Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Snatch : Guy Ritchie Forever !


(Critique des deux premiers épisodes)


Gageons que le petit écran ne nous aura pas franchement épargné, nous les cinéphiles purs et durs, en cette pas si douce saison 2016/2017 jonché de remakes/relectures en tout genre, allant du franchement divertissant mais dispensable (Lethal Weapon, L'Exorciste), au passable (Frequency) en passant par le franchement raté (Training Day, et dans une moindre mesure le pseudo prequel Taken).
Dernier né d'une mode que l'on aimerait prochainement éteinte, Snatch, déclinaison du film culte de tonton Guy Ritchie, pas forcément célébré à l'époque de sa sortie avant de gentiment - et logiquement - s'inscrire dans le panthéon des polars du bon gout des années 2000.


Passé à la moulinette du petit écran par le biais du service streaming de Sony, Crackle, dégraissé de son imposant casting (Brad Pitt, Jason Statham, Benicio Del Toro, Vinnie Jones, Stephen Graham, feu Dennis Farina,...) au profit d'un groupe de wannabe vedette dominé par Rupert - Harry Potter - Grint et Luke - Skins - Pasqualino (et Dougray Scott en guest de luxe); Snatch version série reprend plus ou moins le pitch original, mais n'atteint jamais réellement la maestria de celui-ci, dans une sorte d'hommage ennuyeux et sans panache, au traitement maladroit et à la mise en scène paresseuse, saupoudré d'un développement des personnages jamais pertinent dans son calque des héros d'origine.
Quoi qu'on en dise, n'est pas Statham qui veut - et encore moins Brad Pitt -, et le duo Grint/Pasqualino ont beau se donner comme rarement, leur interprétation manque cruellement de mordant et même de pertinence (là ou leur petit camarade se perdent souvent dans un surjeu navrant, Ed Westwick en tête), la faute à une écriture aussi plate qu'inconsistante.


Showrunner sans grande expérience, Alex de Rakoff (le DTV Dead Man Running avec 50 Cent) s'est décemment attelé à une tâche bien trop grande pour lui.
Ambitieux mais sans les moyens qui vont avec - budget riquiqui en prime -, le bonhomme tente tout du long de cette épisode pilote, à singer la folie jouissive qui fait la magie du cinéma de Ritchie, au sein d'une plongée constamment en surface, trop facile et sans saveur dans le milieu haut en couleurs du grand banditisme british, démolissant dans les grandes largeurs tout le potentiel qui pouvait lui être alloué par un claque en bon et du forme de son ainé (même l'humour noir ne fait jamais mouche).
La suite pourrait bien nous contredire, mais comme ça bande très mou dès le départ, difficile d'imaginer que le show nous donne une trique d'enfer sur son final, surtout que dix-sept ans après, notre amour pour le film de Ritchie n'a pas perdu une once de sa force.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Fourni par Blogger.