Aaron Eckhart

[CRITIQUE] : I, Frankenstein

 

Réalisateur : Stuart Beattie
Acteurs : Aaron Eckhart, Miranda Otto, Yvonne Strahovski, Jai Courtney, Bill Nighy,...
Distributeur : Metropolitan FilmExport
Budget : 68 000 000 $
Genre : Epouvante-Horreur, Thriller, Action.
Nationalité : Australien, Américain.
Durée : 1h33min.

Synopsis :
Adam, la créature de Frankenstein, a survécu jusqu'à aujourd'hui, grâce à une anomalie génétique survenue lors de sa création. Son chemin l'a mené jusqu'à une métropole gothique et crépusculaire, où il se retrouve pris par une guerre séculaire sans merci entre deux clans d'immortels. Adam va être obligé de prendre parti et de s'engager dans un combat aux proportions épiques.





Critique :

Même si il laisse présager qu'il incarne un divertissement hautement débilisant et bourrés jusqu'à la gueule de CGI, on a de coutume par chez nous de ne jamais tirer à vue sur le premier blockbuster de l'année.

C'est vrai, ce serait un peu comme tirer sur une ambulance pleine de malades, c'est des trucs qui ne se font pas, sauf si tu es un poil dérangé (mais un poil seulement hein).
Je tâcherais donc de ne pas trop vider mes chargeurs sur ce I, Frankenstein, cible au combien facile tant elle se borne elle-même à aligner les mauvais point hautement critiquable.

Même si il faut se l'admettre cinq minutes et arrêter de faire la critique prude pour nada, dès ses premières images promotionnelles, la bande t'annonçait clairement la couleur quand à la gueule de son produit final, soit une pure série B tendance très Z, aussi délirante et divertissante que jouissivement décomplexée et décérébrée, plus Van Helsing et Underworld bordélique que Dracula classique et culte du bon gout...

D'ailleurs, le fait que le dit film soit produit par les mêmes producteurs qu'Underworld n'est pas qu'un simple détail sur le haut de l'affiche, loin de là, car même si le script se base plus ou moins sur la bande dessinée du même nom de l'auteur de la BD Underworld justement,  Kevin Grevioux - elle-même étant une adaptation moderne du roman culte de Mary Shelley -, le métrage pue l'eau de cologne de la franchise vampirique à plein nez.


L'histoire tragique de Frankenstein on la connait tous, pas besoin de la rappeler - même si je vais quand même le faire -, elle suit bien sur la créature du fameux Dr Frankenstein, être contre-nature en complet manque d'amour inventé par un homme désirant créer un être parfait, qui finira justement par se retourner contre son propre créateur in fine.
La seule chose que l'on ne connait pas, c'est ce qui se passe après tout ça, et franchement on ne s'est jamais vraiment fait chier à l'imaginer, voilà pourquoi on était curieux de voir ce que Grevioux, et donc Stuart Bettie le réalisateur, allait nous pondre comme suite à ses évènements.

Et bah inutile de dire qu'ils n'y sont pas aller de main morte les mecs, et si le tout sur BD se légitimait un minimum, la sur grand écran ça a de grandes allures de n'importe quoi.
Ici, la créature s'appelle Adam (on dira que toute référence religieuse est purement volontaire) baptisé ainsi par la reine des gargouilles, et elle a survécu au fil des ans et des époques pour en arriver aujourd'hui, soit en plein milieu de la guerre entre les gargouilles et les démons, soit les gentils et les méchants, qui veulent chacun l'attirer dans leur camp.

Et tout comme la vampire Sélène, si il ne veut pas prendre partie dans cette guerre, il se retrouve tout de même en son cœur dans la peau d'arbitre, avec quelques humains par-ci par-là autour, histoire qu'il y est quand même un peu de chair à bouffer hein parce que si il n'y a pas toute l'humanité entière en guise d'enjeux, tout de suite ça fait foutrement amateur comme gué-guerre.
Et même si il est dépourvu d'âme le type, il va quand même aider la populace à s'en sortir, quitte à se surprendre lui-même.

Renouvelant en profondeur et de fond en comble le mythe de la créature inventée par Mary Shelley au point que celle-ci face des quadruples axels dans son cercueil en colza, misant tout sur l'action et les CGI vu que le script est aussi mince qu'une feuille de papier cul Lotus, I, Frankenstein est une pure série B sans surprise et sans aucune subtilité, pondu dans le seul but de capitaliser sur un nom connu, et de le faire dézinguer du démon à tout-va (soit comme Hansel & Grettel qui eux, fumait de la sorcière biatch).


Totalement jouissif et bancal, visuellement repoussant (on a compris, chaque film de monstre futuriste doit avoir une époque à l'architecture gothique...), nanar friqué et honnête comme on en fait plus ou presque, le film est un divertissement popcorn parfait pour quiconque à la faculté de laisser son cerveau à l'entrée de la salle pour se laisser bercer par une pluie de combat riche en effets spéciaux tous plus ou moins bien emballés.
Transcendés par ces nombreux défauts, la péloche y montre un Frankenstein nouveau, quasiment anti-héros à la fois torturé et sombre, un rejeté et inapte à notre société actuelle - il n'a pas d'amis et hésite à faire confiance aux autres -, qui va devoir intervenir même si ce n'est pas de son intention première.

Soit en gros, un mélange hybride et frôlant la caricature, entre Batman et Snake Plissken, quelques balafres, le stick fighting en plus et bien évidemment, le cache-oeil en moins.

Parfaitement camper par l'infiniment mésestimé Aaron Eckhart, qui donne de l'épaisseur, de l'intensité et du charisme dans un personnage ou rarement il se sera autant impliqué dans son développement (faut les voir les tablettes et les biscottos du garçon, il a pas chômer en salle de muscu), il bouffe littéralement l'écran au point même de ne laisser que des miettes à ses partenaires d'un film.
Car si le script lui fait la part belle, seule son love interest incarné par le sublime Yvonne Strahovsky (plus belle que jamais), arrive plus ou moins à capter l'attention, dans un amas de surenchère frôlant parfois avec l'orgie et l'ennui.


Dommage, car une durée plus longue (il dépasse à peine les quatre-vingt dix minutes), une plus grande rigueur dans le développement des personnages, et dans la densité et la profondeur de son intrigue - proche du néant quand même -, et le film aurait pu prétendre à un statut un poil plus honorable.

Dans l'état, dans un foutoir loin d'être originale et fidèle mais assez fun pour être plaisant  - surtout que sa 3D est loin d'être dégueulasse -, I, Frankenstein est le divertissement parfait à se faire entre potes quand les samedis soirs s'annoncent galères, et que les pizzas et les bières sont les compagnes les plus fidèles.
Certes c'est simpliste et un peu fourre-tout et bordélique (mais pas autant que le culte Van Helsing quand même, qui jonglait à l'aveugle avec tout le bestiaire de la Hammer) mais qu'est-ce que c'est bon, c'est comme du Hansel & Grettel, mais en quand même bien mieux foutu.

Si comme moi t'es un fana de prod décomplexée, au fun communicatif et que t'es pas trop regardant parfois sur la qualité, alors dis toi que tu as trouvé ton nouveau délire du moment, et tu vas pouvoir foutrement y prendre ton pied sans aucune modération.
Ca n'apportera rien au septième art et encore moins à la filmographie de ses interprètes (fais chier pour Aaron) mais qu'importe, le délire est là et c'est ça le principal.
La fin du film reste ouverte, et tu sens à peine que si succès il y a (ça n'a pas du tout marché aux states), on va s'empresser de gangbangisé le tout en franchise.



Franchement moi qui suis d'habitude réfractaire au procédé, pour ce cas présent je ne serais pas contre, quitte à voir une péloche de seconde zone, autant qu'elle soit bien faite et assumée, et là plus qu'ailleurs le boulot est bien fait.

Bravo au génial scénariste Stuart Beattie, premier blockbuster Hollywoodien et il obtient direct un billet très prisé pour Nanarland, c'est Paul WS Anderson et Uwe Boll qui vont être jaloux...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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