Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Les Désastreuses Aventures des Orphelins Beaudelaire : The Olaf (The Playbook by Barney Stinson)


(Critique de la première saison)




Petit monument de la littérature enfantine signé Daniel Handler aka Lemony Snicket, douloureusement masqué par l'ombre (trop) imposante de la saga Harry Potter, Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire avait déjà eu les honneurs d'une adaptation sur grand écran, dite adaptation critiquée pour la bouffonnerie totalement assumée de son interprète vedette, le vénéré Jim Carrey, dont le one man show incarnait pourtant, aussi contradictoire que cela puisse paraître, le sel du métrage.
2017, Netflix reprend fièrement le flambeau en adaptant les quatre premiers tomes de la saga au sein d'une première savle d'épisodes - huit - très fidèle au ton des romans,, reprenant ses codes - et ce dès le générique titre " Look Away " - tout en s'en démarquant juste ce qu'il faut.




Sorte de Misérables absolument déjanté, caustique et austère, l'histoire conte celle de trois enfants, Violette, Klaus et Prunille Baudelaire qui, après l'incendie de leur maison et le décès de leurs parents, se voient confier à un tuteur malfaisant, le bête et méchant Comte Olaf.
Très vite, les orphelins vont réaliser que ce dernier en veut à leur héritage, et ils devront éviter les nombreux pièges d'Olaf et ses sbires, s'ils veulent rester en vie...
Très théâtrale, visuellement élégante et foisonnante (certaines trouvailles artistiques sont somptueuses) tout autant qu'elle est méchamment référencée (on pense autant au cinéma de Wes Anderson dans son style, qu'à feu la merveilleuse Pushing Diasies) et boursoufflée aux CGI; Les Désastreuses Aventures... version Netflix, privilégie bien plus au final l'humour et le second degré grinçant, à la noirceur et la mélancolie enivrante qui émanait de l'oeuvre originale.



Plus accessible (bye-bye la violence aussi malsaine que réelle, qui caractérisait le quotidien des orphelins) et totalement focalisé sur ses personnages hauts-en-couleurs, le show est rythmé par les cabotineries bon-enfant du génial Neil Patrick Harris, habile showman au talent certain, qui campe ici un Comte Olaf (ainsi que ses sbires, Stéphano, Captain Sham et Shirley) détestablement attachant.
Le bonhomme s'éclate dans son (ses) rôle et cela se ressent à l'écran, à tel point que cette première saison semble complètement tourner autour d'Olaf, au détriment du trio d'enfants (au jeu d'acteur inconsistant), pas forcément bien croqué et trop peu empathique.



Trahissant - évidemment - son matériau d'origine tout en retranscrivant avec assiduité, toute sa bizarrerie et son mystère, pas toujours prenante mais pourtant très plaisante à suivre sur la durée, la première saison du show, plus que sympathique, souffre encore du sentiment de déjà-vu et du comparatif, aussi obligé que légitime, avec le film pour pleinement convaincre un auditoire divertit, mais pas (pour le moment ?) totalement séduit par le spectacle qu'il propose.
 

Une bonne série familiale, dont on scrutera avec plus d'intérêt et d'excitation, la déjà promise seconde saison.


Jonathan Chevrier




John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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