Chroniques

[FUCKING SERIES] : Four Weddings and A Funeral : The Mindy Remake


(Critique - avec spoilers - de la saison 1)


Toucher à Quatre Mariages et Un Enterrement, c'est touché, au bas mot, à ce que la comédie romantique à connu de meilleur sur ses trente dernières années - avec Quand Harry Rencontre Sally.
Plus qu'une référence absolue qui n'a pas perdu une once de sa magie (c'est une madeleine de Proust pour tous les cinéphiles au coeur d'artichaut), c'est littéralement le moule fondateur de l'édifice de la romcom britannique bâti par la maestria de la plume de Simon Curtis.
L'idée donc de tenter ne serait-ce qu'un chouïa, de toucher au culte à l'aube de son vingt-cinquième anniversaire et de vouloir s'inscrire dans son ombre via un remake télévisé, pourrait aisément paraître comme de l'hérésie pure et simple, même de la part d'un duo aussi brillant que celui incarné par Mindy Kaling et Matt Warburton (les têtes pensantes de la géniale The Mindy Project). 


(© Hulu)

En américanisant un film plus british tu meurs (et c'est clairement ce qui en faisait son charme), tout en étirant son intrigue non plus sur deux petites heures mais bien le triple, Four Weddings and A Funeral sauce Hulu partait avec un sacré handicap que seul une écriture fine et des personnages empathiques pouvaient corriger.
Le hic, c'est que c'est justement sur ses facteurs essentiels que le show se prend les pieds dans le tapis d'un récit choral parfois craquant mais jamais vraiment prenant, louable dans sa volonté de pleinement jouer la carte d'une amitié cosmopolite (une diversité/mixité cependant peu creusée, à la différence de la vénéré Master of None), mais n'arrivant jamais à donner du relief à chacun de ses héros. 
Si le film original était sensiblement tourné autour du couple Grant/MacDowell, chaque personnages secondaires arrivaient pourtant à tirer son épingle du jeu via quelques scènes clés, démontrant sans peine qu'ils n'étaient pas uniquement les éléments de fond d'une romance compliquée mais grisante, mais bien un tout à l'amitié infaillible et indiscutable.
Ici, si la dynamique est la même, aucun des protagonistes de ce show ne parvient à nous faire croire en cette amitié au pluriel ni à se faire plus intéressant que l'héroïne Maya (Nathalie Emmanuel, convaincante), dont la relation compliquée avec son Hugh à elle, Kash, sensiblement plus alambiqué (il est le collègue de son meilleur ami et l'ex-fiancée de sa meilleure amie... ok), nous est vendu au forceps avec une subtilité proche du néant.
Ce qui n'est pas un défaut en soi dans le genre si balisé de la comédie romantique moderne, quand on arrive à justement croire, en la romance en son centre.


(© Hulu)

Et c'est dommage tant le duo Kaling/Warburton s'échine constamment à prouver qu'il maîtrise les classiques sur le bout de la pellicule, en jouant finement autant de leurs codes qu'en leur lançant quelques clins d'oeil plutôt complices (les références sont légion, et pas uniquement au coeur d'excellents dialogues) tout en sublimant le tout avec une mise en scène pleine de fraîcheur.
Mais la sauce ne prend jamais vraiment et cette nouvelle itération plutôt feel good de l'amour avec un grand A - amour et amitié justement -, est mielleuse et légère juste ce qu'il faut mais trop peu attachante pour marquer et emballer son auditoire.
Et le fait d'avoir pour titre une référence majeure du genre (heureusement, le jeu des comparaisons tourne vite court et paraît totalement inutile), ne lui rend pas fondamentalement service non plus...


Jonathan Chevrier



John Chevrier

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