Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : GLOW : Girl Power entre les cordes


(Critique des premiers épisodes de la saison 1)



On ne va pas se mentir, hormis un chef d'oeuvre bouillant et émouvant, mettant en lumière la carrière - et la vie - brisée d'un catcheur en bout de course, tout autant que la passion évidente de la lutte qui transpire d'un circuit indépendant rude, peu gratifiant et littéralement écraser par la surpuissance de la WWE - The Wrestler de Darren Aronofsky -; on ne peut pas vraiment dire que le monde de la lutte et du catch spectacle à réellement été mis en valeur autant sur le petit que sur le grand écran au fil des décennies.



Et ce malgré, il est vrai, quelques essais remarquables (le dernier tiers de La Taverne de l'Enfer de Sylvester Stallone en tête) qui ne viendront pourtant pas rattraper quelques tâcherons bien gras - No Holds Barred avec Hulk Hogan...
Alors, voir que Netflix se lançait tête baissée sur le sujet via un versant pas forcément attractif pour les non initiés sur le papier - une division de catch féminin dans les 80's -, à une époque compliquée où l'âge d'or du catch semble un poil révolu (gageons sue les années 2000 furent son dernier gros temps fort); avait tout du pari casse-gueule, même si les années 80 semblent férocement lui réussir (Strangers Things ♥).

Chapeautée par le duo Liz Flahive/Carly Mensch (Weeds, Nurse Jackie) et de loin par Jenji " Orange is The New Black " Kohan, la série s'échine donc à compter les coulisses de l'un des shows les plus ovniesques de la télévision US : Gorgeous Ladies of Wrestling aka GLOW, qui a su se frayer un petit bout de chemin à l'antenne à une époque ou les fans de catch ne vibrait - uniquement ou presque - que pour les " Wwwwhhhhooooo " de la légende Rick Flair, ou le charisme incroyable du roi Hogan - sans qui le catch ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui.



Loin de n'être qu'une simple émission sur la lutte, ou quatorze femmes (actrices, top modèles, danseuses, cascadeuses,...) se crêpaient le chignon en tenues colorées et sexy, ou poussaient même la chansonnette pour divertir des milliers de téléspectateurs : GLOW était avant tout une fenêtre de vision incroyable pour une poignée de femmes talentueuses, qui ont construites toutes seules leur route vers le succès.

Dans la droite lignée d'Orange is The New Black avec sa galerie de personnages féminins hétéroclites et hautes en couleurs, véritables outsiders appelées à dévorer le petit écran à chaque épisodes, la série, spectacle dans le spectacle, est une intelligente dramédie, attachante et férocement nostalgique (la reconstitution des 80's est certes facile, mais franchement convaincante), totalement tournée vers sa pluie d'héroïnes se déjouant continuellement des clichés qu'elles sont supposées incarner - autant dans le catch que dans la société US des années Reagan -; un condensé de loufoquerie franchement prenant, dominé par une Alison Brie étincelante, dans un premier rôle (celui de l'enthousiaste mais instable leader du groupe, Ruth, pas si éloignée de la Piper de OITNB) enfin à la mesure de son talent - et ce, sans pour autant qu'elle vampirise le reste du casting.



Véritable ode au girl power drôle (vraiment), énergique et émouvante, aussi subtilement engagée et politique qu'elle est didactique (notamment sur les arcanes artificielles du catch business), folle (mais pas autant que les comédies sportives de l'inégalable Will Ferrell, même si l'on pense souvent à Semi-Pro) et d'un charme fou; GLOW, évidemment loin des canons de la désormais vénérée Netflix (le moule de sa production commence tout de même à sentir le réchauffé, malgré des pitchs originaux), n'en est pas moins un excellent show qui frappe juste et fort (surtout quand il se déplace entre les cordes), et qui enchante par son infinie légèreté et la finesse de son écriture, magnifiée par un casting impeccable.

Bref, la série qu'il faut pour démarrer un été de binge watching intensif, avant le plat de résistance Game of Thrones.



Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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