Amanda Seyfried

[CRITIQUE] : Epic, la Bataille du Royaume Secret


Réalisateur : Chris Wedge
Acteurs (vocale) : Amanda Seyfried, Colin Farrell, Christoph Waltz, Josh Hutcherson, Beyoncé Knowles, Jason Sudeikis, Steven Tyler,...
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Budget : -
Genre : Aventure, Animation.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h42min.

Synopsis : L'histoire d'une guerre insoupçonnable qui fait rage autour de nous. Lorsqu'une adolescente se retrouve plongée par magie dans cet univers caché, elle doit s'allier à un groupe improbable de personnages singuliers et pleins d'humour afin de sauver leur monde... et le nôtre.



Critique :

Blue Sky ou le studio d'animation dont on ne cesse de répéter qu'il a tout pour devenir un grand à l'avenir.
Rie que de relayer cette affirmation relève de la pure insulte assénée à un studio qui n'a plus rien, ou presque, à prouver depuis bien longtemps.

Si artistiquement parlant certes, ceux-ci ont pas mal de retard face à leurs ainés de chez Dreamworks, Sony Pictures et Pixar, financièrement et niveau côte populaire par contre, elle les devance toutes largement, avec la faculté constante qu'ils ont depuis dix ans de produire beaucoup pour pas cher, s'assurant toujours ainsi de combler ses espérances et exigences commerciales.
Succès répétés qui s'explique certainement d'ailleurs par son soin si particulier à soigner ses franchises, plutôt que de faire comme tout le monde en balançant sans regarder, à chaque vacances scolaires, des suites pâles et bâclées, faisant amèrement regretter l'aura génial et inventif de leurs concepts originaux (Dreamworks les aligne à la pelle, Shrek, Kung-Fu Panda, Madagascar,...).

Mais là ou la concurrence commence à sérieusement musclé son jeu (Dragons, Les Cinq Légendes et Les Croods chez Dreamworks, L'Etrange Pouvoir de Norman chez Laïka), Blue Sky se devait de franchement s'activer pour se détacher de l'étiquette peu flatteuse de racoleurs de mioches, que la critique bien pensante lui a coller sur le derrière, et qu'il est difficile de contredire quand on pense à l'Age de Glace ou encore Rio, et leur humour certes débridé mais très enfantin.


Epic ou la promesse donc d'une maturation vitesse grand V du studio (enfin pas complètement vu que Rio 2, dans la même veine que l'original, débarquera dans les salles en avril prochain), tout autant qu'une confirmation globale de sa marginalité dans l'univers de l'anim' made in Hollywood.

Après vision, si le film aura beaucoup de mal à remporter autant les faveurs du public que le récent Les Croods, il n'en reste pas moins une œuvre profondément honnête et adulte, certes très pédago, écolo et peu original (l'ombre d'Avatar et d'Arletty guette), mais assez drôle, subtile et visuellement à tomber, pour plaire autant aux petits qu'aux grands.

Réussissant partout ou Besson s'est littéralement casser la gueule avec sa trilogie Arthur et les Minimoys (pas de nœud narratif persistant sur l’opposition entre le croyant et l’incrédule, traitement intelligent des différences entre humains normaux et miniatures), Chris Wedge convoque autant la noirceur que la pureté des plus beaux contes de fées, dans une éternelle lutte entre le bien (les Hommes-Feuilles) et le mal (les Boggans) au sein des recoins d'une fôret ou chacun des protagonistes, bestiaire ou non, se trouve infiniment bien croqué et approfondie, et ce malgré leur caractère très traditionnel et un léger manque d'implication dans au niveau de l'intrigue (au final, on ne sait pas réellement ce qui oppose les deux peuplades complémentaires des bois, sinon que les bons sont associés à la croissance, et les autres, les vilains, le sont à la décrépitude).


Bercé par des héros toujours aussi déluré et attachant (en gros, la marque de fabrique du studio), Epic vaut surtout et avant tout pour la claque visuelle qu'il incarne, Blue Sky rattrapant aisément tout on retard artistique sur ses opposants, en offrant aux spectateurs un divertissement d'aventure à la beauté plastique à tomber, délicate et pleine de grâce, appuyer par une 3D enivrante et discrète.

Son monde affolement verdoyant rappelle clairement celui éblouissant de la planète Pandora du cultissime Avatar de papa Cameron, œuvre tutélaire avec laquelle il partage le même soucis écolo-humaniste, partagé vie une morale certes assez lourde (quoique moins que celle inséré dans Rio), mais nécessaire pour alarmer la population, même enfantine, sur la fragilité croissante de notre écosystème.

Tout aussi épique et poétique qu'une aventure du Seigneur des Anneaux, tout en rendant un belle hommage aux classiques de l'animation (Disney en tête), Epic est un joli petit film tranquille, aérien et léger, aussi ambitieux que complexe dans sa précision d'orfèvre, sans grosse surprise mais efficace, et bourré jusqu'à la gueule de bons sentiments (trop peut-être) qui le rendent in fine très plaisant et accessible à un large public, sans pour autant en marquer durablement sa rétine.


Une grande histoire dans un tout petit monde, ou par pure ironie, l'histoire inversé de Blue Sky dans l'industrie Hollywoodienne, un petit studio courageux et inventif dans un monde incroyablement vaste et impitoyable.

Un petit studio qui ne cesse pourtant pas de chercher à démontrer la marginalité et la solidité de son cinéma.

La compagnie de Chris Wedge n'a pas encore écrasé sa rude concurrence d'un chef d’œuvre indiscutable.
Epic n'est pas son cheval de Troie, mais patience, aux vues des énormes progrès fait par le studio, le grand jour approche...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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