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[CRITIQUE] : Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur


Réalisateur : Guy Ritchie
Acteurs : Charlie Hunnam, Jude Law, Astrid Bergès-Frisbey, Djimon Hounsou, Eric Bana, Aiden Gillen, Annabelle Wallis,...
Distributeur :Warner Bros. France
Budget : -
Genre : Action, Aventure, Fantastique.
Nationalité : Américain, Australien, Britannique.
Durée : 2h07min.

Synopsis :
Jeune homme futé, Arthur tient les faubourgs de Londonium avec sa bande, sans soupçonner le destin qui l'attend – jusqu'au jour où il s'empare de l'épée Excalibur et se saisit, dans le même temps, de son avenir. Mis au défi par le pouvoir du glaive, Arthur est aussitôt contraint de faire des choix difficiles. Rejoignant la Résistance et une mystérieuse jeune femme du nom de Guenièvre, il doit apprendre à maîtriser l'épée, à surmonter ses démons intérieurs et à unir le peuple pour vaincre le tyran Vortigern, qui dérobé sa couronne et assassiné ses parents – et, enfin, accéder au trône…



Critique :



Gageons que depuis le départ, et avant même sa vision, cette énième péloche King Arthur puait méchamment le projet bancal; la faute notamment à une Warner cherchant coûte que coûte à faire du détenteur d'Excalibur, une nouvelle franchise à succès.
Trois projets abandonnés (le remake du sublime Excalibur de John Boorman, un autre film Excalibur - une épopée fantastique à la Star Wars -, avec le génial John Hodge à l'écriture, et enfin Arthur et Lancelot signé par le scénariste David Dobkin, avec Kit Harrington/Joel Kinnaman) pour finalement arriver à La Légende d'Excalibur, premier film d'une wannabe franchise de six films.

Dit premier film cornaqué par le conspué - mais génial - Guy Ritchie (un temps espéré pour mettre en boite le Excalibur sauce Star Wars), tourné un brin douleur avant d'être repoussé pendant un bon moment par une major ne sachant pas vraiment trop quoi faire de lui.



Gros blockbuster quasi-expérimental qui fâche dans la même veine que Sherlock Holmes, qui divertissait son spectateur tout en chiant mignon sur la mythologie du personnage, Ritchie persiste et signe dans son entreprise de réappropriation/destruction massive, en offrant une vision totalement revisitée - ou saccagée au choix - de l'histoire du Roi Arthur (merde mais il est ou Merlin ???), laminant dans les grandes largeurs l'un des mythes occidentaux les plus riches et célèbres; qu'il s'approprie à la truelle et sans le moindre soucis de respect et de cohérence.

A la différence d'Antoine Fuqua, qui s'attachait à conter la même histoire avec plus de révérence en 2004, le cinéaste se la joue morveux mi-inconscient mi-pourri gâté (et qui s'offre même un caméo de luxe), en signant une fable médiéval façon héroïc fantasy presque aussi barrée et potache que le Kaamelott d'Alexandre Astier - en moins drôle et ridicule -, un OFNi puissant et over the top boursouflé aux CGI foireux, au casting inégal, dominé par un Jude Law qui cachetonne à mort (vivement, mais vivement de le découvrir en Dumbledore dans Les Animaux Fantastiques 2) et un Charlie Hunnam plutôt convaincant dans la peau du charismatique guerrier appelé à devenir roi.



Prévisible et bruyant mais férocement jouissif et drole puisque totalement assumé, mené tambour battant, dénué de tout sens, d'émotions et encore moins de logique - surtout dans son final WTF à souhait -, souvent brouillon dans son action tout en trouvant le moyen d'être fun et parfois passionnant (aussi contradictoire que cela puisse paraître) grâce à sa mise en scène frénétique et sous LSD dans le pur style Richien (reconnaissable entre mille et bien moins muselé que sur Agents Très Spéciaux) et le score fougueux de Daniel Pemberton; Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur est une simili-déception que l'on voyait venir de loin (au fond, depuis sa première bande annonce...), tout comme le récent reboot de Tarzan déjà produit par la Warner, qui détonne néanmoins dans sa volonté de dynamiter le carcan du blockbuster lambda.

On aime Hunnam et on aime beaucoup Ritchie mais cela ne suffit décemment pas pour défendre ce qui est, avec Alien : Covenant, le blockbuster le plus décevant du moment.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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