Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Dear White People saison 2 : Le show le plus sous-côté du moment


(Critique - sans spoilers - de la saison 2)

Dans la catégorie " série discrète qui mérite pourtant toute notre attention ", Dear White People se pose bien là, tant le show made in Netflix souffre d'un manque croissant d'attention alors qu'elle est sans doute, l'une des plus grandes réussites scénaristiques de la plateforme; pas une petite épreuve de force même si le film original de Justin Simien, duquel la série tire toute son essence (Il s'inscrit même dans sa parfaite continuité), tenait joliment bien la route en son temps, avec sa mise en image véridique et pétillante, des inégalités sociales et raciales entre les étudiants blancs et afro-américains sur un campus (et plus directement, sur l'Amérique post-raciale).



Toujours chapeautée par Yvette Lee Bowser, la saison 2, balancée ces jours-ci à la disposition des spectateurs et déjà lourdement éclipsé par l'attente insoutenable entourant la seconde salve d'épisodes de l'un des monuments de la firme - 13 Reasons Why -, s'avère encore plus intelligente et brillante que son aînée, sans perdre une once de son sérieix et de son charme mordant.
Faisant brillament suite aux événements passés (les retombées immédiates de la manifestation ratée de la fin de saison 1), multipliant les sous-intrigues avec une boulimie enthousiasmante - sans se payer le luxe de brader leur traitement - tout en étant douloureusement dans son époque (la montée de l'extrémisme suite à l'élection de Trump, dont le show ne tait jamais la violence notamment par le biais du collectif Dear Right People) et politiquement chargé (un engagement encore plus imposant et assumé qu'auparavant); la série, qui nous offre quelques surprises non négligeables (les présences de Tessa Thompson et Tyler James Williams, héros du film, mais aussi de la " voix off ", le formidable Giancarlo Esposito), prône toujours autant la liberté d'expression dans tous ses versants - même les plus sombres -, et pousse continuellement au débat et à la réflexion par la force évocatrice d'une pluie de thèmes divers allant au-delà du simple affrontement raciale (l'avortement, la sexualité,...).



Satire sociale à l'écriture juste et percutante, qui fait la part belle à des personnages follement empathiques et tous interprétés à la perfection - Logan Browning en tête -, Dear White People est un diamant brut et sa saison 2 tutoie tellement la perfection que s'en est presque indécent.
La regarder ce n'est pas l'adopter, c'est littéralement en tomber amoureux...

Jonathan Chevrier



John Chevrier

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