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[CRITIQUE] : Le Dernier Refuge


Réalisateur : Louis Leterrier
Avec : Greta Lee, Wagner Moura, Gabriel Chung,...
Budget : -
Distributeur : Netflix France
Genre : Science-fiction, Thriller.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h50min

Synopsis :
Des forces inexplicables enferment une famille de quatre personnes à l'intérieur de leur maison indéfiniment. Alors que les luxes modernes et les nécessités vitales commencent à manquer, la famille doit apprendre à être ingénieuse pour survivre et déjouer celui - ou ce qui - les maintient prisonniers…




S’il y a une chose à retenir quand on produit des récits high concept, c’est qu’il faut que cela puisse maintenir son axe principal tout du long en proposant quelque chose d’assez neuf pour que le traitement puisse au moins se distinguer assez pour une audience générale. C’est pour cela que nous partions curieux de ce Dernier Refuge, d’autant plus avec la sympathie que l’on peut éprouver pour Louis Leterrier. Mais c’est aussi pour cela que nous sortons partagé par ce titre Netflix qui ne nous semble pas assez abouti dans sa proposition, malgré quelques idées assez bien traitées.

Le concept d’enfermement généralisé avec l’inquiétude de ne pas connaître l’état du monde extérieur aura de quoi rappeler à certains le confinement Covid d’il y a 6 ans, renvoyant à une incertitude globale qui accentue les tensions et tiraillements familiaux. En ce sens, le noyau principal fonctionne par son très bon casting, Wagner Moura parvenant à amener de la nuance dans un protagoniste qui aurait pu se révéler plus limité. D’ailleurs, on pourra apprécier le traitement narratif dans ce qu’il pousse dans une forme de fin d’humanité et de post-apocalyptique où l’on ne peut savoir comment gérer l’ampleur des événements.

Copyright Netflix

Malheureusement, le tout finit par se réorienter de manière trop conventionnelle, ne sachant pas spécialement se marquer dans les genres auxquels il touche. C’est regrettable tant la nature de la menace et ce que cette dernière amène au climax parvient à apporter une iconographie différente, exploitant au mieux la destruction progressive de la cellule familiale. Malheureusement, cela se fait au prix de points très attendus, diminuant les sources de tensions du récit et surtout l’implication que l’on peut avoir pour les personnages, d’autant plus dans une pirouette de fin qui se veut pertinente mais retombe comme un soufflé tant elle se fait peu avenante avec le reste de la mythologie posée.

Il n’y a évidemment rien de honteux à apprécier ce Dernier refuge, justement car ses idées et son casting charrient beaucoup plus qu’une construction globale semblant par instants trop retenue pour parvenir à totalement faire exploser ses ambitions thématiques et visuelles. La partie post-apocalyptique et l’approche visuelle de l’enfermement permanent ne manquent en tout cas pas d’intérêt et en font un spectacle qui aurait pu faire plus, tout en ayant assez de points pour que son côté high concept ne soit pas trop limitant.


Liam Debruel