Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Prison Break : Heroes never die


(Critique du season premiere de la saison 5)



Monument du petit écran, et de loin l'un des show les plus addictifs et ambitieux de la télévision US des années 2000 (les deux premières saisons sont un must-see), Prison Break a joliment marqué toute une génération de seriephiles, aussi bien dans ses immenses qualités, que dans ses nombreuses - mais attachantes - faiblesses.
Se prenant franchement les pieds dans le tapis au fil du temps avec une mythologie inutilement complexe, le show se clôturait un poil dans la douleur au terme d'un ultime épisode foutraque, ou le génie Michael Scofield, mourant, se sacrifiait par amour pour sa femme Sarah, en l'aidant à s'évader de prison (ou elle était emprisonnée pour le meurtre de sa... belle-mère).
Logique et beau, à défaut d'être convaincant et encore moins satisfaisant.


Du coup, dans sa quête autant improbable que désespérée (la crise d'inventivité/originalité des gros networks US atteint doucement mais surement son paroxysme) de ressortir de ses cartons la majorité de ses séries emblématiques pour en pondre des suites - ou autres -, la FOX se devait, après 24 et X-Files, de ramener Prison Break sur les écrans.
Surtout que les fans de la série le savent mieux que personne, les showrunners ne se sont jamais privés de ramener à la vie, des personnages importants supposément morts et enterrés (coucou Paul Kellerman et Sarah Tancredi).Toujours chapeauté par son créateur, Paul Scheuring, et avec le retour salvateur du casting original, cette saison 5, conçue comme une minisérie évènement, attisait autant les attentes que les craintes et ce, malgré le plaisir non feint de pouvoir retrouver Linc, Michael, Sucre ou encore T-Bag, se lancer à nouveau dans une épopée/évasion bigger than life.
Méchamment entouré de mystère puisque rien n'a réellement filtré sur les tenants de cette suite, mis à part ces deux - et excellentes - bandes annonces, et broder autour de la résurrection du roi de l'évasion, cette nouvelle saison que l'on espère cohérente de bout en bout, à au moins déjà le mérite de démarrer sous les meilleurs auspices, avec un premier épisode suffisamment solide et intriguant, pour nous tenir en haleine sur un tout petit peu plus de quarante minutes et surtout, nous donner envie d'en voir plus.


Se servant habilement de l'actualité internationale (la guerre civile au Yémen est évoquée, tout comme Daech), et ressemblant à un gros mix entre les bons points des deux premières cuvées (le cadre oppressant, C-Note en second couteau de poids et une nouvelle tentative d'évasion franchement risquée) et les mauvais des deux dernières (un T-Bag en roue-libre avec une sous-intrigue en solo liée à l'intrigue mère, Michael incarcéré en solo tandis que son frangin pataud est à la rescousse), ce season premiere commence avec un T-Bag fraichement sortie de Fox River (wait... what ?), qui reçoit une enveloppe étrange contenant une photo d'un Scofield in fine bien vivant, à la grande surprise autant de son ex-femme Sarah - depuis remariée - et de son frère Lincoln Burrows - à nouveau englué dans les bas fonds de Chicago.
Emprisonné pour meurtre au Yemen et peu à peu effacé de la surface du globe par une mystérieuse organisation qui tente de liquider tous ses proches, l'ancien cauchemar numéro un du Cartel serait désormais un terroriste renommé ayant bossé avec Daech pour faire tomber le gouvernement du pays (!).
Connu dorénavant sous le nom de Kaniel Outis, il semble faire la sourde oreille face à la tentative de son frère et de C-Note, de le sortir de son enfer à barreaux...



Scofield en terroriste international, voilà une idée qui ne nous serait jamais venu à l'esprit, surtout que le bonhomme semblait enfin sorti de ses embrouilles d'avec le Cartel qui, au vu de ce premier épisode, ne serait pas forcément mort - tout comme lui. 
Alors, évidemment, si la réalisation laisse méchamment à désirer (le manque de moyen est évident) et que baser tout l'épisode sur le jeu d'acteur limité de Dominic Purcell est loin d'être l'idée du siècle, ce premier épisode n'en est pas moins vraiment prenant, et laisse suffisamment de grosses questions en suspens (Pourquoi Michael a bossé pour Daech ? Pourquoi a-t-il masqué sa mort ? Pourquoi a-t-il offert une nouvelle mimine à T-Bag ? Pourquoi ce pauvre Sucre est-il cantonné à de la figuration de luxe aussi ridicule ?), pour nous donner envie d'être de retour dès la semaine prochaine.
Composée uniquement de neuf épisodes, et devant logiquement se clore sur l'évasion de Michael (à moins que le show nous réserve une surprise de taille), les réponses ne devraient certainement plus tarder à poindre le bout de leur nez; en espérant qu'elles fassent de ce retour, le comeback fracassant que l'on a toujours désiré pour ce show.

La balle est dans ta cellule, Scorfield...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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