Alfred Molina

[CRITIQUE] : Monstres Academy


Réalisateur : Dan Scalon
Acteurs : Avec les voix de John Goodman, Billy Crystal, Charlie Day, Peter Sohn, Helen Mirren, Steve Buscemi, Joel Murray, Aubrey Plaza, John Krasinski, Alfred Molina, Nathan Fillon,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre :  Comédie, Animation, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h44min.

Synopsis :
Même quand il n’était qu’un tout petit monstre, Bob Razowski rêvait déjà de devenir une Terreur. Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy, où sont formées les meilleures Terreurs. Son plan de carrière bien préparé est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier. Aveuglés par leur désir de se prouver l’un à l’autre qu’ils sont imbattables, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. Pire encore : ils se rendent compte que s’ils veulent que les choses aient une chance de rentrer dans l’ordre, ils vont devoir travailler ensemble, et avec un petit groupe de monstres bizarres et mal assortis…


 Critique :

Depuis Toy Story 3 en 2010, Pixar se meurt, véritablement, salement entaillé par sa spirale du succès, qui l'obligea à pondre des suites pas toujours nécessaires (Cars 2, Le Monde de Dory), tout en produisant du produit populaire à coups de personnages hautement référencés au passif de sa nouvelle maison mère Disney (Rebelle).

Face à une concurrence de plus en plus pointilleuse et armée - Dreamworks Animation et Laïka en tête - Pixar se devait de relever la tête vite et de prouver à tous que sa firme est bel et bien toujours la number one au sein de la chaine alimentaire Hollywoodienne.

L'objet de la tentative de réconciliation, Monstres Academy, prequel loin d'être nécessaire de l'un, si ce n'est LE, plus beau film de leur catalogue de chefs d’œuvres, Monstres et Cie, balancé dans les salles obscures il y a douze printemps déjà.
Effrayant et casse-gueule au possible tout en étant foutrement alléchant, Monstres Academy avait tout en lui pour satisfaire le fana d'animation lambda, mais également de rebuter tout cinéphile agacé par le manque d'originalité d'un studio jadis glorifié pour cela.


Résultat après vision, la péloche laisse son spectateur souriant mais avec le cul franchement coincé entre deux chaises...
Visuellement c'est incroyablement fluide, dynamique et bluffant, la technique de la firme à la lampe a encore merveilleusement et indéniablement évoluée dans le bons sens ses douze derniers mois.
Mais ce que le métrage (et Pixar dans le même temps) gagne en beauté, il le perd directement en profondeur et en émotion, deux détails qui faisaient pourtant le charme de l’œuvre originale, la non-présence de l'attachante Boo n'aidant pas vraiment sur ce point non plus.

Cette origin story, à la manière d'une prélogie Star Wars en nettement moins ambitieuse, raconte comment est né l'amitié solide et indéfectible de Bob et Sulli, un temps ennemi dans les couloirs de l'université.
La bonne idée du métrage viendra d'ailleurs de là, faire des deux héros des êtres diamétralement opposés (autre que physiquement en tout cas), le premier étant un bucheur forcené, solitaire et un tantinet loser tandis que le second lui, est un monstre bien né, monstrueux au naturel et sociable.

Un point de départ malin, qui permet de développé avec minutie et humour leur relation, le tout dans un cadre universitaire au bestiaire riche et superbe, mais puant l'américanisme à outrance.
Car si chaque Pixar avait toujours un aspect très ricain, Monstres University en v.o, l'est encore plus vu qu'il dépeint tout le système campus tel qu'il est outre-Atlantique, une vraie institution bourrées d'associations diverses, de fraternités rivales aux noms frappés par des lettres de l'alphabet grec,etc, le tout à la sauce American Dream, et à la glorification des self made men.


Usant autant des codes du Teen movies cher au regretté John Hugues (tous les stéréotypes post-ados sont là), que celle du " film de campus ", sans en renouveler ni le genre ni les morales archi clichés - pour devenir un homme/monstre, il faudra toujours miser sur l'amitié, le dépassement de soi et vaincre son manque de confiance en soi dans des épreuves clés dans le passage à la vie adulte - mais en en conservant de tous ses pores son aspect nostalgique, solidifiant son univers sans forcément lui apporter la moindre profondeur ni même le moindre nouvel effet de surprise - on nage quand même ici en terrain connu et donc sans risque - Monstres Academy est un prequel cousu de fil blanc, à la 3D léchée mais qui ne vaut in fine que pour son duo vedette, son humour sympathique (on se marre quand même plus sur Moi, Moche et Méchant 2) et sa plastique visuelle hautement pimpante et coloré, plus que pour sa vision unique du monde qui nous entoure.

Au delà de sa méchanique de précision parfaite, et à défaut d'être réellement original, poétique - le facteur humain est littéralement zapé, les enfants restant même, toujours hors champs - et profond - malgré une sacré galerie de seconds rôles succulents -, la cuvée Pixar 2013, plus digeste que les deux précédentes, cherche donc uniquement à être joli et drôle, et pas toujours très critique (le système éducatif US aurait quand même pu en prendre un petit peu plus dans la poire).


Un peu léger comme constat pour du Pixar même si ce n'est pas un mal en soit, la pilule se dégustant toujours aussi bien et elle arrive même à facilement concurrencer la production animée Hollywoodienne annuelle.
Mais plus le temps passe et plus il est difficile d'imaginer le studio capable de refaire un chef d’œuvre à la hauteur d'un Wall-E, ou plus récemment d'un Là-Haut ou d'un Toy Story 3.

Un page semble définitivement se tourner, et la nouvelle n'est pas des plus joyeuses...



Jonathan Chevrier


John Chevrier

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