Chroniques

[FUCKING SERIES] : Poupée Russe saison 1 : Purgatoire mordant


(Critique - avec spoilers - de la saison 1)



Intronisée au panthéon du culte par la force d'un petit second-rôle mémorable dans un teen movie potache qui l'es tout autant pour tout les amoureux des 90's - American Pie -, la pétillante Natasha Lyonne n'a pas forcément eu une carrière placée sous le sceau du succès, même si on a pu voir le bout de son nez dans diverses bandes plus où moins recommandables au fil des années 2000 (Blade Trinity...) avant son comeback remarqué dans la vénérée Orange is The New Black, dans laquelle elle incarne sans forcer, l'une des détenues les plus attachantes et génialement barrées.
Un rôle de choix du côté de Netflix, qui lui a permit de prétendre à rien de moins que son propre show sur la plateforme de plus en plus ambitieuse : Poupée Russe aka Russian Doll, où elle se permet de reprendre au pied levé, le thème ludique du " revivre en boucle la même journée " tiré du cultissime Un Jour sans Fin (et utilisé il y a peu autant dans le sympathique teen movie horrifique Happy BirthDead que dans le blockbuster SF plutôt bien foutu Edge of Tomorrow), non sans y apporté une bonne touche d'irrévérence qui fait toute la différence. 



Loin de l'appropriation/regurgitation maladroite et putassière d'un concept usé jusqu'à la moelle au fil des décennie, le show se la joue rock'n'roll sur le mythe porté par la légende Bill Murray et fonce tête la première dans l'humour noir et caustique pour mieux séduire son auditoire et ne jamais le plombé avec son éternel recommencement d'une journée loin d'être idyllique.
Proche dans le ton du mésestimé Amour & Amnésie - la potacherie en moins -, cocréée par la plume experte de Queen Amy Poehler, Lyonne herself et la réalisatrice Leslye Headland (Bachelorette), la série suit une héroïne tellement singulière qu'elle en est géniale : Nadia, trentenaire bien tassée souvent avec une clope au bec et une bière à la main, qui se fait renverser le jour de son 36ème anniversaire, après une nuit d'ébats pas forcément mémorable.

Ce serait moche si elle ne revenait pas inlassablement à la vie... et devait donc revivre éternellement cette journée dans une Grosse Pomme en pleine 90's.
Et cette journée à rallonge avec Nadia, elle envoie clairement du pâté bien gras tant, entre dialogues ciselées et savoureux et morts toutes plus folles les unes que les autres, Russian Doll use avec malice de son concept sans trop en faire (même si on se demande bien comment la pauvre femme va mourir et revenir à la case départ), et incarne une savoureuse plongée dans les arcanes d'un purgatoire où la délirante rouquine va tout faire pour en déceler le moindre mystère, histoire de s'y barrer le plus vite possible... même si rien ne lui sera épargnée, pas même les situations et les conversations les plus folles. 



Totalement tournée sur l'abattage parfait d'une Natasha Lyonne au naturel - donc awesome -, creusant des thèmes importants (la dépression, l'isolement, la gestion du deuil, le rapport aux autres, la famille,...) avec sensibilité mais non sans un certain sens de la dérision, ne perdant jamais vraiment l'attention de son auditoire - même si elle reste un poil bavarde si on la regarde d'un trait - grâce à une durée intelligemment resserrée et un tempo énergique et sans temps mort; Poupée Russe ne pète pas forcément toujours dans la soie de l'originalité sur le papier, mais elle rabat gentiment les cartes tout au long de sa petite existence délicieuse et incarne sans forcer un petit bijou mordant qu'il est bien difficile de bouder passé l'épisode pilote.
Qu'on se le dise en ce début d'année 2019, Netflix frise le sans faute de manière proprement indécente avec ses shows originaux...


Jonathan Chevrier




John Chevrier

0 commentaires:

Publier un commentaire

Fourni par Blogger.