juan Antonio Bayona se la joue figure tutélaire (comme Guillermo Del Toro à son égard il y a quelques années) pour le scénariste de son fantastique L'Orphelinat, Sergio G. Sanchez, qui fait ses débuts derrière la caméra ce mois-ci avec le bien nommé Le Secret des Marrowbone.
Le premier long du scénariste de L'Orphelinat, produit par le réalisateur dudit film et qui débarque dans les salles obscures presque dix ans jour pour jour après celui-ci (le 5 mars 2008)... les parallèles sont nombreux, d'autant plus que le wannabe cinéaste espagnol ne se facilite pas la tâche en cherchant lui aussi à revisiter à sa sauce les classiques du film hanté.



Mais Sanchez est allé à la bonne école, et même si son premier essai souffre douloureusement de la comparaison avec ses glorieux ainés (Les Autres et la " méthode Amenabar " en tête), son oeuvre est une vibrante ghost story, flippante et émouvante à la fois, évitant soigneusement les clichés inhérents aux situations fantastiques (bye-bye les effets cheaps et tapageurs), pour mieux se focaliser sur l'humanité sincère de ces jeunes personnages et la mélancolie émouvante de son tortueux récit.
Huis clos dramatico-horrifique calibré à la mise en scène aussi élégante que subtile, qui distille avec puissance une atmosphère gothique lancinante poussant le spectateur à voir au-delà des apparences (il réclame une implication totale de son auditoire, une démarche émotionnelle déjà opérée par le scénariste sur L'Orphelinat) avant d'un poil se plomber dans une accumulation de twists sentant un brin le réchauffer; Le Secret des Marrowbone transpire le déjà-vu de tous ses pores, mais se pare d'une approche sensitive du genre tellement sérieuse et sensible qu'il est bien difficile de ne pas y succomber, ne serait-ce que pour la justesse de son jeune casting vedette que l'élégance de son univers.



D'un classicisme revendiqué et assumé, poétique et d'une rigueur étonnante, le film est un chouette et prometteur premier long, rien de plus, rien de moins.
A voir maintenant si le Sergio saura lui aussi confirmer l'essai, comme Bayona, avec une potentielle excellente seconde réalisation...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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