Black Storm

[CRITIQUE] : Black Storm


Réalisateur : Steven Quale
Acteurs : Richard Armitage, Sarah Wayne Callies, Nathan Kress, Max Deacon,...
Distributeur : Warner Bros France
Budget : -
Genre : Action, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h29min.

Synopsis :

En une journée, la petite ville de Silverton est dévastée par une multitude de tornades sans précédent. Les habitants sont désormais à la merci de ces cyclones ravageurs et meurtriers, alors même que les météorologues annoncent que le pire est à venir…
Tandis que la plupart des gens cherchent un abri, d’autres se risquent à se rapprocher de l’œil du cyclone pour tenter d’immortaliser en photos cet événement exceptionnel.


Critique :

Force est d'admettre qu'outre les délires apocalyptique et spectaculaire de Roland Emmerich, le film catastrophe - naturelle pour être précis - a clairement perdu de sa popularité aussi bien auprès des cinéastes que des cinéphiles, condamné maintenant à faire les beaux jours (enfin, on se comprend) des téléfilms ou des séries Z à la qualité plus que douteuse (la franchise Sharknado !).

Dommage, quand on sait que le genre avait connu un boom on ne peut plus triomphant à la fin des années 90, avec quelques-unes des péloches les plus efficaces du genre, de Volcano au Pic de Dante en passant par le génial Twister - et sa fameuse tornade force 5 finale.

C'est d'ailleurs vers ce dernier, qui fête cette année ces dix-huit printemps (ce qui ne l'empêche pas d'être toujours aussi joliment efficace), que lorgne le Black Storm de Steven Quale (Destination Finale 5, pas une belle référence), produit par une Warner désireuse de connaitre le même succès que le film de Jan De Bont - la base ultime du film de tornade -, tout en surfant plus ou moins sur le phénomène lucratif mais de moins en moins de mode à Hollywood, l’agaçant found footage.


N'empêche qu'il faut admettre que sa campagne promotionnelle un poil discrète mais qui aura sympathiquement envoyé du petit bois avec des trailers vraiment impressionnant, une tagline accrocheuse - " Vous n'avez jamais été aussi près de la tempête " -, mais surtout une affiche pour le moins intéressante, avec l'excellent Richard Armitage (le puissant Thorin Ecu-de-Chêne de la trilogie du Hobbit, déjà distribué par la Warner) et la toujours aussi belle Sarah Wayne Callies, (très) connu sur le petit écran US pour avoir joué les premiers rôles dans deux séries cultes des années 2000/2010, Prison Break et The Walking Dead.

Bref, tout pour incarner une petite surprise improbable de l'été maigrichon des blockbusters 2014, entre deux sorties méchamment attendu cette semaine, Le Rôle de ma Vie de Zach Braff mais surtout Les Gardiens de la Galaxie de James Gunn.

Black Storm donc, ou l'histoire lors d'une journée, de la petite ville de Silverton qui se voit dévastée par une multitude de tornades sans précédent.
Pas une petite crise de colère de Tornade la mutante mais une grosse de mère nature en personne.
Les habitants sont désormais à la merci de ces cyclones ravageurs et meurtriers, alors même que les météorologues de l'écurie Emmerich annoncent que le pire est à venir (c'est toujours comme ça en même temps).

Tandis que la plupart des gens cherchent un abri, d’autres se risquent à se rapprocher de l’œil du cyclone pour tenter d’immortaliser en photos cet événement exceptionnel...


Dans une distribution actuelle déserté par les films de catastrophes naturelles et plus simplement de films de tornade, Black Storm aurait du aisément s'imposer comme une référence du genre.
D'un point de vue spectaculaire, c'est bel et bien le cas mais pour ce qui est du reste, le film de Steven Quale aligne les clichés, les incohérences et autres facilités au sein d'un script tout bonnement squelettique, bordélique et uniquement porté sur le spectacle.

Pas un mal pour les yeux, mais pour ceux qui s'attendait - enfin - à un digne successeur de Twister, c'est une petite douche froide...

Comme son ainé, avec qui la comparaison est inévitable et douloureuse, Black Storm enchaine les scènes impressionnantes et réellement révolutionnaires, avec des effets spéciaux offrant des tornades certes peu réalistes mais proprement hallucinantes.
Un show grandiose ou des tornades à la portée lourdement apocalyptique voir même biblique, font volées en éclats des maisons, invitent souvent le feu à la fête et ou les véhicules sont projetés dans les airs comme des vulgaires poupées de chiffons.

Mieux, alors qu'on aurait penser que le found footage et la multiplication des angles de vues aurait pu nuire à la bande, il ajoute une plus-value non-négligeable avec des images à la qualité étonnante (pas de prises de vues crasseuses avec des téléphones ou des caméras de surveillances, on est pas chez Oren Peli ici) et qui propose une immersion encore plus prégnante au cœur des éléments déchaînés.
Un bonne idée et une excellente exécution qui permet d'être constamment au plus près de l’action (et qui, pour le coup, apporte son joli petit lot de frissons) et de capter à merveille la puissance de ces phénomènes naturelles fascinants, ce qui est plutôt rare pour être hautement notifié avec ce procédé à Hollywood.


Tout le problème pour que Black Storm soit un divertissement total donc, c'est son script cousu de fil blanc, qui peine à instaurer des enjeux simples et efficaces - tous les rebondissements sont attendus des kilomètres à l'avance -, et qui, la faute à une profondeur quasi-transparente des personnages, empêche toute possible empathie.

On ne vibre jamais vraiment pour ces protagonistes sans relief, tous plus clichés les uns que les autres, allant du père célibataire qui tente de se rapprocher de ses enfants avant qu'il ne soit trop tard, au documentariste/chasseur de tornade arriviste sans oublier la mère courage/météorologiste.

Pas aisé donc pour l'excellent Richard Armitage de nous convaincre - même si il se démène comme un beau diable pour -, idem pour Sarah Wayne Callies, respectivement dans la peau du papa courage et de la météorologiste, même si l'on se prend un minimum d'affection pour eux lors de leur parcours méchamment semé d'embuches.

Cependant, même si le scénario est aussi plat qu'une feuille de papier cul Lotus, difficile de ne pas retenir la bonne volonté de Quale de ne pas verser dans un sentimentalisme forcé, mais surtout de ne pas s'enfermer dans des messages aussi bien religieux qu'écolo, clichés habituels des films du genre, même si l'épilogue impose une morale assez superflue (la tempête purge l'existence de personnages devant réviser le jugement de leur vie).


Pure production qui cherche uniquement à impressionner le spectateur grâce aux effets visuels et sonores au dépit d'une histoire rebattue, laborieuse et peu originale, Black Storm réussit donc en partie son pari de devenir la nouvelle référence du genre, mais ce matera sans déplaisir en salles pour le joli abatage technique qu'il incarne.

Facile sur le fond mais follement divertissant sur la forme, bref comme presque tout bon film estival par excellence.

N’ai donc pas peur De Bont, ton Twister adoré n'est pas encore prêt d'être délogé de son trône...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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