Critiques

[CRITIQUE] : La Taularde


Réalisateur : Audrey Estrougo
Acteurs : Sophie Marceau, Carole Franck, Suzanne Clément, Julie Gayet, Benjamin Siksou, Anne Le Ny,...
Distributeur : Rezo Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h38min.

Synopsis :
Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ?



Critique :



Comme un grand vin, la beauté de la précieuse Sophie Marceau semble se bonifier avec l'âge et les années qui passent.

La future cinquantaine lui sied à merveille - à l'instar de la tout aussi sublime Monica Bellucci -, pour preuve ses deux dernières prestations sur grand écran, elle qui était apparu plus resplendissante et séduisante que jamais dans le sympathique mais bancal Une Rencontre de Liza Azuelos (ou elle jouait l'objet de toutes les convoitises du génial François Cluzet), mais surtout dans la comédie Tu Veux ou Tu Veux Pas de Tonie Marshall, ou face à Patrick Bruel, elle se montrait plus sensuelle et bouillonnante qu'à l'accoutumer.



Disparue des radars du septième art depuis près de deux ans, la voilà de retour avec le très ambitieux nouveau film d'Audrey Estrougo, La Taularde, drame poignant et coup de poing sur l'univers carcéral; genre trop peu foulé dans l'hexagone (malgré le succès du brillant Le Prophète), et encore plus d'un point de vue féminin, bien mieux mis en valeur outre-Atlantique grâce à la précieuse série Netflix Orange is The New Black.

L'histoire du film suit celle de la belle professeur de lettres Mathilde qui, pour sauver son grand amour de la prison, lui procure une arme et prend de facto sa place derrière les barreaux.
Complice d'évasion, elle pense que son incarcération n'est qu'une question de temps, mais alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle.
Isolée, soutenue uniquement par son fils qui supporte mal son sacrifice, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B, et doit faire face à un univers carcéral qui met douloureusement à mal ces certitudes...



Pur huis clos pénitencier sur une détenue sacrifiant sa liberté par dévotion et amour, aussi intense qu'à la violence brutale, La Taularde impressionne tout autant par son réalisme bluffant que par son envie de dresser un portrait sincère, touchant et sans fard d'une femme poussée dans ses derniers retranchements, luttant contre un système déshumanisant et oppressant; ou la réinsertion n'est qu'une lubie contre-productive, une pensée presque utopiste dans un environnement ou la frustration et la barbarie se voit instinctivement démultipliées.

Tout en maitrise et en subtilité, la péloche dépeint sa version de l'enfermement au féminin, univers restreint et insupportable, broyant le moindre espoir dans un climat horrifique à la limite du supportable, grâce à une restitution criante de vérité, une mise en scène appliquée et une tension/noirceur quasi constante; ou quelques incartades poétiques et légères incarnent des respirations salvatrices pour un spectateur rarement autant saisit par une mise en abyme aussi prenante et poussant réellement à la réflexion.
Impliquée comme rarement et en complet contre-emploi, Sophie Marceau impressionne et bouleverse, dans le rôle de cette femme aussi forte que fragile, qui lui permet d'exploiter toute la diversité de sa palette de jeu.



De tous les plans et bouffant littéralement l'écran, elle est la parfaite chef de file d'un casting authentique et saisissant de justesse (Carole Franck, Suzanne Clément, Julie Gayet, Benjamin Siksou ou encore Anne Le Ny).
Drame coup de poing comme le septième art hexagonal n'en produit que trop peu, La Taularde est une descente aux enfers dure et intense jouant habilement la carte du réalisme.

Humain et brutal à la fois, Audrey Estrougo signe ni plus ni moins que son meilleur long métrage à ce jour, et vient sans doute de s'ouvrir avec prestance, les portes d'une potentielle razzia aux prochains César...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.