Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Fleabag : Comédie noire féminine sur la subtile crise de la vingtaine


(Critique de la saison 1)



L’été dernier sur BBC Three débarquait Fleabag, une énième série portée par une femme en pleine crise de la vingtaine, coincée dans notre société contemporaine.
La série est signée Phoebe Waller-Bridge (Broadchurch) également interprète titre de la série, une comédienne qui adapte ici son one-woman-show pour la télévision, comme sa consœur britannique Michaela Coel avec la délirante série Chewing Gum.
Fleabag est une comédie noire intimiste et subtile qui a eu un joli succès critique outre-Manche, même s'il elle reste malheureusement encore peu connu du grand public.
Avant l’arrivée de la deuxième saison cet été, il est temps de jeter un coup d’œil à cette série unique.



Composée de seulement 6 épisodes, Fleabag (« sac à puce » littéralement) redéfinit le sens de la comédie noire, en partant pourtant d’une simple histoire, celle d'une jeune Londonienne prénommée Fleabag, une femme mal dans sa peau et gérante d’un café (quasiment vide), qui traverse une crise sentimentale et familiale après une tragédie quelques mois auparavant.
Contrairement aux autres séries féminines ou féministes, le show dépeint un portrait totalement honnête de la femme, les dialogues et les situations ne sont pas trashs mais tout simplement vraies, malgré une pointe d’extravagance pour exprimer les sentiments.
La série reprend les mêmes situations que les hommes (une héroïne qui aime se masturber devant Obama...) alors pourquoi venant d’une femme se serait vulgaire ?



Fleabag est le petit moment de télévision dans lequel les femmes - et même les hommes - peuvent se reconnaitre via différents points de vue qui peuvent faire échos à nos vie, le réalisme des émotions nous frappant d'ailleurs en plein cœur.
Malgré son ton personnel, la série n’est pas autobiographique, même si l'on remarque très vite que la créatrice Phoebe Waller-Bridge s'est mise à nu pour nous faire comprendre et ressentir la condition féminine (la colère, les insécurités, les erreurs, la solitude, la sexualité) notamment grâce à sa réalisation, Flea n’hésitant pas à casser le quatrième mur pour s’adresser à son public, sans trop en faire, allant même jusqu'à prévoir à l'avance, les phrases prononcées par sa soeur.
Mais surtout pour mettre en avant sa vérité, elle qui est constamment confuse avec son entourage et en colère contre elle -même



Fleabag est un show universel aux thématiques intemporelles, intelligemment écrit et drôle grâce un casting talentueux, notamment Olivia Colman (Broadchurch, Hot Fuzz) qui interprète une belle-mère délicieusement garce, loin de ses rôles sombres.
Retenez bien ce nom : Phoebe Waller-Bridge, une actrice que l'on reverra bientôt sur les écrans - le spin-off Star Wars centré sur Han Solo en tête.
La saison 1 de Fleabag est actuellement disponible sur Amazon Studio, et elle est à recommander aux femmes mais aussi aux hommes !


Alyssa Adjaoui



Alyssa Adjaoui

Cinéphile/sériephile touchée par la grâce irrévérencieuse des années 90' poétesse par la littérature britannique. Fille spirituelle de Sylvester Stallone. Biberonné par Spielberg et Burton, éduqué à l'adolescence par le duo Tarantino/Fincher, artiste sensible par Steve Mcqueen II, enfant terrible comme Boyle, humour décalée transmis par Wright, femme battante par Bigelow, femme fatale par Scorsese, femme passionnée par Allen, Kubrick qui vole au dessus de ma tête, Harry Potter compagnon de ma jeunesse éternelle.

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