Benoît Jacquot

[CRITIQUE] : Dernier Amour


Réalisateur : Benoît Jacquot
Acteurs : Vincent Lindon, Stacy Martin, Valeria Golino, Julia Roy,...
Distributeur : Diaphana Distribution
Budget :-
Genre : Drame, Historique
Nationalité : Français
Durée : 1h38min

Synopsis :
Au XVIIIe siècle, Casanova, connu pour son goût du plaisir et du jeu, arrive à Londres après avoir dû s’exiler. Dans cette ville dont il ignore tout, il rencontre à plusieurs reprises une jeune courtisane, la Charpillon, qui l’attire au point d’en oublier les autres femmes. Casanova est prêt à tout pour arriver à ses fins mais La Charpillon se dérobe toujours sous les prétextes les plus divers. Elle lui lance un défi, elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire.



Critique :


Apprendre que le réalisateur Benoît Jacquot nous a préparé un nouveau film, qui s'intéresse au mythe de Casanova n'était pas surprenant tant ce choix paraît logique dans sa filmographie. Les films en costumes n’ont plus de secret pour lui et les relations tumultueuses hommes-femmes sont le coeur de ses films. C’est un passage particulier de la vie de ce coureur de jupon que Dernier Amour adapte, celui de sa relation avec la jeune femme Marianne de Charpillon, pendant son exil à Londres.


Le personnage de Casanova a déjà fait l'honneur d'être dans la lumière du grand écran. Ses conquêtes sont toujours au cœur des intrigues, un homme fringant, le parfait épicurien. Pourtant ici, Benoît Jacquot le montre d'une toute autre manière. Un homme fatigué, mécontent de son exil forcé dans un pays où il ne parle pas la langue, et qui essaye de se distraire pour passer l'ennui. Lui qui n'a connu aucune relation sérieuse, se met à désirer une jeune femme qui l'intrigue. Cette passion, qui restera platonique, bercera la fin de sa vie. Car il découvre le désir de l'amour, un sentiment nouveau pour un homme pour qui les femmes lui tombent dans les bras. L'heureuse élue est Marianne De Charpillon, une jeune femme dont la réputation n'est plus à faire. Considérée comme une courtisane, une prostituée, elle n'est pas le genre de femme à qui ont fait la cour comme elle le dit elle-même. Et si elle se refuse à lui, ce n'est ni par jeu, ni par méchanceté mais bien parce qu'elle ressent également un désir pour lui. Ils apprendront au contact l'un de l'autre que l'amour est un échange et non pas un désir de possession.


Malgré un boulot incroyable sur la reconstitution du XVIIIe siècle, sur les costumes et la lumière, Dernier Amour est laborieux à regarder. Car le film n'a pas grand chose à nous proposer. Si le fait de vouloir faire un récit plus intimiste est louable, le scénario provoque un léger ennui, que n'aide en rien la construction du film, liée par des flash-back. La mise en scène ne laisse jamais vraiment de la place pour une quelconque envolée passionnelle, se contentant de suivre les désillusions et les péripéties de Casanova d'un oeil morve.
Mais le grand défaut de Dernier Amour vient étonnamment de son casting. Si Vincent Lindon et Stacy Martin sont tous deux d'excellents acteur et actrice en général, nous avons du mal à croire en ce couple la Charpillon/Casanova qu'on nous propose. Lindon ne semble pas à sa place dans l’accoutrement bourgeois de l'époque, perruque et redingote de rigueur. Il apporte une certaine réserve, une certaine sensibilité qui sied mal à ce Don Juan italien. De son côté, Stacy Martin s'en sort davantage même si elle nous a habitué à mieux (sa prestation fascinante dans Nymphomaniac en tête).


Si la reconstitution historique est réussie, ce biopic, tiré des mémoires de Giacomo Casanova Histoire de ma vie, est construit d'une façon peu originale (un vieil homme qui raconte à une tierce personne sa jeunesse), avec des aller-retour de flash-back vite redondant. Un film qui ne retiendra pas l'attention dans la filmographie de Benoît Jacquot.


Laura Enjolvy


Laura Enjolvy

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