Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Orange is The New Black saison 5 : Litchfield is on FIRE !


(Critique des premiers épisodes de la saison 5)



Après une troisième saison faussement légère presque anecdotique, qui tranchait douloureusement avec une seconde saison frisant quasiment avec la perfection (ah Vee...), la précieuse Orange is The New Black, véritable dinosaure du catalogue Netflix, nous revenait avec une saison 4 sombre à souhait (la dureté de l'univers carcéral n'avait jamais été aussi palpable jusqu'à lors), culminant à un climax déchirant : la mort de Poussey - tuée dans la confusion par le pourtant sympathique gardien Bayley - de loin le moment le plus puissant et riche en émotion du show.
Un décès qui sera le point de départ d'un déchaînement sans précédent, une insurrection des détenues appelant une prise de pouvoir par la force, ce que laissait présager le point final des treize épisodes, avec Daya pointant son arme sur le détestable (il n'est pas le seul) Humphrey.



Comme prévu, Litchfield est en feu et le départ abrupte de l'une des plus attachantes héroïnes de la série (renvoyant directement aux meurtres raciaux, bien réels, impliquant les forces de l'ordre) est, aussi bizarre que cela puisse paraître, ce qui est arrivé de mieux à Orange is The New Black depuis longtemps.
Chamboulant littéralement sa structure narrative, cette saison 5, filmée en temps réel et seulement axée sur trois jours, reprend pile poil là ou la quatrième s'est achevée, et renverse les rôles avec des prisonnières prenant en otage le système (ici les gardiens, passant de cruels loups à pauvres agneaux), et dévoilant une face obscure jusqu'ici à peine esquissée au fil de quelques flashbacks/sous-intrigues.



Anxiogène comme rarement, parfois malaisante (le traitement humiliant des gardiens est rude, très rude) même si sauvé par quelques respirations comiques salvatrices (même dans l'obscurité la plus totale, la série n'a rien perdu de son humour pimenté), férocement engagée (plus qu'auparavant dans son message fort sur le système carcéral américain férocement défaillant dans son traitement abusif des détenu(e)s) et complètement placée sous le signe de la gestion du deuil; cette cinquième cuvée détonne autant qu'elle captive, notamment par la force d'interprétation d'une Danielle Brooks ahurissante dans la peau d'une Taystee incarnant le bras armé désespérée mais puissant de la justice, véritable déesse au milieu du chaos qui l'entoure (elle est déjà en course pour les prochains Emmys).



Folle et définitivement prenante, faisant la part belle aux seconds couteaux et laissant (enfin !) le tandem Alex/Piper de côté, la saison 5 de Orange is The New Black commence de la plus belle des manières, et semble se bonifier (même si les petits défauts qui font son charme ont la peau dure) à mesure qu'elle persévère dans le drame.
C'est ce qu'on appelle un vrai et bon retour sur les ondes...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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