[CRITIQUE/RESSORTIE] : Cars
Réalisateur : John Lasseter
Acteurs : avec les voix de Guillaume Canet, Cécile de France, Bernard-Pierre Donnadieu, Michel Fortin,...
Distributeur : The Walt Disney Company France
Budget : -
Genre : Animation, Aventure, Famille.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h57min.
Date de sortie : 14 juin 2006
Date de ressortie : 30 septembre 2026
Synopsis :
Flash McQueen, une splendide voiture de course toute neuve promise au succès, découvre que dans la vie, ce n'est pas de franchir la ligne d'arrivée qui compte, mais le parcours que l'on a suivi. Parti pour participer à la prestigieuse Piston Cup, il atterrit suite à une déviation dans la petite ville tranquille de Radiator Springs, sur la Route 66.
McQueen va apprendre à connaître Sally (une élégante Porsche 2002), Doc Hudson (une Hudson Hornet 1951 au passé mystérieux), et Mater (une dépanneuse rouillée mais à qui on peut faire confiance). Ils vont l'aider à découvrir qu'il y a des choses plus importantes que les trophées, la gloire et les sponsors...
Ce qui nous rend profondément nostalgique avec Pixar, au-delà du fait que la firme peine sensiblement à retrouver l'étincelle de féerie qui irriguait la moindre de ses productions, époque bénie où l'ogre Disney n'avait pas encore totalement mis le grappin sur sa lampe magique (quelques péloches sortent du lot, mais ne rivalisent pas avec leurs illustres aînées), c'est parce que l'on peut tous sensiblement se remémorer le moment même où l'on a découvert pour la première fois la chambre d'Andy aux côtés de Woody et de Buzz, où l'on a traversé l'usine de traitements de cris d'enfants avec Bob et Sulli tentant de ramener «Bouh» chez elle, où l'on a vu la maison de Carl Fredricksen, vu la majesté comme la grandeur des océans à hauteur de poisson-clown.
Le tour de force même de toute usine à rêve cinématographique qui réussi avec justesse et délicatesse son œuvre : marquer les rétines et les cœurs, susciter le même enthousiasme à chaque vision, et donner l'envie viscérale de ne jamais quitter des personnages avec lesquels on a grandit où même, simplement, avec qui l'on a vécu une aventure, une expérience qui dépasse le cadre d'une salle obscure où d'un écran de télévision.
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| Copyright Buena Vista International |
Pour l'auteur de ses mots encore fraîchement dans l'adolescence mais ayant déjà fait des salles sa seconde maison depuis un bon moment, les premiers pas un poil déroutants (des voitures avec des yeux à la place des pare-brises, c'est quand-même potentiellement plus glauque que la Plymouth Fury de 1958 rouge et blanche de Christine - animation où non -, mais aussi l'anthropomorphisme le plus audacieux jamais fait) à Radiator Springs ont tout de suite été d'un bitume cotonneux, que ce soit de par sa propension à titiller - sans trop forcer - sa passion déjà entière pour les drames sportifs (comment ne pas vibrer devant un potentiel Jour de Tonnerre animé ?), que par sa propension a savamment suivre à la virgule près, une formule Pixarienne bien rodée : une histoire simple à hauteur d'enfants - mais pas trop - prenant sensiblement les contours d'un récit initiatique (et intergénérationnel) aux personnages savamment croqués (Doc, le sidekick génial Martin, Sally,...), articulé autour d'un petit lot de valeurs (fondamentalement) traditionnels et enrobé autant d'un humour complice juste ce qu'il faut, que d'élans kitsch toujours pleinement assumés.
D'autant qu'ici, le virage kitschouille de la firme n'a jamais été aussi tendrement pris, sorte de remake improvisé du Doc Hollywood de Michael Caton-Jones avec Michael J. Fox (on peut même y voie Flash McQueen est un Marty en puissance, catapulté dans une Hill Valley qui n'a pas quitté les 50s et dont le mentor s'appelle... Doc), où un jeune pilote fougueux et arrogant se retrouve coincé dans une ville paumée qu'il va vite se sentir incapable de quitter, en grande partie parce qu'il y trouvera la stabilité qui lui a toujours manqué - et l'amour.
Un lieu figé dans les temps et aux valeurs fièrement ancrées dans la taule, symbole d'une Amérique oubliée par la modernité et le capitalisme mais dont la générosité subsiste pour qui veut la voir, où il va apprendre à ralentir pour mieux apprécier la vie, la beauté des paysages qu'il ne pouvait décemment voir en ayant constamment le pied au plancher; apprendre l'humilité et surtout comprendre qu'il y a d'autres victoires plus belles et importantes dans une existence, que celles que l'on glane en franchissant la ligne d'arrivée en tête.
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Float like a Cadillac, Sting like a Beemer.
Septième long-métrage de la firme à la lampe et peut-être (injustement) le moins aimé de son âge d'or, alors qu'il bichonne sa mécanique comme rarement (les notions d'amitié, d'entraide et de transmission y sont toutes aussi fortes que dans leurs précédents efforts; l'animation, tâtant même des paysages photoréalistes, est soignée au néon près; le pari de rendre des voitures anthropomorphes attachantes est amplement réussi; sa nostalgie chromée est poignante et jamais niaise), Cars n'a rien perdu de sa superbe même avec vingt ans au compteur, et mérite qu'on ne le laisse pas sur le bord de la route du culte... à la différence de ses suites.
Merci Disney...
Jonathan Chevrier



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