Can't Buy Me Love

[TOUCHE PAS À MES 80ϟs] : #37. Can’t Buy Me Love

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Nous sommes tous un peu nostalgique de ce que l'on considère, parfois à raison, comme l'une des plus plaisantes époques de l'industrie cinématographique : le cinéma béni des 80's, avec ses petits bijoux, ses séries B burnées et ses savoureux (si...) nanars.
Une époque de tous les possibles où les héros étaient des humains qui ne se balladaient pas tous en collants, qui ne réalisaient pas leurs prouesses à coups d'effets spéciaux et de fonds verts, une époque où les petits studios (Cannon ❤) venaient jouer dans la même cour que les grosses majors légendaires, où les enfants et l'imaginaire avaient leurs mots à dire,...
Bref, les 80's c'était bien, voilà pourquoi on se fait le petit plaisir de créer une section où l'on ne parle QUE de ça et ce, sans la moindre modération.
Alors attachez bien vos ceintures, mettez votre overboard dans le coffre, votre fouet d'Indiana Jones et la carte au trésor de Willy Le Borgne sur le siège arrière : on se replonge illico dans les années 80 !



37. L'Amour ne s'achète pas de Steve Rash (1988)

Qu'on se le dise, tous les teen movies des 80's n'ont pas été béni par les plumes expertes de feu le regretté John Hughes, Cameron Crowe et Francis Ford Coppola, ou même par la fibre productrice avisée de tonton Spielby.
Il y a eu bon nombre de péloches indéfendables - moins que dans la décennie suivante cela dit -, et d'autres au popotin gentiment coincé entre la potacherie limitée, le message social naïf et la romance craquante même si fortement oubliable.
Cochant tête baissée au moins deux de ses cases, Can't Buy Me Love - comme la musique des Beatles, présente dans la B.O. - de Steve Rash n'en est pas moins une petite kitscherie savoureuse, qui marquait les premiers pas sur grand écran du futur Docteur Mamour Patrick Dempsey, à l'époque bien, bien loin de son potentiel de sex symbol.

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Véritable poisson rouge qui se rêve requin dans le petit bain d'eau loin d'être douce du microcosme lycéen, il y incarne avec un aplomb certain l'attachant nerd Ronald Miller, passionné d'astronomie mais complètement asocial, qui va voir son rêve de popularité devenir réalité par la force attractive de... l'argent (Ah America...).
Avec 1000 $ tout rond, il se payera l'amour fictif pendant un mois de la fille la plus populaire du lycée (qui a besoin du pognon pour rembourser une robe à sa mère, qu'elle a tachée lors d'une soirée), Cindy Mancini, la pom-pom girl en chef, et arrivera à avoir sa place à LA table de ses amis, et accéder au rang de garçon populaire.
L'équation est simple : peu de mousse pour les cheveux, des chemises sans manches, quelques vestes surdimensionnées et Cindy à son bras font de Ronald le " briseur de cœurs " des terminales.
Le hic, c'est qu'une fois qu'il a goûté à la célébrité, le Ronald perd totalement pied, devient un gamin totalement égocentrique, perd l'attachement de Cindy (qui, entre-temps, en est tombé amoureuse et s'est peu à peu lassé de la popularité) mais aussi l'amitié de ses anciens BFF...
Touchant dans ses imperfections, avec ses deux héros lunaires fondamentalement singuliers au sein du stade le plus haut de la chaîne alimentaire scolaire - il est un passionné d'astronomie comme dit plus haut, elle est une poète qui se dévalorise -, le film de Rash tente tout du long, avec une maladresse charmante et un pitch de départ scandaleux mais férocement crédible, de répondre sans vraiment y répondre, à la question " l'amour ne s'achète pas " autant que la popularité, fugace et totalement remise en question par le moindre faux-pas.

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Une réponse donnée dès le titre donc - c'est con - mais surtout totalement prévisible, au-delà même des prises de paroles prêchées par les héros, sur le fait d'être fidèle à soi-même et à ses principes.
Mais même s'il a une sévère tendance à se tirer une rafale de balles dans le pied (notamment sur le besoin viscéral mais jamais réellement décrit à l'écran), le film séduit autant par son charme innocent et sa naïveté candide (même dans son happy-end un brin facile, tout comme la leçon sur l'amour qui en découle), que par ses saillies d'humour so 80's (la fameuse danse tendance lors de la scène du bal, tiré involontairement d'un rituel africain), mais aussi et surtout par la partition juste et touchante de son couple vedette : Patrick Dempsey et Amanda Peterson, craquant comme ce n'est pas permis.
Alors ça ne casse pas trois pattes à un canard, ça ne révolutionnera carrément pas le giron des teen movies, mais ça se consomme sans indigestion comme un petit bonbon acidulé certes férocement daté, mais au goût encore joliment prononcé.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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