[CRITIQUE/RESSORTIE] : Cowboy Bebop, le film
Réalisateur : Shin'ichirô Watanabe
Avec : avec les voix de Kôichi Yamadera, Unshô Ishizuka, Megumi Hayashibara,...
Distributeur : Splendor Films
Budget : -
Genre : Animation, Science Fiction, Policier.
Nationalité : Américain, Japonais.
Durée : 1h51min
Date de sortie : 1 octobre 2003
Date de ressortie : 22 juillet 2026
Synopsis :
À la suite de l'explosion d'un camion-citerne sur Mars, l'équipage du vaisseau spatial Bebop mène l'enquête pour retrouver le mystérieux auteur d'une attaque bactériologique.
Pour tous les bouffeurs plus où moins assidus d'animes japonais, Cowboy Bebop avait incarné un vrai choc télévisé à sa sortie, de ces claques derrière la nuque dont les effluves so cool et imbibés à la pop culture (dans un processus de citation/réappropriation cher à Quentin Tarantino, qui a rarement aussi bien maîtrisé qu'ici), sont encore durablement gravés dans nos mémoires même plus de deux décennies plus tard (et une durée de vie infiniment plus courte que ses contemporains).
Avec : avec les voix de Kôichi Yamadera, Unshô Ishizuka, Megumi Hayashibara,...
Distributeur : Splendor Films
Budget : -
Genre : Animation, Science Fiction, Policier.
Nationalité : Américain, Japonais.
Durée : 1h51min
Date de sortie : 1 octobre 2003
Date de ressortie : 22 juillet 2026
Synopsis :
À la suite de l'explosion d'un camion-citerne sur Mars, l'équipage du vaisseau spatial Bebop mène l'enquête pour retrouver le mystérieux auteur d'une attaque bactériologique.
Pour tous les bouffeurs plus où moins assidus d'animes japonais, Cowboy Bebop avait incarné un vrai choc télévisé à sa sortie, de ces claques derrière la nuque dont les effluves so cool et imbibés à la pop culture (dans un processus de citation/réappropriation cher à Quentin Tarantino, qui a rarement aussi bien maîtrisé qu'ici), sont encore durablement gravés dans nos mémoires même plus de deux décennies plus tard (et une durée de vie infiniment plus courte que ses contemporains).
Sorte de mix furieux et stellaire entre le western rétro-futuriste, le space opera jazzy, le polar noir dynamique, la science-fiction référencée et audacieuse, les films d'arts martiaux sauce films de gangsters et même l'odyssée Bond-esque mélancolique et imprégnée de blues (oui, tout ça... voire même plus), le show de Shn'ichirō Watanabe est un pur vertige folk, groovy et mature flanqué au coeur des aléas interplanétaires d’une équipe de mercenaires/chasseurs de prime hétéroclites brutalement confrontés à la décrépitude d'une humanité désenchantée; une proposition qui intimait au spectateur de s'y perdre sans réserve pour en épouser toute sa grandeur révolutionnaire.
Une dévotion qui lui a garanti un petit statut de culte raffiné (et non hystérique, comme énormément d'objets pop made in 90s), mais aussi le regard envieux d'une Netflix qui avait eu la mauvaise idée de saloper héritage, en en proposant une adaptation en prise de vues réelles avec tous les rouages de la formule purement Hollywoodienne que cela impliquait - une merde en somme, malgré tout l'amour que l'on porte au génial John Cho.
Histoire de laver cette ultime - mauvaise - image de l'équipage du Bepop de nos rétines, quel bonheur de pouvoir retrouver en salles le film de 2001 de Watanabe, Knockin' on Heaven's Door à l'international - meilleur titre ever - qui pourrait injustement être classé comme un simple OAV (d'autant que son intrigue prend place entre les épisodes 22 et 23 de la série) s'il n'incarnait pas la quintessence même d'un anime qui a toujours chercher à nouer le spectaculaire à un ancrage au réel palpable (excepté dans ses empoignades musclées, évidemment), qui a toujours paru simple en apparence, là où elle est d'une complexité folle lorsque l'on s'attarde sur ses - incroyables - détails.
Alors certes, si sa technique ne dénote absolument pas de son pendant télévisé (ce que l'on pourrait prendre comme un manque d'audace, n'est finalement qu'une preuve intelligente de cohérence comme de continuité) et que sa narration un poil confuse peut, à l'image de la Team Rocket, lui jouer un poil de mauvais tour, difficile de bouder son plaisir face à une aventure qui prend le parti de sa durée plus conséquente pour mieux coller au plus près de ses personnages, percer encore un peu plus leur humanité au détour d'une intrigue plus sombre qu'à l'accoutumée, plus méditative et contemplative (avec une intention encore plus marquée pour la beauté incandescente de ses paysages), véritable errance en quête d'une nemesis (avec, sans doute, l'un de ses vilains les plus charismatiques de toute la série, le fantomatique et mystérieux Vincent, figure infiniment poétique aux élans brutaux) qui, dès une ouverture qui a tout d'une profession de foi, appelle à un affrontement Leonien, une mars crépusculaire supplantant l'ouest américain où il ne peut en rester qu'un - décemment le plus tourmenté de tous.
Une odyssée toute aussi loquace qu'habitée qui s'amuse des ruptures, épousant le spectaculaire le plus total pour mieux se perdre dans une introspection à la mélancolie douce-amère, le film incarne, peut-être l'épisode le plus " Blade Runnerien ", d'une série qui en est le parfait héritier, qui pense le futur comme un coup de rétroviseur désabusé malgré une technologie à l’évolution marquée, une nostalgie qui s'enferme elle-même dans la reproduction malade d'un passé fantasmé qui n'est et ne sera jamais plus, qui ressasse ses mêmes maux tout en ayant aboli la frontière des étoiles.
Une ressortie tout simplement immanquable.
Jonathan Chevrier

.jpg)






