Blood Father

[CRITIQUE] : Blood Father


Réalisateur : Jean-François Richet
Acteurs : Mel Gibson, Erin Moriarty, Diego Luna, William H. Macy,...
Distributeur : SND
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Français.
Durée : 1h28min.

Synopsis :
John Link n’a rien d’un tendre : ex-motard, ex-alcoolique, ex-taulard, il a pourtant laissé tomber ses mauvaises habitudes et vit reclus dans sa caravane, loin de toute tentation.
C’est l’appel inattendu de sa fille Lydia, 17 ans, qui va lui faire revoir ses plans de se tenir tranquille…
Celle-ci débarque chez lui après des années d’absence, poursuivie par des narcotrafiquants suite à un braquage qui a mal tourné.
Lorsque les membres du cartel viennent frapper à la porte de John, ils sont loin de se douter à qui ils ont affaire…



Critique :




Ce n'est un secret pour personne, et encore plus pour les cinéphiles endurcis que nous sommes, Hollywood est une véritable putain qui recrache ses enfants chéris presque aussi vite qu'elle les propulse au sommet; et plus violemment encore, les talents ayant un trop net penchant pour l'auto-destruction.

Sans l'ombre d'un doute l'acteur-réalisateur le plus doué et insaisissable de sa génération - avec Kevin Costner -, Mel Gibson paye depuis près d'une décennie, une dette bien trop élevée pour un seul homme, boycotté quasiment de toute part par une industrie qui ne veut plus vraiment de lui (autant pour ses frasques que son âge/date de péremption trop avancé au goût des producteurs visant la jeunesse éternelle), malgré des compositions toujours exemplaires (Hors de Contrôle, Le Complexe du Castor).



Gageons au fond que, comme son cinéma qui est férocement marqué par le thème de la rédemption, Mad Mel semble doucement mais sûrement organiser son retour et (enfin) entrevoir le bout du tunnel, lui qui nous reviendra derrière la caméra dès novembre prochain, avec l'alléchant Hacksaw Ridge, dans lequel on fonde énormément d'espoir.

Mais en attendant, celui qui s'amuse plus derrière la caméra que devant (une affirmation qu'il réédita au moment de la difficile promotion du viscéral Apocalypto, sa dernière réalisation), nous revient en ces dernières heures du mois d'août avec une série B burnée comme on les aime, Blood Father.
Ou le nouveau long métrage de l'excellent Jean-François Richet, qui revient au cinéma de genre quelques mois après une escapade comico-dramatique via le sympathique Un Moment d'Egarement avec le duo Vincent Cassel/François Cluzet.



Adaptation du roman " Père de Sang " de Peter Craig, la péloche suit comment John Link, ancien alcoolique et Hell's Angel tout autant que criminel/taulard repenti, va tout faire - et même au péril de sa vie - pour sauver la prunelle de ses yeux, Linda, qui a abattu son petit ami et membre influent d'un puissant Cartel.
Ensemble pour la première fois de leur existence, ils vont tout faire pour survivre, et ce dans tous les sens du terme...
Sous ses faux airs de Taken bis (Richet n'est pas un yes man made in Europa Corp, loin de là), Blood Father est in fine un excellent B movie à hauteur d'homme, qui fait fit de la simplicité évidente de son scénario (on avance en sentiers battus,  pour mieux en transcender l'efficacité jouissive qui en émane, et incarner un pur polar hard boiled semblant tout droit sortie des bénies 70's/80's.

Allant constamment à l'essentiel (l'action reste dans le présent, et donne chair sans artifices à son histoire et ses protagonistes), à la violence sèche et bourrin juste ce qu'il faut, solide dans sa mise en scène - caméra à l'épaule - et mené tambour battant sur un tout petit peu moins de quatre-vingt dix minutes; le film se démarque du tout commun par une caractérisation des personnages appliqués (on ne doute jamais de l'amour qui lit John Link à sa fille, ici montré avec crédibilité), amplifiés par l'interprétation ahurissante de justesse d'un Mel Gibson absolument parfait en père courage protégeant sa progéniture tout en étant traqués par une horde d'ennemis aussi barrés qu'implacables.



En véritable bête enragée charismatique à mort et n'ayant jamais peur de rien, l'éternel Martin Riggs porte à merveille les stigmates du temps et d'une carrière difficile sur son visage buriné, et soulève de la tête et des épaules un récit classique qui lui est totalement dévoué.
Toujours aussi follement emphatique, jamais vraiment mort et enterré même si férocement mal en point, Gibson est bel et bien toujours là pour nous en foutre plein la poire et bouffer l'écran comme tout grand acteur qui se respecte, avec un sens inné .

Richet ne le sait que trop bien, et il filme avec amour et respect l'un des plus grand héros de notre temps, au sein d'un film de genre généreux, musclé et tendu; qui nous fait terminer en beauté un été qui aurait mérité d'être aussi excitant...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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