Citizen Kane

[MÉLI-MÉLO-MARION] : #2. Citizen Kane


#2. Citizen Kane de Orson Welles (1941).


Le flash-back est très certainement l'un des procédés techniques le plus utilisé au cinéma. Il sert à évoquer un événement passé au point de l'histoire où l'on se trouve, s'intégrant donc à la frise chronologique de base. Lorsqu'il est bien réalisé, le spectateur a tout à fait conscience qu'il se trouve à un moment antérieur de l'histoire. Il pourra être ainsi davantage renseigné sur un élément-clef du film. Comment évoquer le flash-back sans s'attaquer au monument qu'est Citizen Kane ? Difficile de faire plus culte.


« Rosebud ». Intriguant mot prononcé dans le dernier souffle de Charles Foster Kane. L’œuvre s'ouvre sur cette scène ; un vieillard solitaire sur son lit de mort. L'histoire passionnante d'un petit garçon insouciant qui s'élèvera ensuite au rang de propriétaire d'un journal réputé. Une enquête démarre donc brillamment menée par le reporter Thompson qui interrogera les proches du milliardaire, pour en découvrir davantage sur cet homme visiblement complexe. Au fil des interview ponctuées par les souvenirs en flash-back de l'entourage de Kane, le spectateur comprendra rapidement la personnalité et les faiblesses de ce personnage. Un amant déçu, un ami décevant, un homme riche et mégalomane que l'échec n'épargnera pas, nous faisant donc assister à sa chute en première loge. « Je pense qu'aucun mot ne peut suffire à expliquer la vie d'un homme » dira Thompson. Et pourtant. C'est bel et bien tout le mystère engendré autour de l'ultime mot prononcé par Kane qui maintiendra le spectateur en haleine pendant deux heures de film.


Citizen Kane est bien souvent cité comme « le meilleur film de tous les temps » pour la simple et bonne raison qu'il est extrêmement audacieux. En effet, avec son œuvre, Orson Welles revisite d'une main de maître le langage cinématographique, à travers le maniement du plan-séquence, de la profondeur de champ ou bien des flash-back. Tous ces procédés novateurs pour l'époque s'inscriront dans l'histoire du cinéma comme étant une véritable prouesse artistique. En plus d'être un réalisateur hors pair, Welles s'avère être un acteur talentueux qui crève l'écran, dans la peau de Charles Kane, nous démontrant avec poigne sa capacité à exceller sur différents tableaux. Revenons-en à cette fameuse succession de flash-back. Cette technique permet de dresser au spectateur, le portrait du milliardaire à travers divers événements de sa vie. On y découvre alors un monstre charismatique à la fois tourmenté et effrayant. Des procédés artistiques mêlés dans un désordre organisé, offrant un fil conducteur non linéaire, mais tout à fait accessible.



Citizen Kane s'inscrit au panthéon du septième art comme étant une véritable avancée artistique, frôlant même le génie. Sur la forme, il est vrai que l’œuvre était tout à fait en avance sur son temps, inspirant encore aujourd'hui bon nombre de procédés techniques. En ce qui concerne le fond, il est tout aussi satisfaisant. En effet, lorsque la fin du film arrive et dévoile ainsi la signification du fameux « Rosebud » le spectateur se trouve alors face à une ironie du sort troublante. Le dénouement propulse donc l'assistance au début de l'histoire, prouvant ainsi la bonne efficacité des flash-back précédents. Une sorte de philosophie nostalgique s'installe alors, bouleversant toute l'entièreté de l’œuvre, nous laissant songeur et ébranlé. Orson Welles réussit le pari difficile de faire de son œuvre une véritable référence intemporelle en tout point. Citizen Kane est la preuve même que le cinéma est un art à part entière et que les chefs-d’œuvre ne meurent jamais.


Marion

Marion critique

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