Bad Grandpa

[CRITIQUE] : Bad Grandpa


Réalisateur : Jeff Tremaine
Acteurs : Johnny Knoxville, Jackson Nicoll, Greg Harris,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : 15 000 000 $
Genre : .Comédie
Nationalité : Américain.
Durée : 1h32min.

Synopsis :

Le vieux Irving Zisman, quatre-vingt-six ans, parcourt les Etats-Unis avec un improbable compagnon : son petit-fils de huit ans, Billy.


Critique :

Si la critique bien pensante s'amuse à copieusement lui chier dessus - souvent à tord - à chaque péloche qu'il sort en salles, force est d'admettre que pour tout cinéphile un minimum honnête, Johnny Knoxville incarne ni plus ni moins que l'un des seconds couteaux Hollywoodiens les plus sympathiques de ces dix dernières années.

Qu'il fasse le con dans de grosses productions (Men in Black II, Shérif Fais-Moi Peur), dans des séries B musclées (Tolérance Zéro, Le Dernier Rempart) ou même dans de petites comédies potaches sculptés pour sa personne (The Ringer), le bonhomme arrive toujours à se faire remarquer, non sans même être un petit poil attachant.

Alors bien sur, le Johnny n'est jamais aussi bon que lorsqu'il donne sacrément de sa personne au sein de sa team Jackass (dont il est le fondateur et leader), repoussant toujours les limites du ridicule et de l'extrême en bon chef d'équipe qui se respecte, mais le cantonné à ce seul et unique statut serait une putain d'injustice.

Et ce, même si il nous revient cette semaine dans nos salles obscures, avec l'un de ses personnages trashs les plus cultes, le papy pervers Irvin Zisman, dans Bad Grandpa, prod estampillé Jackass movie, même si elle est dénué de tout délire scatos du mauvais gout (la non-présence de Steve O y aidant beaucoup).
Car oui, pour une fois, Bad Grandpa à des atours de comédies populaires, et pas seulement parce que le Knoxville partage l'affiche avec un sidekick mineur, un morveux d'à peine huit piges.


L'histoire du film - loin de péter dans le luxe bourgeois de l'originalité -, suit donc les aléas de ce bon vieux papy gaffeur et pervers Irvin, dont la femme vient tout juste de mourir.
Loin d'attrister le bonhomme, la nouvelle fait dans son existence l'effet d'une bombe libératrice : sans sa bien aimée, il va pouvoir enfin se retrouver seul et profiter de la vie comme il le sent.
Soit en gros, faire le con à tout va, squatter les clubs de stripteases et draguer de la minette à tout va !

Sauf que le jour des obsèques, sa fille fait irruption et lui colle dans les pattes son petit-fils de huit ans, Billy, le chargeant de l'amener chez son père, à l'autre bout du pays...

Projet hybride mêlant road movie initiatique en plein USA profonde, sous fond de sketchs joués et de caméras cachés, le film de Jeff Tremaine navigue aussi bien dans les eaux connus et reconnaissables des précédentes péloches Jackass (succession de sketchs sans liaisons) que dans celles triomphantes des facéties du tout aussi dingue Sacha Baron Cohen (Borat en tête).
Pas original pour un sou donc, Bad Grandpa n'en est pas pour autant moins fun, surtout quand on le prend tout simplement pour ce qu'il est, à savoir une heure trente de pure délire sur pellicule !

Exit les passages émotionnelles grand-père/petit-fils assez maladroit et hors de propos, ou encore le côté assez répétitif de certaines scènes, le film vaut surtout et avant tout pour ses gags déjantés - toujours à la limite du malsain -, et porté par un Knoxville joliment grimé, et maître absolu du jusqu'au-boutisme couillon et crado.


Que ce soit un pet bien gras lâché dans un restaurant, ou une vieille couille qui pend, c'est simple, le comique fait un appel incessant du pied, à notre esprit régressif et autant dire qu'il fait quasiment toujours mouche, tant il est difficile de ne pas rire grassement à tous ces petits moments de plaisir hautement coupable.

Alors tant pis si la structure narrative est bancal, tant pis si l'évolution entre les deux personnages principaux est quasi-nulle, on oublie tout grâce au pur moment Nutella sur pellicule dévastateur, que provoque ses pièges filmés à l'insu de pauvres innocents qui se font constamment bernés par la bouille attendrissante du petit démon Jackson Nicoll (à suivre), capable de faire gober tout et n'importe quoi à tout le monde.

Joliment culte et incorrect (le concours de Miss America Junior, poussant fortement au souvenir de l'excellent Little Miss Sunshine, restera dans les mémoires), assez limite tout en dénotant franchement avec ce qui avait fait le succès de la Team Jackass, Bad Grandpa est une petite bombe grotesque hilarante, qui renouvelle certes pas le genre de par son originalité inexistante, mais qui vous fera taper de sacrés barres de rires si vous lui laisser une chance de vous divertir.


Savoureusement régressive, décomplexée et culottée, ou le genre de bande nécessaire qui fait du bien par ou elle passe, dans un hiver 2013 pour le moment très sérieux.

On n'en attendait pas grand chose il est vrai, mais au final on a juste qu'une seule à dire : merci Johnny et comme d'hab, à la prochaine !


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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