Arnold Schwarzenegger

[CRITIQUE] : Sabotage


Réalisateur : David Ayer
Acteurs : Arnold Schwarzenegger, Sam Worthington, Terrence Howard, Olivia Williams, Joe Manganiello, Josh Holloway, Mireille Enos, Max Mancini,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : 35 000 000 $
Genre : Thriller, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h49min.

Synopsis :
Pour cette force d’élite de la DEA, il s’agit officiellement de prendre d’assaut le repaire d’un important cartel mais en réalité, l’opération se révèle être un véritable braquage. Après s’être emparés de 10 millions de dollars en liquide, les agents complices pensent leur secret bien gardé… jusqu’à ce que quelqu’un se mette à les assassiner les uns après les autres, froidement, méthodiquement. Alors que les meurtres se multiplient, chaque membre de l’équipe devient un suspect. Chacun sait tuer, et chacun a un excellent mobile...



Critique :

David Ayer ou pour tout cinéphile un minimum avertit, un nom synonyme de qualité indéniable, d'assurance de passer un pur moment de cinéma burné et nerveux comme tout fana des péloches décomplexés de l'époque bénit des 80's en raffole.

Le genre de cinéaste amis de la famille quoi, qui a su cracher toute sa rage avec habileté du bout de sa plume, depuis le début des années 2000.
En l'espace d'une décennie, il aura su balancer à la face des spectateurs ni plus ni moins que les plus réalistes et nerveux cop movie made in Hollywood, de Fast and Furious à Training Day en passant par S.W.A.T., Dark Blue, tout en se payant le luxe d'en tourner certains : Street Kings, Bad Times ou encore End of Watch.

Un bonhomme qui en a dans la tête mais surtout dans le froc donc, un cinéaste porteur d'une vision aux vraies allures de bol d'air frais dans un cinéma ricain ultra-balisé qui en manque cruellement depuis un bon bout de temps.
Quoi de plus normal donc que l'on attende avec une furieuse impatience la vision de son Sabotage, son cinquième long, pour lequel il s'est offert ni plus ni moins que le grand tonton Schwarzenegger comme vedette, fraichement redevenu " in " dans la série B US, notamment grâce à son amitié avec Sylvester Stallone (la franchise Expendables et Évasion).


Schwarzie + Ayer, une association qui sur le papier, ferait bander même un octogénaire sans viagra, et si on en suit la bande annonce on juge sans la moindre hésitation qu'on en prendra plein la gueule pendant une heure cinquante avec une furieuse envie d'en redemander après...

Sauf qu'en y regardant de plus près, outre un joli casting de belles gueules (la sublime Mireille Enos, les excellents Terrence Howard et Sam Worthington) et un ton sérieusement sombre et testostéronné, le nouveau Ayer à un talon d’Achille on ne peut plus handicapant : un scénariste qui torche ses scripts plus vite que son cul, Kip Woods, l'auteur des infâmes A Good Day To Die Hard, Hitman et X-Men Origins : Wolverine.

Et d'un coup, ça calme méchamment son homme...

Sabotage donc, ou l'histoire d'une équipe spéciale d'agents de la DEA, sous la direction d'un vieillissant chef, Breacher, qui vient à bout des hommes de main d'un redoutable cartel de drogue, et se fait joliment plaisir en lui piquant 10 millions de dollars en liquide.
La situation se corse toutefois au terme de l'opération été mis au arrêts avec son escouade le temps d'une enquête fédérale, les membres de cette force d'élite se voient réhabilités et constatent bientôt que ce pactole s'est volatilisé.

Bien que les soupçons de leurs supérieurs se portent sur eux, l'enquête est toutefois classée quelques mois plus tard, faute d'indices.
Tout semble être revenu à la normale, jusqu'au jour où les membres de cette équipe se font abattre les uns après les autres avec des méthodes qui ne sont pas étrangères aux leurs.
Le tueur serait-il à la solde du cartel ou se trouve-t-il parmi eux ?


Si ce fil conducteur allèche grandement, en revanche, son traitement laisse clairement à désirer et manque cruellement d'originalité.

Bourrés jusqu'à la gueule de clichés faciles, d’invraisemblances, d'une ambiance lourdement machiste, sexiste et surtout mal vendu niveau promotion puisque le film est tout sauf un actionner pur jus - il est dans la même veine que les autres films d'Ayer, soit un pur thriller psychologique -, Sabotage n'est pas le thriller d'action révolutionnaire comme on avait tous pu l'attendre mais il n'en reste pas moins un solide divertissement bourrin, aux personnages ambiguës - jamais vraiment gentil ni méchant -, qui aurait pu être sauvé du commun des séries B lambda si la maestria de la mise en scène de David Ayer ne s'était pas complétement volatilisée en route.

Dans une optique identique à celle de End of Watch (qui dans celui-ci, faisait des étincelles) - soit une caméra fixée à l'épaule pour approcher au plus près d'un style documentaire -, le cinéaste fonce cette fois clairement tête baissée dans le cœur de l'action sans pour autant la rendre lisible à tous les coups.
Alors oui, on en prend plein la poire entre les fusillades et les courses-poursuites détonantes et brutales, mais la volonté du metteur en scène de vouloir faire de son spectateur un témoin privilégié de son histoire nuis constamment à ses nombreuses scènes, même si il est vrai, qu'il sait faire monter la tension comme personne.

Joussivement violent et charretier - ça jette du fuck et des headshots à gogo -, joliment portée par une ambiance noire et bouillante, une bande sonore électro judicieusement choisie et un final magistrale très " Dirty Harry-esque ", Sabotage pue la déférence aux cultes péloches nerveuses et décomplexées des 70's/80's à plein nez, sans pourtant ne jamais pleinement en égaler leur efficacité.
Ça fait le job sans pour autant être marquant, même si cela permet à Arnold Schwarzenegger (enfin) de signer sans forcer, sa plus belle composition depuis (très) longtemps.


Coupe dégradé, tatouage Navys Seals et barreaux de chaises cloués au bec, il impressionne tout autant qu'il touche et ce dès la première scène (ou l'on voit regarder une vidéo montrant sa famille se faire torturer et tuer par la mafia), dans un rôle qui bien plus complexe que ce qu'on lui offre d'habitude, lui permettant de dévoiler toute l'étendue de sa palette de jeu dramatique.

Plus sérieux que jamais, le chêne australien est de tous les plans et porte le film à bout de bras dans une de ses compositions les plus réussites et noires.
Derrière lui, on ne note pas réellement de fulgurance niveau interprétation, tout le monde faisant le boulot à la limite du surjeu, sans vraiment se démarquer.

Méchamment sombre, radical, authentique et bourrin à défaut d'être mémorable, sanglant et percutant sans péter dans la soie de l'originalité, il est définitivement une déception tout en étant - Schwarzenegger oblige -, une sympathique petite décente aux enfers à la noirceur réellement étonnante.


A défaut de pondre son meilleur film - on est même proche de son plus mauvais -, Ayer donne à Schwarzie sa meilleure composition depuis son retour dans le game Hollywoodien, mais nous fait surtout attendre avec une furieusement impatience justement, son fameux Fury.

Les fans de série B (dont moi) seront plus ou moins aux anges, les autres un peu moins...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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