Critiques

[CRITIQUE] : L'Île aux Chiens


Réalisateur : Wes Anderson
Acteurs : Isabelle Huppert, Vincent Lindon, Romain Duris, Yvan Attal, Léa Seydoux,...
Budget : -
Distribution : Twentieth Century Fox France
Genre : Animation, Aventure
Nationalité : Allemand, Américain
Durée : 1h41min

Synopsis :
En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville.



Critique :


Dire que le prochain long du précieux Wes Anderson était attendu par chez nous avec un putain d'enthousiasme, est un doux euphémisme tant chacune de ses péloches s'avèrent toutes aussi doucement barrées et sublimes les unes que les autres, et que le bonhomme a sacrément sa place depuis des lustres, au sein notre petite liste de cinéastes chouchous incapables de nous décevoir sur grand écran.
Huit longs et huit chefs d’œuvres, en un peu plus de vingt-quatre ans de carrière, où un grand chelem que peu de metteurs en scène peuvent se vanter aujourd'hui - et encore moins égaler -, et qui n'est visiblement pas prêt de s'arrêter en si bon chemin du panthéon de la perfection, avec L'Île aux Chiens, nouvelle promesse de cinéma jouissive qui marque le retour du cinéaste au cinéma d'animation et à la stop-motion.



Un retour à un cinéma plus artisanal et pointu qui apparaît in fine bien plus comme un aboutissement pur et simple qu'un joli exercice de style étoffant une filmographie aussi prestigieuse qu'elle est légère et follement nostalgique.
Indiscutablement, Wes Anderson est ce que le Texas a offert de plus beau et fou au septième art, et le bougre s'entête toujours autant à nous le rappeler avec flamboyance, à chaque fois qu'on lui donne l'occasion de le faire.
Encore une fois aux frontières du réel dans une vision fantasmée du Japon, le cinéaste nous invite dans la bulle purement farfelue d'une île où les plus fidèles amis de l'homme, sont placés en quarantaine aux côtés des déchets, suite à une épidémie de grippe Truffoïde, une odyssée homérique dans laquelle le jeune Atari va tout faire pour retrouver son chien, Spots.



Immense fable romanesque intelligemment structurée et référencée (la culture nippone en tête), dans laquelle Anderson n'hésite pas à volontairement déstabiliser son auditoire dès les premières secondes, L'Île aux Chiens est une péloche plus mature et lugubre que ses précédents essais, sans pour autant en gommer toute la magie inventive et enfantine qui en faisait tout leur charme.
Grâce à une mise en scène (une image dense, colorée et à tomber, invitant constamment au rêve), un montage (un découpage à nouveau, d'une précision incroyable) et une animation minutieuse foutrement brillante, Anderson démontre une fois de plus son immense capacité à décliner son univers unique dans des situations et contextes hétéroclites, tout en les alimentant de ses thèmes les plus chers (la famille, les notions de rédemption, de singularité et de loyauté).



Personnel (même dans ses défauts, notamment une représentation limitée de la figure féminine, une nouvelle fois cantonnée au statut de second couteau de luxe), subtilement politique et pessimiste (même dans son pays imaginaire, la dimension de futur cataclysme humain n'est jamais loin, et les rapports houleux entre le Japon et les USA n'en sont que plus criants), poétique, pur bonbon visuel et pétillant (superbe b.o d'Alexandre Desplat, encore une fois), le tout dans un ludisme et un comique (aussi bien chorégraphique que verbale et cinématographique) enchantant, puisant dans l'artificialité de son monde toute l'humanité de ses héros - et véhiculant l'idée que la fraternité est la clé de tout, même face à la cupidité de la société contemporaine; Anderson, véritable maitre dans son propre théâtre des merveilles, fait de L'Île aux Chiens une oeuvre poétique bouleversante d'humanisme et de sincérité, dont on ressort profondément marqué.
Le Wes est un magicien du septième art, et ce n'est pas ce nouveau tour de force qui contredira cette belle vérité...


Jonathan Chevrier





Wes Anderson est le genre de réalisateur qui ne déçoit jamais. Chaque film nous mène dans son univers à la fois doux et chaleureux, même si parfois il s'y passe des choses tristes. Son cinéma est le genre de cinéma qui fait du bien, on sort du film un sourire aux lèvres et nous avons du mal même à revenir à la réalité. Donc à l'approche de la sortie de L'île aux Chiens il est normal de l'attendre avec une impatience accrue. Et vous savez quoi ? Il ne déçoit pas.
Que ce soit l'animation, le montage, l'univers tout est parfaitement millimétré. Dès le début, Wes Anderson donne le ton du film, avec un carton qui annonce aux spectateurs que le langage des chiens sera compréhensible mais pas le langages des hommes: sarcastique mais drôle.



L'île aux Chiens fascine car malgré le propos et l'histoire assez sombre (et on ne peut s'empêcher d'y voir un calque de notre présent), le film à une part d'innocence un peu naïve mais totalement attendrissante. Je n'ai moi-même pas pu m'empêcher de pousser des petits "awwww c'est trop chou" pendant la séance. Mais ne vous inquiétez pas, cela vous arrivera à vous aussi.
La musique d'Alexandre Desplat est absolument magnifique, aux accents japonais, à la fois douce et entêtante.
Wes Anderson s'est entouré d'un casting aux petits oignons: Bill Murray, Bryan Cranston, Tilda Sweaton, Edward Norton... Et j'en passe.
Je rejoins l'avis de mon cher rédacteur en chef: un énorme coup de cœur immédiat.

Laura Enjolvy

John Chevrier

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