Jonathan

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #93. Masters of The Universe

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Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !




#93. Les Maîtres de l'Univers de Gary Goddart (1987)

Quand les deux têtes pensantes pas toujours fine de feu la Cannon, Menahem Golan et Yoram Globus, se mettent en tête de vouloir faire du dessin animé culte Les Maîtres de l'Univers, spin-off génial de la série animée She-ra - bien moins addictive -, autant une adaptation "friquée" pour péter le box-office estival (et récolter un max de billets verts grâce au merchandising, aussi) que le véhicule d'un potentiel cheval de Troie au sein de la jungle Hollywoodienne; cela ne pouvait accoucher, pour l'époque, que d'un film à ne manquer sous aucun prétexte.
Il faut l'avouer, voir en live Musclor tabasser Skeletor non plus dans les tréfonds de l'Univers mais sur terre, entre deux parkings paumés du trou de la Californie (quand ce ne sont pas des décors spatiaux " exotiques ", tout droit sortie d'un parc public), ça allèche son cinéphile déviant et encore plus son amoureux peu regardant de la firme de tous (vraiment tous) les possibles.


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Plus proche d'un Flash Gordon lessivé de toute sa folie pop (mais pas totalement de son aspect toc et kitsch) que d'un Star Wars attrayant ou même tout simplement, d'une adaptation un tantinet respectueuse de son matériau d'origine (qui incarnait une sorte de petit miracle hybride entre l'héroïc fantasy et une science-fiction très nippone, aux scripts il est vrai ultra répétitifs), le film de Gary Goddart (dont c'est le seul film... à deux lettres près, il avait un nom de grands cinéastes, c'est con) est une grosse farce nanardesque dont l'aura nostalgique est sans aucun doute la seule qualité notable au final, même pour les spectateurs les moins exigeant de cette époque bénie.
Défiant toutes les lois de la logique pure autant que celle du divertissement de masse populaire et bas du front (même s'il se fout infiniment moins de la tronche de son auditoire, en comparaison avec les blockbusters actuels), échouant douloureusement à incarner une vraie alternative crédible au phénomène monstrueux initié par George Lucas, l'intrigue suit donc les héros d'Eternia (qui ressemble autant à un hangar mal éclairé qu'une planète éloignée) mené par Musclor/He-Man qui parle la force d'un synthétiseur - The Key -, passe d'une galaxie très lointaine au petit patelin paumé de Colby, Californie, ou il trouvera de l'aide auprès d'une jeune Monica Geller pas encore à New-York, pour fighter Skeletor, dans une ville aussi désertique qu'une bibliothèque dans une émission de télé-réalité (la plupart de la ville semble avoir été plongée dans une hibernation/léthargie étrange, pas même réveillée par un Langella qui gueule comme un malade, une école qui crame, une horde de bidasses de l'espace ou des vaisseaux bruyants,...).
Un no-man’s-land dans lequel résonnera le score habile et épique du grand Bill Conti, mais pas les prestations d'un casting absolument fantomatique (excepté un excellent James " Professeur Strickland Forever " Tolkan) ni même les effets speciaux réprimés de Richard Edlund, oscarisé pour... Star Wars.

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Nanar monstrueux qui n'arrivera même pas à dégainer suffisamment de heat pour faire vendre de la poupée Mattel ni même faire de Lundgren une figure bankable (ici plus inexpressif qu'un recoin de porte), pompant tout ce qu'il peut (Star Wars, le générique du Superman de Donner,...) avec un dynamisme relativement plus en forme que celui de l'intrigue, répétitif quand il n'est pas profondément ennuyeux - pour être poli - et boursouflé par son ton douloureusement enfantin (Gwildor est à tuer, vraiment), Les Maîtres de l'Univers est une pure catastrophe qui devient toujours plus fascinant de vision en vision, voire même étonnamment attachant tant il incarne un pur produit de son époque, totalement irréalisable aujourd'hui - tout du moins à son échelle assez réduite.
Le plus drôle, et surtout navrant dans tout cela, c'est que ce monument du nanar pourrait bel et bien à terme, se voir réactualiser par un remake infiniment plus sérieux - donc moins marrant voire même plus ridicule dans le fond -, visant à capitaliser autant sur notre nostalgie que sur notre crédulité (générale) à consommer tout et n'importe dans des salles qui n'ont jamais paru aussi créativement obscures.
Welcome to the real world...


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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