Andrew Garfield

[CRITIQUE] : The Amazing Spider-Man - Le Destin d'un Héros


Réalisateur : Marc Webb
Acteurs : Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane DeHaan, Paul Giamatti, Sally Field, Chris Cooper, Felicity Jones,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : 200 000 000 $
Genre : Action, Aventure, Fantastique.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h21min.

Synopsis :
Ce n’est un secret pour personne que le combat le plus rude de Spider-Man est celui qu’il mène contre lui-même en tentant de concilier la vie quotidienne de Peter Parker et les lourdes responsabilités de Spider-Man. Mais Peter Parker va se rendre compte qu’il fait face à un conflit de bien plus grande ampleur. Être Spider-Man, quoi de plus grisant ? Peter Parker trouve son bonheur entre sa vie de héros, bondissant d’un gratte-ciel à l’autre, et les doux moments passés aux côté de Gwen. Mais être Spider-Man a un prix : il est le seul à pouvoir protéger ses concitoyens new-yorkais des abominables méchants qui menacent la ville.  Face à Electro, Peter devra affronter un ennemi nettement plus puissant que lui.  Au retour de son vieil ami Harry Osborn, il se rend compte que tous ses ennemis ont un point commun : OsCorp.



Critique :

[ATTENTION : Nous vous prévenons à l'avance, cette critique contient bon nombre de spoilers sur l'intrigue du Destin d'un Héros, tant il est difficile pour tout critique de ne pas se laisser enivrer par la douce folie des révélations face à une péloche d'une telle ampleur.
Donc tous ceux qui ne veulent pas tout découvrir de ce film, devront attendre sa sortie en salles et sa vision pour mieux apprécier notre avis détaillé. ]


Ce n'est un secret pour personne, lors de sa sortie durant l'été 2012, si le reboot The Amazing Spider-Man a été une lucrative opération pour Sony, il aura surtout salement divisé les fans de l'homme-araignée, la saga ayant été remise au gout du jour en mode 2.0 pour diverses raisons - Sam Raimi trop gourmand, Tobey Maguire qui prend trop de bouteille notamment -, mais avant tout pour lourdement surfer sur la mode " dark " des adaptations de super-héros lancés par la trilogie Dark Knight de Christopher Nolan.

Laissant sur le carreau les puristes (Sam Raimi Forever !) avec son annonce de creuser plus en profondeur les origines de Peter Parker (le premier opus ne dévoilait rien ou presque, putain de pétard mouillé au final...), ainsi que les cinéphiles endurcis - lui préférant les franches pétarades d'Avengers et le sombre assumé et délectable des prods DC Comics -, mais accrochant clairement le jeune public avec un Spidey ado et plus bondissant que jamais.

Pourtant, il n'y avait pas tout à jeter dans ce premier opus, loin de là, que ce soit dans sa volonté d'offrir une nouvelle vision d'un mythe connu de tous - privilégiant son héros peu populaire, petit génie à l'humour sympatoche, plutôt que les scènes d'actions racoleuses -, la puissance iconique dégagé par ce " nouveau " Spider-Man ou encore son casting méchamment crédible, même un poil décevant, The Amazing Spider-Man restait une franche réussite, au moins à la hauteur du premier film de la trilogie de Raimi.


C'était donc un doux euphémisme que d'affirmer que ce second opus était salement attendu au tournant, non seulement parce que depuis deux ans, Sony a clairement affirmer vouloir claquer le modèle de production du duo Marvel/Disney - comme un peu tout le monde d'ailleurs -, mais surtout parce que la major s'est engagé dans une ébauche de moyen et de talents frisant tout bonnement avec l'indécence du bon gout, racolant dans ses films pour ce second film, rien de moins que les précieux Dane DeHaan, Jamie Foxx et Paul Giamatti, et tous dans des rôles de vilains !

Une volonté de faire aussi bien si ce n'est plus fort que la concurrence, qui s'est d'ailleurs lourdement ressentis lors d'une campagne promotionnelle affreusement maladroite et envahissante, ou la péloche s'est dévoilé sous presque toutes les coutures - on ne compte même plus ses bandes annonces vu son nombre incalculable -, au point d'en rebuter même les plus impatients, supputant que toute l'intrigue du film se retrouverait sur Youtube quelques semaines à l'avance (ce qui n'est, dans le fond, pas entièrement faux).

Bien plus cartoonesque, léger et coloré que The Amazing Spider-Man dans son ton - le rapprochant du coup, encore un peu plus que son matériau original sur papier -, Spider-Man lâche ici plus de taglines que de toiles aux méchants, parait moins mature malgré le temps qui avance, virevolte comme jamais (c'est un bonheur de le voir voler de toile en toile) et est plus populaire que jamais auprès de la population de Manhattan (vivement que Jonah J. Jameson revienne au plus vite !), mais également auprès de son amour de jeunesse, Gwen Stacy, avec qui il joue au jeu du " je t'aime - moi non plus ", tiraillé par la promesse faite à son père quelques temps plus tôt.

Une romance par ailleurs joliment mis en scène - un des points forts du film -, loin d'être niaise, elle est relativement crédible tant on se reconnait pleinement dans les situations et les sentiments que véhiculent les deux héros, et on n'en vient même à verser une petite larme dans le final, ou la belle épouse le destin funeste qui lui était promis.
On comprend mieux aujourd'hui pourquoi Marc Webb s'est abstenue d'intégrer tout de suite le personnage de Mary Jane Watson dans la franchise - ou elle n'aurait décemment pas sa place -, il s'est évertué à se focaliser ici sur Peter et Gwen et c'est tout à son honneur.


Via un Marc Webb de plus en plus en confiance derrière la caméra et une intrigue sacrément dense et éclatée en plusieurs points - la romance Peter/Gwen, la relation Peter/Harry, l’avènement d'Electro, les révélations sur le passé des parents du héros -, le film répond enfin à toutes les promesses sur le passé de Peter, laissées en suspens lors du premier opus " origin story ".

Ici, nous découvrent le véritable rôle du père de Peter chez Oscorp (et sa mère on s'en balance un peu), ses fameux liens avec Norman Osborn,les raisons de sa fuite et même son accident d'avion, qui sert de prologue au film.

Un plus indéniable mais qui laisse un sacré gout d'inachevé, puisque le tout aurait véritablement pu être instauré dans le premier film, ce qui aurait évité au Destin d'un Héros un aspect bourratif et bancal, aux faux-airs de rampe de lancement pour le " Spidey-verse " de Sony en salles.
Car comme le laisse supposer plus d'une bande annonce, les Sinister Six sont clairement teasé dans le film, est même plus qu'annoncé dans un épilogue ou Harry envoie littéralement le Rhino dans la toile du tisseur.

Reste qu'avec le Bouffon Vert, le Rhino, le Vautour et Docteur Octopus, on se demande bien qu'elles seront les deux autres méchants à prendre place au sein de la bande, Venom ayant lui droit à son propre spin-off introductif...


Quand à Electro, à l'instar du Soldat de l'Hiver dans la récente suite de Captain America, lui qui incarnait méchant " supposément " central aux vues des bandes annonces, s'avère en réalité le pantin (ou la victime) articulé et emplit de colère de menaces plus importantes au sein de l'intrigue (et de Harry en gros), et se voit foutrement sous-traités jusqu'à un final ou son utilité se voit vite expédiée dans une disparition à la limite du ridicule.

Un comble qu'il n'arrive pas à réellement exister dans l'histoire, lorsque l'on réalise qu'il est le vilain le plus présent au sein du métrage - dans sa forme finale -, mais également son plus impressionnant (son rendu est réussi, et sa destruction de Times Square est tout simplement époustouflante).

Mais la grosse déception du film, outre le traitement quasi-anecdotique du personnage d'Electro, vient dans le développement de la dualité entre Harry Osborn et Peter Parker, totalement survolée.
Si dans la trilogie de Raimi, le personnage se trouvait être réellement le meilleur ami et proche de Peter, avant de petit à petit glisser, à l'instar d'un Anakin Skywalker, vers le côté obscur - basculement latent qui accentuait fortement la puissance psychologique des deux premiers opus -, ici, le personnage, de retour des causes d'un pater mourant, s'impose directement comme l'antagoniste majeur de la bande, et voir même déjà, de toute la nouvelle trilogie.

Si il est uniquement intéresse par sa survie et son potentiel lien avec son alter ego, qu'il n'est pas torturé par la détresse d'un manque de figure paternelle ou d'un quelconque profond mal-être identitaire, et qu'il laisse son dark side se dévoiler en deux temps, trois mouvements, force est d'avouer que son traitement bancal à sa qualité, puisqu'il en fait un méchant réellement mauvais - tout comme le Rhino et Electro -, ce qui rend automatiquement son opposition avec Spider-Man plus plaisante, là ou chez Raimi, tous les méchants ou presque, l'étaient malgré eux (Octopus, l'Homme de Sable, Harry Osborn).


Côté performance, Andrew Garfield est une nouvelle fois parfait dans la peau du tisseur qui subit plus qu'il n'agit, au costume changé (et tout simplement parfait), torturé par son amour pour Gwen - accentué par des visions du Capitaine George Stacy -, accro aux jokes faciles et moins timide mais dont les dilemmes moraux liées à sa double personnalité sont une nouvelle fois laissées de côtés, là ou il servait de moelle épinière à la trilogie du papa d'Evil Dead.
A ses côtés, Emma Stone est plus délicieuse que jamais dans la peau du love-interest Gwen Stacy, dont l'humour et le génie (même si son inconscience face au danger est assez marqué) est un plus essentiel au périple de Spidey, et dont l'alchimie naturelle qu'elle entretient avec Garfield est le garant émotionnelle de la péloche.

Vrai coup de poker payant au casting, Dane DeHaan est tout simplement grandiose en Harry Osborn (plus encore que James Franco en son temps), plus psychopathe, inquiétant et mauvais que jamais, il apporte toute les nuances imposantes de son jeu nécessaire au personnage, creusant encore plus le sillon des fêlures psychologiques du rôle qui l'a fait connaitre dans le divertissant Chronicles.
Pour le reste cependant, on repassera des causes d'une caractérisation un poil trop grossière et manquant cruellement de psychologie.

Felicity Jones y est lumineuse mais (beaucoup) trop rare, Chris Cooper campe un Norman Osborn anecdotique, Jamie Foxx lui est un Max Dillon/Electro charismatique mais peu empathique, pâlot et mal dans ses baskets le peu de temps ou on le voit sans maquillage.
Un quasi miscasting, et quand au précieux Paul Giamatti, il incarne un Aleksei Sytsevich/Rhino en complète roue-libre, dont on attend sérieusement de voir ce qu'il donnera avec plus d'exposition (il est cinq minutes au début, puis cinq minutes à la fin...).

Quand à ses autres défauts assez flagrant : un script léger, une gestion du rythme pas toujours heureuse, un mélange de genre pas toujours bien maitrisé (on passe de la comédie benêt qui ne fait pas toujours mouche à la romcom intimiste, saupoudré d'action spectaculaire avant un final dramatique); et franchement étonnant - une gestion du temps hasardeuse ou encore une b.o d'un Hans Zimmer peu inspiré (c'est un fait très, très rare pour être noté) dont on préfère largement celle de James Horner -, ils n'entachent heureusement en rien le plaisir coupable procuré par la bande, aux effets spéciaux gigantesques très proche du jeu vidéo.


Loin du sérieux de Marvel ou de la noirceur de DC, The Amazing Spider-Man - Le Destin d'un Héros assume totalement son statut de pur divertissement popcorn dans toute sa splendeur, un enchainement inégal mais fluide de montagnes russes visuelles toutes plus impressionnantes les unes que les autres, portées par une énergie et un dynamisme que seul les aventures du tisseur peuvent véritablement véhiculer.

On était en droit d'attendre mieux, soit une bande plus maitrisée et plus adulte - X-Men : Days of Future Past réparera cette erreur -, le métrage n'en reste pas moins l'opus le plus spectaculaire et complet derrière le chef d’œuvre Spider-Man 2 de Sam Raimi, que l'on espère tout de même détrôné avec un The Amazing Spider-Man 3 plein de promesses.

Sinon, on ne pourra que déplorer qu'après six films, la saga de l'homme-araignée tourne un poil en rond dans sa toile...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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