Catherine Jacob

[CRITIQUE] : L'Ex de ma Vie

 

Réalisateur : Dorothée Sebbagh
Acteurs : Géraldine Nakache, Kim Rossi Stuart, Sophie Cattani, Pascal Demolon, Catherine Jacob,...
Distributeur : UGC Distribution
Budget : -
Genre : Comédie.
Nationalité : Français, Italien.
Durée : 1h20min.

Synopsis :
Ariane, une jeune violoniste française, accepte la demande en mariage enflammée de Christen, un irrésistible chef d’orchestre. Seul hic : elle est encore un tout petit peu… mariée ! Séparée depuis deux ans de Nino, un instituteur italien au caractère bien trempé, elle parvient à le convaincre de la suivre à Paris pour divorcer en 8 jours chrono. Mais leur voyage à deux dans la ville de l’amour s’annonce beaucoup plus mouvementé que prévu…


Critique :

On ne peut qu'être heureux d'affirmer que la comédie française va très bien en 2014, des Trois Frères le retour à Babysitting, en passant par Les Crocodiles du Botswanga, sans oublier Situation Amoureuse : C'est compliqué, Libre et Assoupi ou encore Les Gazelles, c'est simple, on a rarement autant rit dans les salles obscures avec des comédies hexagonales, depuis des années.

Mieux, les succès monstrueux de Supercondriaque et - enfin, surtout - Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu (pas les meilleurs du cru, mais bon...) on même sacrément relancer la distribution francophone face à l’écrasante suprématie ricaine.

Un élan positif que s'engage à perpétuer la comédie romantique L'Ex de ma Vie de Dorothée Sebbagh, dans laquelle la pétillante Géraldine Nakache joue les vedettes, elle qui était déjà présente dans le sympathique mais décevant Sous les Jupes des Filles d'Audrey Dana, balancé dans les salles en début de mois.


Si il lui est sur le papier, difficile de rivaliser avec les autres romcoms made in France de cette première partie d'année 2014, Situation Amoureuse : C'est Compliqué (surtout) et Amour sur Place ou à Emporter -respectivement premiers films de Manu Payet et Amelle Chahbi -, malgré ses douces saveurs franco-italiennes, L'Ex de ma Vie a tout de même pour lui un pitch joliment accrocheur.

Ou l'histoire d'Ariane, une jeune violoniste française qui a tout pour plaire, et qui accepte un peu sous le choc, la demande en mariage enflammée de Christen, un irrésistible chef d’orchestre, avec qui elle partage sa vie.
Jusque-là pas de soucis, sauf que la belle est encore mariée, même si elle ne vit justement plus, avec son mari, depuis leur séparation deux ans plus tôt.

Le dit mari se nomme Nino, et se trouve être un instituteur italien au caractère vraiment bien trempé.
Cependant, Ariane arrive à le convaincre de le rejoindre à Paris pour divorcer en huit jours chrono histoire de se marier fissa avec son nouveau boyfriend,
Un plan bien huilée mais qui pour la jeune femme, se retrouvera bien plus compliqué que prévu à accomplir.

En effet, si elle veut obtenir son divorce à la française, elle va devoir lui offrir en contrepartie, durant ces quelques jours, le fameux voyage de noces rêvé qu’elle lui avait jadis promis, mais qu’ils n’ont jamais pu faire dans la capitale des amoureux...


Passé un quiproquo central (le trio nouveau prétendant/futur ex-mari toujours en course/femme qui ne sait plus trop qui choisir) peu original et déjà vu plus d'une fois au cinéma - on pense instinctivement au Fashion Victime d'Andy Tennant avec Reese Witherspoon, Josh Lucas et Patrick Dempsey -, le nouveau film de Dorothée Sebbagh (le très décalé Cherchez le Garçon) assume sans tromper son statut de romance girly aux atours glamours et légers.

C'est une comédie estivale après tout, alors passe encore que cette love-story touristique s’échine à se la jouer carte postale dans les rues de Rome (à peine dix minutes) et de Paris, et qu'elle ne dépasse à peine les quatre-vingt minutes, la bande originale géniale de Lily Wood et l'abatage comique du duo Nakache/Rossi Stuart étant là pour donner le change et d'ailleurs, le capitale charme qu'ils incarnent s'impose même à lui-seul comme la raison première d'aller voir le film en salles.

Non, dans le fond, le vrai soucis de L'Ex de ma Vie, est le fait qu'il se complet beaucoup trop dans les marécages rose-bonbons du cul-cul la praline, du cliché parisien so easy (Paris bourgeois bobo quoi), de l'intrigue téléphoné à dix kilomètres à la ronde et d'une écriture au rabais et très caricaturale, sans ne jamais se démener à proposer quelque chose de spontané ou d'original.

Et dans un genre aussi balisé que celui de la comédie romantique, ce genre de faux-pas ne pardonne que trop rarement.


Totalement ciblé et offert au public féminin amateur de grandes histoires d'amour cinéphiliques à vivre par procuration - que l'intrigue appelle du pied tout du long -, trop convenu, trop carré (un peu d'impro n'aurait pas fait de mal) et maladroit, la péloche ne parvient à pleinement captiver que par quelques fulgurances, via quelques seconds couteaux savoureux (Catherine Jacob en journaliste cynique ou encore Sophie Cattani en avocate décalée) ou encore la bouffonnerie jubilatoire de Kim Rossi Stuart.

D'ailleurs, l'alchimie qu'il partage avec la sublime Géraldine Nakache (qu'on se le dise, l'une des meilleures - et des plus jolies - actrices de comédies du moment avec Audrey Fleurot), fonctionne vraiment bien que ce soit dans l'humour ou dans les moments plus intimes, et sauve en (très) grande partie le film du naufrage.

Mais c'est bien loin d'être satisfaisant, dommage que la réalisatrice - qui semble totalement effacé comparé à son excellent premier film indé - ne capitalise pas plus sur la spontanéité et le charisme de ce duo improbable mais séduisant et convaincant, son film n'en aurait été que meilleur.


Sympathique, léger mais bien, bien loin d'être mémorable, à la différence d'un Situation Amoureuse : C'est Compliqué, de plus en plus bien parti pour être la romcom rafraichissante et référentielle de l'année 2014 dans l'hexagone...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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