Amanda

[CRITIQUE] : Amanda


Réalisateur : Mikhaël Hers
Acteurs : Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin, Ophelia Kolb, Jonathan Cohen,...
Distributeur : Pyramide Distribution
Budget : -
Genre : Drame
Nationalité : Français.
Durée : 1h47min

Synopsis :
Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.



Critique :

En l'espace de quelques printemps seulement, le bien nommé Vincent Lacoste (un nom qui ne peut pousser qu'à la popularité) est judicieusement passé de jeune pousse un brin agaçant à véritable diamant brut d'un septième art hexagonal qui n'en dénombre jamais trop, une phase de maturité opérée avec une intelligence rare - tout comme William Leghbil passé la peu reluisante sitcom SODA -, qui démontre pleinement la propension du bonhomme à devenir aussi grand que le gotha avec qui il a pu s'exprimer face caméra Julie Delpy, Delépine/Kervern, Thomas Lilti ou encore Christophe Honoré.
Histoire de parachever une année 2018 exceptionnelle (Plaire, aimer et courir vite et Première Année), il trouve du côté du nouveau long-métrage de Mikhaël Hers (le délicat Ce Sentiment de l'Été), Amanda, ce qui est peut-être sa plus belle composition à ce jour.


Traitant avec une finesse rare et hors des pièges faciles de son sujet férocement ardu et propice autant à une effusion de pathos gerbante qu'à un véritable hors sujet émotionnel et psychologique (les conséquences collatérales d'un attentat sur deux vies, et plus directement des attentats de 2015 à Paris), tout en sortant délibérément des sentiers battus pour ne pas en faire le point central de son oeuvre, Amanda, qui ne joue jamais la carte du misérabilisme, est un formidable drame intime sur le deuil et le passage à la vie d'adulte - ou plutôt vers la maturité - d'un homme plongé jusqu'alors dans l'innocence de la jeunesse, et devant faire par la force brutale des choses, l'apprentissage du rôle de figure paternelle pour sa nièce de sept ans, dont la mère a disparu.
Une triple claque (faire son deuil, gérer celui d'une petite fille tout autant que sa vie future) sous la forme d'une reconstruction à la dure, que le cinéaste filme avec une pureté incroyable, récitant pléthore de ses thèmes chers au sein d'un cadre parisien presque inédit (presque, dans le sens où la capitale est rarement aussi mélancolique) et d'un soleil de plomb, une saison estivale qui n'a d'ailleurs ici rien de jovial ni de passionnel.


Mais ce qui fait le sel d'Amanda, outre son traitement poignant et pétri de douceur de l'absence, c'est la prestation pleine de tendresse de son duo vedette - à l'alchimie géniale -, de l'impressionnante Isaure Multrier à l'émouvant Vincent Lacoste, mi-candide mi-gauche mais pleinement charmant et touchant en jeune adulte confronté à une situation de vie qui le dépasse complètement. 
Sublime poème subtil et dépouillé aux émotions authenthiques et dévastatrices, le nouveau long-métrage de Mikaël Hers est un magnifique mélodrame qui se mue au fil des bobines comme un grand et beau feel good movie optimiste et solaire.
Le cinéma français fait donc réellement en sorte d'aller merveilleusement bien en cette fin d'année ciné 2018, merci à lui.


Jonathan Chevrier

John Chevrier

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