Howard The Duck

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #75. Howard The Duck

© 1986 - Universal Pictures

Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !




#75. Howard... Une Nouvelle Race de Héros de Willard Huyck (1986)

À une heure où la créativité ne rime plus vraiment avec originalité, et encore plus au sein de la firme reine de la jungle Hollywoodienne - coucou Disney -, il est toujours de bon ton de se remémorer que dans un passé pas si lointain, il était possible de mater des péloches totalement WTF avec la belle et grosse étiquette Marvel collée dessus.
Aujourd'hui easter egg furtif de la future trilogie Gardiens de la Galaxie, flanqué avec plus ou moins d'intérêt dans quelques plans histoire de faire frétiller les cinéphiles à l'excitation facile, Howard The Duck est pourtant, pour les amateurs du cinéma béni des 80's et, surtout, pour les amateurs de bandes déviantes, le héros d'un film devenu vite culte pour toutes les mauvaises raisons possibles - donc un peu les meilleures, au fond.

© 1986 - Universal Pictures


Produit avec un opportunisme rare par un George Lucas encore plus gonflé qu'au moment de nous balancer une trilogie prequelle à son hit Star Wars (dans le rouge après la construction du ranch Skywalker, le bonhomme avait besoin de renflouer les caisses au plus vite... mauvaise pioche), le film de Willard Huyck avait tout, sur le papier, pour incarner un divertissement d'aventure familial aux petits oignons prêt à faire fondre petits et grands avec un ton faussement irrévérencieux à la Joe Dante, lui qui pour le coup, était l'une des premières adaptations d'un comic-book Marvel sur grand écran.
Au final, il sera non seulement l'un des plus gros fours de l'histoire (et même un modèle du genre), mais surtout un put*** d'OFNI comme on en voit peu, un ratage abyssale aussi bête comme ses pieds et ringard (dopé aux SFX foireux) qu'il est déstabilisant dans ses élans politiquement incorrects voire limite zoophiles (pauvre Lea Thompson...), fruit d'un scénario boiteux comme un canard (pardon) et totalement - mais vraiment totalement - imprévisible.
D'une naïveté effarante - mais visiblement fidèle à son matériau d'origine -, sorte de jumeau maléfique et sous ganja de Qui veut la peau de Roger Rabbit, le film ne se prend jamais au sérieux puisqu'il ne prend tout simplement jamais au sérieux son héros titre (un canard extraterrestre évolué débarquant sur une Terre ou les canards n'ont justement jamais évolués), lui faisant goûter aux joies de la nature humaine et le brinquebalant comme un immigré qui doit faire son trou dans un pays de l'Oncle Sam qui ne veut décemment pas de lui (trouver un job, un apprt, une conjointe,... la vie de tout canard qui se respecte quoi), et accessoirement le sauver contre d'autres extraterrestres géants.
Un vrai et pur nanar décomplexé au casting en complet roue libre, bourré jusqu'à la gueule de dialogues mi-enfantin, mi-foireux (et donc géniaux dans leur constante et folle référence aux canards, à coup de détournements improbables), de séquences incroyablement jouissives (le final en tête) et une mise en scène amorphe ne rendant jamais justice ni à son histoire, ni à son héros (la marionnette est abominable, soyons honnêtes, même si elle a le mérite d'offrir une vraie palette nuancée dans les émotions).

© 1986 - Universal Pictures


Rien de bien bandant au fond et pourtant, on en viendrait presque à le défendre, tant il incarne quelque chose de jamais vu auparavant - et encore moins aujourd'hui -, quelque chose de (très) drôle (les rires gras sont légion, surtout pour les amateurs de potacheries assumées et involontaires à la fois) mais avant tout et surtout le produit éclatant, un brin inventif et libre d'une époque révolue ou tout était possible, même de voir un acteur de petite taille engoncé dans un costume de canard pro du Quack-Fu, partager un lit avec la maman de Marty McFly...
Prenez-le comme une (presque) vérité générale : les mauvais films ont toujours des bons côtés, surtout ceux portés par la nostalgie des 80's et des VHS qui s'usent.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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