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[PEAK TV] : #1. The Carmichael Show : Make America Think Again


La production télévisuelle américaine n’a jamais était aussi folle en termes de quantité, mais également de qualité. Malheureusement, dans cette déferlante, beaucoup de séries ne parviennent pas à avoir l’exposition qu’elle mérite. Pire encore, cette époque qu’on appelle la Peak TV semble ne pouvoir être dédiée qu’aux nouvelles productions, à tel point qu’on oublie que la série n’est pas apparue avec Netflix. Alors avec cette section, on vous propose de faire un pas de côté, délaisser les évidences pour mettre en lumière des séries moins connues, elles sont d’aujourd’hui ou pas, brèves ou pas, mais mérite votre attention.





The Carmichael Show : Make America Think Again.

La sitcom est un genre indéboulonnable du petit écran américain. De I Love Lucy à The Big Bang Theory, cette forme sérielle a de tout temps connu le succès, mais elle souffre parfois dans l’esprit collectif d’une image disons désuète. Certains d’entres vous ont peut-être en horreur ses rires ponctuant chaque réplique, et l’arrivé de comédie multicaméra à la 30 Rock, The Office, Parks and Recreation ou encore Community lui a donné un coup de vieux. Pourtant, depuis quelques années, la sitcom retrouve des couleurs chatoyantes, parvenant à user de ses codes pour évoquer toute la richesse de la société américaine. Ce retour en forme on le doit à des œuvres tels que Mom, One Day at a Time ou encore la trop discrète The Carmichael Show.
Diffusée entre 2015 et 2017 sur NBC. Cette création de Nicholas Stoller, Ari Katcher, Willie Hunter, mais avant tout Jerrod Carmichael, s’attarde sur la vie de Jerrod Carmichael (un double fictionnel du créateur et interprète principal de la série) et des relations qu’il entretient avec sa famille souvent envahissante.


Chaque épisode de The Carmichael Show s’appuie sur une structure de pur sitcom. Autrement dit, peu de décors, des rires enregistrés et une redondance scénaristique -un des membres de la famille lance un sujet de discussion qui va au fil de l’épisode devenir un débat enflammé ou les opinions s’entrechoquent.
Mais elle se dégage de son classicisme de par son propos et le traitement qui en découle. En effet, dans la famille Carmichael les débats ne portent pas tellement sur le quotidien inhérent aux personnages, mais bel et bien sur la société américaine au sens large. Les épisodes abordent des sujets aussi délicats que l’avortement, les armes à feu, la violence policière, l’élection de Donald Trump, le viol, la fin de vie…
La série prend appui sur son format pour organiser au sein de chaque épisode un réel débat d’idées. Si Jerrod tient a éviter tout conflit, sa petite-amie Maxine est une militante dans l’âme et se confronte souvent a la rigidité de sa belle-mère, Cynthia et le franc-parler de son beau-père, Joe. Tout cela sous le regard du frère de Jerrod, Bobbie et son ex-femme Cynthia.
Évidemment progressiste, The Carmichael Show ne se prétend pas partisane d’un parti politique. Si l’élection de Donald Trump monopolise le débat d’un épisode sa troisième saison, la série évoque dés son pilot le mécontentement de l’électorat noir vis-à-vis de Barack Obama. Dès lors, elle se propose, non pas de dire qui a raison, mais bel et bien d’instiller des sujets de discussion visant a réintroduire un liant dans les divisions de l’Amérique.


L’impact de son propos est dû au traitement qu’elle y accorde. Sa rythmique de sitcom lui impose de trouver dans chacun de ses sujets le moyen le plus drôle pour l’aborder et ainsi convaincre son spectateur par le rire. Si elle n’oublie pas d’émouvoir quand l’occasion se présente, The Carmichael Show fait avant tout travailler vos zygomatiques. En favorisant la forme du débat, son humour n’est pas tant visuel, mais oral, ses dialogues sont particulièrement soignés afin d’y glisser nombre de réflexion aussi désopilante qu’intelligente. Souvent impertinente, son rire est une arme qui lui permet de se mettre le spectateur dans la poche, sans pour autant se moquer des opinions de chacun. Car l’humour de The Carmichael Show repose sur la saveur d’un dialogue et non pas sur le fond de celui-ci, on ne se moque pas du conservatisme de Cynthia ni du militantisme exacerbé de Maxine.
Ainsi, The Carmichael Show n’a peut-être pas la modernité d’un Black-ish, l’extravagance d’un Will & Grace; mais elle sera s’imposer en vous comme une réflexion bourrée d’intelligence et d’humour tentant de sensibiliser chaque spectateur aux nombreuses questions sociétales.


Thibaut Ciavarella

Thibaut Ciavarella

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