Critiques

[CRITIQUE] : Sparring


Réalisateur : Samuel Jouy
Acteurs : Mathieu Kassovitz, Olivia Merilahti, Souleymane M’Baye, Billie Blain, Lyes Salem,...
Distributeur : EuropaCorp Distribution
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h34min.


Synopsis :
A plus de 40 ans, Steve Landry est un boxeur qui a perdu plus de combats qu’il n’en a gagnés. Avant de raccrocher les gants, il accepte une offre que beaucoup de boxeurs préfèrent refuser : devenir sparring partner d’un grand champion.




Critique :




Le noble art est férocement cinégénique, sans doute même le plus cinégénique de tous les sports, et ce n'est pas des sommets de cinéma tel que Rocky, Raging Bull ou encore Million Dollar Baby, qui contrediront cette vérité.
Si le genre est plutôt pauvre dans l'hexagone, cela n'a pas empêché Samuel Jouy d'en faire le puissant sujet de son premier long-métrage, Sparring, portrait entre fiction et réalité d'un boxeur touchant incarné par un Matthieu Kassovitz plus investi et habité que jamais; l'acteur-cinéaste ayant même tout récemment décidé lui aussi, monter sur le ring en tant que boxeur professionnel en juin dernier.
Dans la peau de Steve, sparring partner/sac de frappes du wannabe champion d'Europe Tarek M'Barek, Kassovitz emboite le pas d'un Rocky Balboa au grand coeur (jusque dans l'affiche, qui cite directement le chef-d'oeuvre de John G. Avildsen), un loser magnifique au soir de sa carrière, véritable héros fatigué solidement ancré dans un quotidien réaliste et rude, qui ne vit que pour l'amour de sa fille et pour qui il est capable de tout, même de laisser sa peau sur le ring.



Brisé par les échecs et les coups, toujours debout tant que la cloche de la vie n'a pas rendu son ultime son, Steve est l'incarnation du courage, le vrai, celui qui demande de payer un lourd tribut pour atteindre son but, aussi destructeur soit-il.
Avec Sparring, drame Loachien tout autant que vrai et épique portrait sportif, Samuel Jouy ne réinvente certes jamais le genre  mais lui offre une déclaration d'amour vibrante et sanglante - tout autant qu'au noble art -, chorégraphiant ces " boucheries " sportives au plus près des coeurs, filmant avec authenticité la souffrance sèche aussi bien physique que morale et psychologique de son outsider de héros.
Véritable ode aux " perdants " pleine d'humilité et de dignité, sans qui certains grands boxeurs n'auraient sans doute jamais pu exister, Sparring est un beau et mélancolique premier film dont on ressort K.O., et ça fait franchement du bien.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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