Critiques

[CRITIQUE] : Tunnel


Réalisateur : Kim Seong-hun
Acteurs : Ha Jung-Woo, Doona Bae, Dal-Su Oh,...
Distributeur : Version Originale/ Condor
Budget : -
Genre : Thriller, Drame.
Nationalité : Sud-Coréen.
Durée : 2h06min.

Synopsis :
Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ?



Critique :


Il n'y a rien de plus exaltant que de comparer la manière dont deux industries bien distinctes, abordent leurs blockbusters et encore plus, au sein d'une saison estivale jugée comme l'une des plus florissantes de ces dix dernières années (on ne jugera de sa qualité que d'ici septembre prochain).
Alors que le cinéma ricain n'en finit plus de balancer dans les salles obscures, ses mastodontes aussi jouissivement simplistes que spectaculaires, le cinéma coréen lui par exemple, ne cesse d'étonner par l'intelligence et l'audace qui étoffent ses gros budgets.
Nouveau long métrage du talentueux Kim Seong-hun (Hard Day), Tunnel transpire autant de la richesse curieuse de son ton (qui mélange film catastrophe, survival, drame intime et... comédie) que par la puissance de son naturalisme excessivement cinématographique.


Se débarrassant du gros de son action dès les dix premières minutes avec une impressionnante catastrophe naturel - l'effondrement d'un tunnel -, le cinéaste déjoue ainsi les attentes de son auditoire pour mieux se concentrer sur les codes du survival dramatique (genre casse-gueule par excellence), qu'il épouse avec un respect et une dévotion admirable.
Huis-clos tout aussi anxiogène (mais qui aurait pu l'être bien plus) qu'il est déstabilisant puisque Kim favorise une approche tragi-comique avec un humour savamment dosé, renforçant de facto l'empathie évidente que procure la prestation irréprochable de Ha Jung-ho; le film, qui tient férocement en halieine malgré ses deux longues heures au compteur, n'en est pas moins également un brillant doigt d'honneur lancé sur la société sud-coréenne, et sa gestion de crise proprement ridicule et montrant une fois n'est pas coutume, l'incompétence des autorités/sauveteurs locaux (une habitude dans le cinéma du pays).


Divertissement total grisant, prenant et jouant sur plusieurs niveaux, Tunnel ou un joli morceau de bravoure sur une histoire de survie aussi malicieuse que réaliste, mis en boite par un cinéaste qui pourrait très bien, à l'avenir, devenir un faiseur de rêves aussi incontournable que ses illustres compatriotes.
De quoi commencer de la meilleure des manières, un mois de mai ciné aux douces saveurs cannoises...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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