Critiques

[CRITIQUE] : Éperdument


Réalisateur : Pierre Godeau
Acteurs : Guillaume Gallienne, Adèle Exarchopoulos, Stéphanie Cléau, Suzanne Clément,...
Distributeur : Studio Canal
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h50min.

Synopsis :
Un homme, une femme. Un directeur de prison, sa détenue. Un amour impossible.


Critique :


On ne reviendra pas sur les tenants de la terrible histoire du " Gang des Barbares " qui a défrayé la chronique en 2011, elle reste encore vivement ancrée dans la mémoire de tous.
Reste qu'elle est intimement liée au nouveau film de Pierre Godeau, Éperdument, adaptation plus ou moins assumée du roman éponyme de Florent Gonçalvez, un ex-directeur de la prison de Versailles qui est justement, tombé amoureux de " l’appât " du gang pour séduire Ilan Halimi, Emma.

Une histoire folle, mais vrai qui inspira donc le papa du très beau Juliette - lui qui est fasciné depuis longtemps par cette histoire -, pour en faire son nouveau projet de long métrage.
Et pas un petit projet, puisqu'il se sera entouré pour l'occasion de l'inestimable (oui, il l'est) Guillaume Gallienne et de la nouvelle coqueluche du cinéma français, la séduisante Adèle Exarchopoulos.


Une love story impossible entre un gardien et une détenue sous fond de faits divers sordides, autant dire que la péloche incarnait sur le papier, une belle promesse de cinéma ambitieuse comme le cinéma français en offre que trop rarement ses derniers mois.
Dommage que dans l’exécution à la facture assez réaliste il est vrai (le film a été tourné à la prison de la Santé, pour accentuer son réalisme), Pierre Godeau soit littéralement passé à côté de son sujet en signant une œuvre boursouflée, manquant cruellement de finesse et justesse malgré une partition criante de naturelle d'un duo Exarchopoulos/Gallienne à l'alchimie fiévreuse et convaincante.

Bourrée jusqu'à la gueule de clichés, de dialogues limitées à la limite du ridicule (ça pointe lourdement du doigt la différence évidente de statut entre le directeur plus éduqué que la jeune criminelle banlieusarde), ce rapport de force devenant très vite une love story impossible entre un quarantenaire marié et une détenue moins enfantine qu'elle n'y parait, ne décolle jamais vraiment, la faute à un scénario des plus prévisibles (la spirale destructrice de Jean, de son amour pour Anna à sa séparation d'avec sa femme, sans oublier le fait qu'Anna tombe enceinte - rapport non-protégé oblige -, tout est visible à des kilomètres sans avoir lu le bouquin) et surtout dénué de toute finesse et de passion; empêchant de facto toute empathie possible pour ses protagonistes jusqu'à un final presque risible.

De manière franchement étonnante, Godeau aligne les poncifs avec une frénésie destructrice étonnante, sabote ses scènes oniriques et ses moments de purs émotions, mais surtout la partition enlevée d'un Guillaume Gallienne inspiré (et plus beau gosse qu'à l'accoutumée) et d'une Adèle Exarchopoulos plus belle et habitée que jamais.


En résulte alors une sensation de déception immense mais surtout de véritable gâchis face à un projet qui, de loin, incarnait l'une de nos grosses attentes hexagonales de l'année.
C'est con comme on dit, parce qu'avec de sublimes acteurs, une photographie léchée (signée Muriel Cravatte) et un pitch accrocheur, le cinéaste Pierre Godeau avait matière ici à faire beaucoup mieux qu'un simple mélodrame carcérale méchamment fade et maladroit.

Exit la fascination pour cette histoire hors du commun, Éperdument ne provoquera qu'un ennui poli à des cinéphiles (trop) vite conscient d'être fasse à l'une des plus grosses déceptions de ce début d'année ciné 2016 - avec Zoolander 2 et (dans une moindre mesure) Carol.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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