Die Hard

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #86. Die Hard

© Twentieth Century Fox - All Rights Reserved

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !




#86. Piège de Cristal de John McTiernan (1988)

Il y a quelque chose de profondément frustrant dans l'idée que l'immense John McTiernan galère mignon à faire son retour derrière une caméra, lui qui fut sans l'ombre il n'y a pas si longtemps que cela, l'un des cinéastes les plus importants du septième art ricain.
Dans l'attente désespérante de le voir revenir dans nos salles obscures, il nous reste toutefois le plaisir non feint de revoir en boucle ses anciens faits d'armes, et d'en admirer autant l'importance que la maestria.
Et qui dit pépite de McT, dit indiscutablement Die Hard/Piège de Cristal... bon, il y en a évidemment d'autres - dont sa merveilleuse seconde suite -, mais quand on cherche à tout simplement s'enivrer avec le millésime d'une filmographie, autant prendre le meilleur, et s'en abreuver sans la moindre modération.

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Parti de très loin, entre un matériau de base totalement différent (le roman Nothing Lasts Forever de Roderick Thorp, qui aurait dû être une suite au film Le Détective de Gordon Douglas, avec Frank Sinatra), une production un brin heel (qui aura vu tous les acteurs "in" d'Hollywood se voir proposé le rôle de McClane, même après le rajeunissement du personnage, plus âgé dans le roman) et un tournage qui le fut tout autant (une quête constante d'autorisation pour filmer, un cascadeur qui passe à deux doigts de la mort, une guerre ouverte sur le lieu des prises de vues entre les employés de la fausse tour Nakatomi Plaza et la production,...), Die Hard incarne finalement non seulement une réussite exemplaire pillée/calquée comme ce n'est pas permit par la suite, mais aussi et surtout ce qui peut se faire de mieux dans le genre.
Un véritable appel à la jouissance pure façon grand huit aux sensations fortes bien réelles, une symphonie du kaboom impériale à l'action qui fait mouche, aux explosions et gunfights tumultueux (incroyable boulot de la firme Boss Films) et à la narration incroyablement fluide, porté par l'un des meilleurs vilains du genre (Alan Rickman nous manque, et le mot est faible) et clairement l'un des seuls action men auquel tout le monde peut s'identifier (vulnérable, cynique mais surtout profondément humain).
Car impossible de ne pas prendre parti et ressentir une empathie profonde pour
John McClane, pauvre flic qui avait l'intention de passer un Noël agréable et calme avec sa femme Holly et ses enfants, aplanissant ses problèmes conjugaux et essayant de résoudre la situation hautement complexe qui dure depuis de longs mois, qui le fait travailler à New York, pendant qu'elle à sa carrière qui la maintient à Los Angeles.

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Sauf que, malheureusement pour John, un groupe de terroristes, dirigé par le suave Hans Gruber, a d'autres plans pour le réveillon, plus dangereux et riche en rebondissements.
Après avoir pris le contrôle de la tour Nakatomi et retenu en otages tous les participants à la fête de Noël (y compris Holly), ils commencent la procédure longue et complexe de pénétrer dans la voûte du bâtiment, et y percer ce qui semble être une chambre forte pleine de richesse.
Cependant, une chose - et sensiblement la seule chose - que Hans n'avait pas prévu dans son plan plus que rodé, c'était John McClane, une " mouche dans le lait ", qui se promène en liberté à l'intérieur du building, et dont les objectifs sont aussi bien de sauver sa femme, que de férocement entrer en contradiction directe avec ceux qui la retiennent...
Seuls les plus durs des cœurs pourraient ne pas succomber à ce qui est LE monument d'action du cinéma ricain, sorte de petit miracle à tous les niveaux : l'état de grâce d'un duo John McTiernan/Steven E. Souza, qui apportent d'ailleurs des changements essentiels au script d'origine (la bande à Gruber devient un groupe de voleurs se faisant passer pour des terroristes et non l'inverse, ils resserent l'intrigue sur une seule nuit, soulage un Willis épuisé en donnant plus de présence aux persos secondaires, comme les brillants Reginald Veljohnson, Bonnie Bedelia et Paul Gleason,...) et laissent leur interprète vedette s'approprier au mieux le personnage (la majorité des punchlines de McClane sont réellement improvisées par Willis), et ce dit interprète, qui explose pleinement dans un rôle qui lui collera à jamais à la peau.


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Le tout emballé avec un savoir-faire incroyable par un réalisateur qui sait s'entourer (Jan De Bont à la photo, le score westernien en diable de Michael " Fucking " Kamen) mais surtout filmer (une vraie leçon de cinéma audacieuse et virtuose, dont la gestion du rythme est proprement incroyable), et un producteur mégalo-génial, qui a toujours su nous offrir ce que l'on avait besoin dans une salle obscure.
Pur produit de son époque qui n'a strictement rien perdu de sa splendeur, capable de vulgarisé le «Yippee ki yay» de Roy Rogers et rendre inquiétante l'Ode à la joie de la neuvième symphonie de Beethoven, tout en s'inscrivant avec brio dans un contexte politique charnière (la fin des années Reagan, avec un héros prolétaire loin d'être Reaganien affrontant un vilain au charme ravageur, mais à la cupidité aveugle); Die Hard est un sommet indéboulonnable, qui retient notre attention autant que l'on retient notre souffle, même après un nombre de vision incalculable.
Qu'il grimpe en débardeur dans une cage d'ascenseur, qu'il se jette du toit d'un immeuble qui explose ou fasse la course pieds nus dans une allée jonchée d'éclats de verre, John McClane est devenu l'un de nos plus grands héros, au même titre que Rocky Balboa et Indiana Jones, et même si l'on oubliera volontairement ses dernières aventures, si Die Hard est aussi génial, c'est avant tout et surtout grâce à lui.
Yippee Ki Yay.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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