Colossal

[CRITIQUE] : Colossal


Réalisateur : Nacho Vigalondo
Acteurs : Anne Hathaway, Jason Sudeikis, Dan Stevens, Tim Blake Nelson,...
Distributeur : TF1 Vidéo
Budget : -
Genre : Comédie, Science-Fiction, Action.
Nationalité : Espagnol, Canadien.
Durée : 1h30min.
Disponible en e-Cinema dès le 27 juillet.

Synopsis :
Gloria est une jeune new-yorkaise sans histoire. Mais lorsqu’elle perd son travail et que son fiancé la quitte, elle est forcée de retourner dans sa ville natale où elle retrouve Oscar, un ami d’enfance. Au même moment, à Séoul, une créature gigantesque détruit la ville, Gloria découvre que ses actes sont étrangement connectés à cette créature. Tout devient hors de contrôle, et Gloria va devoir comprendre comment sa petite existence peut avoir un effet si colossal à l’autre bout du monde…



Critique :




S'il est indéniable que Nacho Vigalando a du talent et des idées à en revendre (du moins, c'est ce que laissait entendre son réussi Timecrimes, il y a dix ans), force est d'admettre que l'on n'a pas forcément été conquis par ces récents longs métrages, que ce soit le très ennuyeux Extraterrestrial ou le très brouillon Open Windows avec Elijah Wood et l'ex-pornstar Sasha Grey. 



Difficile alors de sauter de joie à l'annonce de son dernier long métrage en date, le film de monstres Colossal porté par la sublime Anne Hathaway, ainsi que les géniaux Tim Blake Nelson et Jason Sudeikis; dite péloche vendue sur le papier, comme un savant et improbable mélange entre Dans la Peau de John Malkovich et Godzilla (!).
Curiosité number one de l'été ciné, cantonnée à une sortie en catimini dans la section e-Cinema, Colossal est de ses bizarreries SF dont on ressort aussi étourdit que réellement séduit par la richesse thématique déployée par un scénario bien plus malin qu'il en a l'air, même si un poil moralisateur et étiré sur la longueur dans sa volonté de casser les codes des genres avec lesquels il jongle avec plus ou moins de maitrise.



Vraie/fausse dramédie indépendante - romance rédemptrice à la clé - burlesque à souhait, se transformant peu à peu en monster movie raffiné (si, c'est possible) avant de virer in fine vers le drame intime macabre à forte tendance thriller psychologique dans son dernier tiers, le Vigalondo nouveau, volontairement (trop ?) insaisissable, use d'une manifestation fantastique destructrice et de ses faux airs de blockbuster catastrophe, pour mieux déposer une réflexion douloureuse - voire même brutale - sur l'auto-destruction (l'alcoolisme, la jalousie, etc...), l'amour (rarement aussi sombre) et la vulnérabilité de l'âme humaine; porté avec vigueur par une Anne Hathaway flamboyante, joliment impliquée en héroïne attachante et imparfaite (épaulée par le génial et follement mésestimé Jason Sudeikis).


Aussi ambitieux - et le mot est faible -, tragique et original qu'il est bancal et déroutant, tronqué par quelques incohérences scénaristiques pas toujours défendable (le flashback pour résoudre l'énigme du monstre, est balancé sans conviction en cours de récit), Colossal ou un film culotté, léger et amer à la fois, un OFNI insolite et (presque) indéfinissable, fascinant dans ses faiblesses et grisant dans son portrait désenchanté de personnages profondément meurtris par la vie, au climax sincèrement poignant.
Une belle et étrange surprise, tout simplement.


Jonathan Chevrier

 

John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

1 commentaires:

  1. J'ai pas accroché plus que ça, heureusement Anne Hathaway est vraiment au top comme souvent, j'en l'adore. Mais je n'ai malheureusement pas été conquise.

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