Benjamin Bratt

[CRITIQUE] : Moi, Moche et Méchant 2


Réalisateur : Chris Renaud et Pierre Coffin
Acteurs : avec les voix de Steve Carrell, Kristen Wiig, Russell Brand, Benjamin Bratt, Ken Jeong,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : -
Genre :  Animation, Comédie.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h38min.

Synopsis : 
Ayant abandonné la super-criminalité et mis de côté ses activités funestes pour se consacrer à la paternité et élever Margo, Édith et Agnès, Gru, et avec lui, le Professeur Néfario et les Minions, doivent se trouver de nouvelles occupations. Alors qu’il commence à peine à s’adapter à sa nouvelle vie tranquille de père de famille, une organisation ultrasecrète, menant une lutte acharnée contre le Mal à l’échelle planétaire, vient frapper à sa porte. Soudain, c’est à Gru, et à sa nouvelle coéquipière Lucy, que revient la responsabilité de résoudre une série de méfaits spectaculaires. Après tout, qui mieux que l’ex plus méchant méchant de tous les temps, pourrait attraper celui qui rivalise pour lui voler la place qu’il occupait encore récemment.

Rejoignant nos héros, on découvre : Floyd, le propriétaire du salon Eagle Postiche Club pour hommes et suspect numéro 1 du crime le plus abject jamais perpétré depuis le départ de Gru à la retraite ; Silas de Lamolefès, le super-espion à la tête de l’Agence Vigilance de Lynx, patron de Lucy, dont le nom de famille est une source inépuisable d’amusement pour les Minions ; Antonio, le si mielleux objet de l’affection naissante de Margo, et Eduardo Perez, le père d’Antonio, propriétaire du restaurant Salsa & Salsa et l’homme qui se cache peut-être derrière le masque d’El Macho, le plus impitoyable et, comme son nom l’indique, méchant macho que la terre ait jamais porté.


Critique :

Moi, Moche et Méchant, succès surprise et mérité de l'année 2011 côté anim, se devait, comme tout bon triomphe au box-office, se voir gangbangisé sur l’hôtel de la franchise (rarement franche), car " tout bon succès n'est jamais meilleur que lorsqu'il est multiplié à outrance ", citation tirée du livre Comment réussir et niquer un bon concept en dix suites/reboot/prequelle/remake à Hollywood, best-seller chez tous les grands studios depuis plus de cinquante ans.

En même temps, 540 millions de dollars de recette mondiale, ça a de quoi faire réfléchir...

Surtout que côté animation, Universal n'a justement que Gru et ses Minions pour lutter face aux puissants Pixar/Disney, Dreamworks et Sony (et dans une moindre mesure la Fox via Blue Sky et la merveilleuse Laïka), qui eux, dégainent à tout va chaque année plusieurs péloches pour abrutir comme il se doit, nos morveux toujours partant à aller se faire une petite toile le mercredi après-midi.

Bon il y a bien eu le Lorax (et Hop, mais on va taire cette catastrophe pour le coup) certes, mais à part aux USA, on peut pas dire que la petite peluche moustachu cher au Dr Seuss' n'est réellement passionner les foules...


Mais un pion comme celui de Moi, Moche dans la guerre de l'animation reste un pion de choix, surtout que sous ses allures de production ultra-simpliste (un méchant-gentil qui devient gentil-gentil en adoptant trois mouflets qu'il sauvera face à un méchant-con), la franchise à un joker de poids dans sa poche, les Minions, sorte de croisement entre les Lapins Crétins et les Gremlins sauce Simpsons (pour la couleur), qui volent le show à chacune de leurs apparitions, et qui était indiscutablement l'attrait principal pour attirer les spectateurs en salles pour cette suite.

Et cela Universal l'a bien compris, car au-delà d'une sympathique histoire ou Gru, définitivement dans le camp des gentils, se voit contacter par une organisation ultra-secrète pour lutter contre un super vilain ayant volée une station polaire, El Macho, tout le film ou presque, est voué aux petites bêtes jaunes et a leur délires bien plus poussés que dans l'opus original, que celui-ci dépasse largement de la tête et des épaules.

De la blague prout-prout (toujours bien placé, une blague facile fait toujours marrer) aux références cinématographiques malines, les créatures aussi maladroites qu'hilarantes sont là pour assurer le spectacle dans un tempo de gags frisant l'indécence, intervenant comme de simples troubles-fêtes burlesque dans la première partie avant de réellement au cœur de l'intrigue dans la seconde moitié du métrage.

Une présence hautement salvatrice qui, au-delà d'une première heure très gothico-Bondiesque, enfin plutôt gothico-Austin Poweresque grâce aux Minions, complétement réussite, permet in fine à la bande d'être juste un poil au-dessus de ces concurrentes de l'année (en attendant Monstres Academy, Turbo et Frozen).


Un poil seulement car si visuellement le film est foutrement bluffant (c'est coloré et il y a un joli travail minutieux sur les détails, magnifiés par une 3D élégante, pas aussi poussé que chez Pixar mais on est pas loin des big boss), que les personnages sont toujours aussi attachants (mention spécial à Gru, qui si il est devenu un père de famille respectable et aimant, n'a toujours rien perdu de son irascibilité), que les nouveaux arrivants sont franchement succulents (l'agent spécial Lucy, mais surtout la voisine desperate housewife de Gru, qui cherche à le caser avec tout son entourage) et que la B.O, toujours signé par Pharrell Williams, envoie encore une fois du lourd, derrière niveau scénar c'est pas la folie des grandeurs.

Simpliste et sans surprise, surtout dans sa seconde moitié nettement moins foutraque et franchement expéditive (et donc moins jouissive), ou chaque intrigue/sous-intrigue est lourdée en deux temps trois mouvements (El Macho est battu en trente secondes par Gru, et la love story entre Margo et Antonio subira également le même sort), le film subit dans sa profondeur son avalanche de gags, rendant notamment toutes les actions du méchant de service complétement futiles et inintéressantes.

Des défauts certes notables mais qui n'entache en rien le plaisir coupable et régressif qu'incarne la péloche, plus solide et riche que la précédente (rares sont les suites, même dans le monde de l'animation, qui surpasse l’œuvre originale), tout en se situant dans sa droite lignée.
Pas révolutionnaire mais vraiment drôle, on attends donc avec impatience un hypothétique troisième opus, mais surtout un spin-off d'une heure et demie totalement dédié aux Minions, prévue dans les salles pour l'été prochain.


Vivement l'été 2014 donc pour voir si oui ou non, les petites bêtes jaunes peuvent assurer en solo sur une aventure, et ainsi se poser là comme les seuls et dignes successeurs des délirants Gremlins sur grand écran, eux aussi d'ailleurs, promis à un retour sur grand écran pour très, très bientôt.


En attendant j'en veux un en peluche et le plus vite possible !
Oui c'est très puéril comme attitude mais en même temps, c'est le petit caprice qui pend au nez à tous les adultes, et enfants, après la sortie des salles...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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