Benicio Del Toro

[CRITIQUE] : Les Gardiens de la Galaxie


Réalisateur : James Gunn
Acteurs : Chris Pratt, Zoé Saldana, Dave Bautista, Bradley Cooper (voix), Vin Diesel (voix), Lee Pace, Karen Gillan, Michael Rooker, Djimon Hounsou, Benicio Del Toro, Glenn Close, John C. Reilly, Josh Brolin,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : 170 000 000 $
Genre : Action, Science-Fiction, Aventure.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h01min.

Synopsis :
Peter Quill est un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier. Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance. En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être …

 

Critique :

La voilà, au bas mot, la péloche la plus attendue au tournant de ce maigre été des blockbusters 2014, Les Gardiens de la Galaxie et qui, accessoirement, sera celle qui fera le plus parler d'elle d'ici la fin du mois d'aout.

Parce qu'il faut l'admettre, le premier Vrai gros pari de Marvel en huit années de productions calibrées pour récolter du dollars au millimètre près, ça ne peut qu'allécher son cinéphile.
Surtout que sur le papier, Les Gardiens en aligne à la pelle, des paris hautement improbable pour une machine à fric comme la poule aux œufs d'or qu'incarne Marvel pour la firme aux grandes oreilles.

Adapté un comics populaire qu'auprès des initiés, avec non pas une aventure en solo mais bien une équipe de personnages mineurs du Marvelverse loin d'être populaire, loin d'incarner des super-héros traditionnels et tous issue d'un reboot BD n'ayant pas dépassé les trente numéros, c'était loin d'être ce que l'on aurait pu penser comme pré-clôture pour une Phase 2 qui sera parachevée avec Age of Ultron en mai prochain.


Pire, voir cornaquer la chose par un cinéaste certes doué (on oubliera son implication au script du Scooby-Doo live de Raja Gosnell) et qui à son propre univers mais qui incarne un novice dans la réalisation et la scénarisation de blockbusters friqués, James Gunn (choisit par la major à la place de Peyton Reed mais qui, ironie du sort, vient de récupérer le Ant-Man laissé vacant par le précieux Edgar Wright), et le tout avec des vedettes bankables invisibles à l'écran - Bradley Cooper et Vin Diesel sont cantonnés au cast vocal -, force est d'admettre qu'on avait de quoi être étonné de voir Kevin Feige et sa bande croire dur comme fer à ce projet, le plus important du studio depuis Iron Man premier du nom en 2008.

Et pourtant, méchamment alléchante, cette saga cosmique dans la saga elle-même, Les Gardiens de la Galaxie débarque cette semaine dans nos salles obscures après avoir joliment cartonné partout dans le monde, et s'être payés de bonnes critiques là ou bon nombre de blockbusters estivaux - mis à part La Planète des Singes : L'Affrontement - prierait nuits et jours pour avoir une aussi belle publicité.

Alors, est-ce que Marvel a t-elle réussi son double pari de pouvoir attirer les foules en masse dans les salles pour une péloche de qualité et à l'univers décalé et indépendant, mais aussi pour une production non-franchisé rien que sur le seul pouvoir de son nom ?

Ooga-Chaka Ooga-Ooga, Ooga-Chaka Ooga-Ooga !


The Guardians of The Galaxy ou l'histoire de Peter Quill, un aventurier traqué par tous les chasseurs de primes de la galaxie pour avoir volé un mystérieux globe convoité par le puissant Ronan, dont les agissements menacent l’univers tout entier.
Lorsqu’il découvre le véritable pouvoir de ce globe et la menace qui pèse sur la galaxie, il conclut une alliance fragile avec quatre aliens disparates : Rocket, un raton laveur fin tireur, Groot, un humanoïde semblable à un arbre, l’énigmatique et mortelle Gamora, et Drax le Destructeur, qui ne rêve que de vengeance.

En les ralliant à sa cause, il les convainc de livrer un ultime combat aussi désespéré soit-il pour sauver ce qui peut encore l’être...

Véritable space opéra étrange, décalé et à l'humour hautement efficace et référencé (et le genre de références à faire salement vibrer son cinéphile qui plus est !), pure péloche cool dans tous les sens du terme - et qui ne se cache pas du tout de l'être -, difficile de ne pas admettre après vision, que l'on a tout simplement droit ici au meilleur premier film de Marvel Studios - devant le pourtant génial Iron Man de Jon Favreau -, mais surtout à l'un des meilleurs films du Marvel Studios tout - voir même le meilleur, devant le pourtant efficace Avengers.

Pas de petits compliments tant Les Gardiens de la Galaxie brille de mille feux grâce à son inventivité et ses nombreuses qualités.
Il incarne un divertissement total, jouissif et méchamment old school jusque dans les sonorités savoureusement pop 80's de sa démente bande originale.


S'ouvrant sur une scène de pré-ouverture intimiste et bouleversante narrant la jeunesse de Peter Quill (et seul scène d'ailleurs, mentionnant la Terre, puisqu'il est également le seul Terrien du métrage), avant de véritablement entrer dans le feu de l'action via un hommage à peine masqué à Indiana Jones et L'Aventurier de l'Arche Perdu, suivi d'un générique de fou furieux, James Gunn imprime la rétine de son spectateur avec un visuel léché dès les premiers instants pour ne plus jamais la lâcher et démontre que la grosse major qu'incarne Marvel, peut très bien produire ses blockbusters autrement quand elle s'en donne les moyens.

Ce qui, pour le coup, nous fait encore plus amèrement regretté le départ d'Edgar Wright de la production d'Ant-Man...

Parfaite antithèse des héros d'Avengers, l'équipe d'anti-héros la plus cool et décomplexé de l'univers, aux c.v aussi improbables (chasseurs de primes, assassins, voleurs) que leurs caractères résolument frimeurs et atypiques - un raton laveur qui jure comme un chartrier et un arbre humanoïde ! -, se constitue de manière assez délirante (même si le schéma " combat entre héros " est le même qu'Avengers) lors de la quête commune de l'orbe (et de la prime mise sur la tête de Quill) et surtout, d'un passage on ne peut plus mouvementé dans une prison spatiale.

Et c'est à ce moment-là que le métrage va réellement s'emballer, développant une intrigue épique et porteuse qui - une fois encore - joue sur la sauvegarde de l'univers via un joujou cosmique (comme Avengers et Thor : Le Monde des Ténèbres), mais qui se verra pourtant très vite absorbé (logique en même temps) par le prisme des personnages eux-mêmes - qui ne mettent pas beaucoup de temps pour s'imposer -, et leur fameux périple pour empêcher Ronan l'Accusateur, de conduire l’univers à sa perte.


Si James Gunn fait très vite taire les mauvaises langues à son sujet en assurant comme il faut niveau mise en scène avec une créativité pop vraiment débordante et un respect total de son matériau d'origine, c'est clairement du côté du casting cinq étoiles (définitivement judicieusement choisit) à l'alchimie convaincante, que le métrage fait le plus d'étincelles.

En anti-héros/loser ultime, Chris Pratt explose littéralement à l'écran comme jamais auparavant, à l'aise aussi bien dans le dramatique que dans le comique, au point qu'on ne peut que voir en lui, la next big thing du tout Hollywood de demain.
Attachant et jubilatoire, celui qu'on adore (et le mot est faible) depuis sa présence remarquée dans la désopilante et précieuse série Parks and Recreation - le culte Andy Dwyer, c'est lui -, campe ici le fils caché d'Indiana Jones et de Han Solo (bon, d'Harrison Ford quoi) au charisme imposant, et à l'humour aussi dévastateur que son charme.

Derrière, si Zoé Saldana - qui à l'habitude de se balader dans l'espace depuis Avatar et Star Trek -, fait le boulot dans la peau de la dangereuse Gamora, on ne peut, en revanche, que saluer l'excellente et étonnante performance de Dave Bautista - le célèbre Batista de la WWE pour les fans de catch -, boule de muscle au grand cœur dénué de tout second degré et qui incarne là un Drax parfait, une arme de destruction massive primaire et accessoirement (surtout involontairement) très drôle.

Quand à l'attendu duo Rocket Racoon et Groot, James Gunn a trouvé ici ni plus ni moins que les deux sidekicks les plus jouissifs et fédérateurs du tout Marvelverse.
Le premier, génial en tout point - il jure, crache et dégomme comme personne -, et un allié nerveux et ordurier à souhait (Bradley Cooper a dut s'éclater à la camper) tandis que le second, même si l'on peut décemment douter de la nécessité de le voir camper vocalement par Vin Diesel, vole joliment la vedette avec son côté gentiment benêt et l'important message sur la nature qu'il véhicule.


Dans le camp des vilains - plus conventionnels dans leur traitement -, même si il est méconnaissable, le mésestimé Lee Pace en impose en puissant Ronan l'Accusateur - qui porte bien son nom par ailleurs -, le vieux briscard des seconds couteaux de la série B Michael Rooker est excellent dans la peau du détestable Yondu et on regrettera en revanche le peu de temps alloués au précieux Benicio Del Toro (sous-exploités, comme les immenses Glenn Close et John C. Reilly) et à Karen Gillian (Nebula et son look extraordinaire).

Décalé (le mélange entre les caractères borderlines des personnages et les thèmes et contextes très sérieux de l'intrigue font tout le sel de la péloche), kitsch, volontairement Bis voir même parfois limite Z, visuellement puissant et impressionnant au point que l'on aurait pas chipoter pour dix ou vingt minutes de rab supplémentaire, bourrés de décors époustouflants, de scènes d'action spectaculaires (malgré des combats manquant un peu de punch) et d'effets spéciaux maitrisés - notamment dans un climax qui envoie sacrément du petits bois à coups d'affrontements spatiaux -, mais surtout pourvu d'une vraie sensibilité et de vraies moments d'émotions - ce qui incarnait jusqu'alors le défaut majeur des films Marvel -, Les Gardiens de la Galaxie est une hallucinante claque cinématographique fun, drôle et émouvante, un space opéra/love-story/buddy movie/super heros movie (rien que ça !) qui prend souvent le spectateur à contre-pied tout en réalisant pourtant la prouesse de constamment dépasser toutes nos attentes, même les plus folles.

Mais surtout, le film se regarde sans que l'on est nullement le besoin de ressentir la nécessité de voir ou revoir les autres opus Marvelien - à la différence de toutes les récentes suites produites -, ce qui apporte instinctivement un immense vent de fraicheur à une firme à l'exploitation ronronnante, qui avait cruellement besoin de se renouveler (même si l'excellent Le Soldat de l'Hiver avait, pour un moment, remonté à la hausse la qualité générale des prods Marvel).
Mieux, outre un raccrochage dantesque avec la franchise Avengers (avec un passage bref mais remarqué du puissant Thanos), il serait même facile de voir en lui un préambule à la nouvelle trilogie Star Wars - dont il est un savoureux pastiche - de la part d'une Disney qui a toujours un train d'avance sur la concurrence à Hollywood.

Généreux, attachant, jouissif, merveilleusement rythmé et magnifié par une 3D follement immersive, la péloche, certes pas dénués de quelques défauts dommageable (le traitement du Nova Corps en grande partie, mais également quelques incohérences scénaristiques, un développement des héros un peu maigre - excepté Star Lord - et un découpage manquant parfois de lisibilité) fout une banane d'enfer et sera à coup sur, instantanément culte pour tout cinéphile qui se laissera charmer par son infini qualité.


Bref, un pur OFNI SF aux possibilités vertigineuses, comme on aimerait en voir vraiment (vraiment) plus souvent.

Plus qu'un simple pari relevé, Marvel et James Gunn redistribue complétement les cartes du film de super-héros sur grand écran.
La balle est dans le camp de DC Comics, qui devra également subir la vague Age of Ultron avant de pouvoir répondre avec son furieusement attendu Batman V Superman.

Les prochains étés seront vraiment chaud sous le ciel des blockbusters héroïques, très chaud...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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