Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Into The Badlands saison 2 : What a comeback !


(Critique du season premiere)



Relecture post-apocalyptique du roman chinois La Pérégrination vers l’Ouest, fortement influencé par le cinéma de John Ford (maitre du western) et le genre wu xia pian (Il Était une fois en Chine, Tigre et Dragon), empruntant autant aux Mad Max de George Miller (références évidentes du genre post-apo au futur régressif) qu'au dessin animée culte Ken Le Survivant; Into The Badlands réunissait une pléthore de codes avec adresse pour mieux incarner l'un des meilleurs show US de l'an passé, un divertissement total, fascinant et généreux dont la seule faiblesse, apparente, était le manque de moyen budgétaire l'obligeant à revêtir une esthétique des plus kitsch.
Gentiment installé au sein d'un monde dystopique, contant les épopée des Badlands (au nom encore une fois pas si éloigné du Wasteland de Mad Max) ou les épées et le kung fu sont les seules armes pour conquérir et combattre son prochain, le duo Millar et Gough prennait son temps développer un univers original aux multiples possibilités scénaristiques, posant lentement (trop parfois) les bases de son arrière-plan manipulateur pour mieux articuler ses personnages - porté par la révélation Daniel Wu - vers une révolution par le sang, aux conséquences ravageuses.



Violente, prévisible et assez bavarde mais pas pour le moins hautement séduisante, jonglant sur le fil tenu du drama fantastique et de la série B nanardesque pleinement jouissive (du gore décomplexé au jeu des acteurs parfois très limite, sans oublier une pluie de dialogues insignifiants) et portée par des scènes de combats lisibles et minutieusement orchestré (rappelant clairement le diptyque IP Man avec le vénéré Donnie Yen), qui incarnent sans aucun doute les plus impressionnantes sur le petit écran; la première salve de six épisodes qui composaient la première saison d'Into The Badlands, certes un poil trop courte, offrait une spectacle solide et crédible de bout en bout et parvient sans peine à se hisser parmi les meilleures nouvelles séries de la rentrée 2015 - au même titre que Master of None et Quantico.
Raison de plus donc, pour attendre avec une furieuse impatience la suite des aventures de Sunny et MK, qui mettront plus d'un an et demi à débarquer sur une AMC bien plus occupé à chérir son bébé The Walking Dead, qu'à réellement focaliser son attention sur ses autres shows.
De retour avec un joker dans sa poche (l'arrivée en second couteau du génial Nick Frost), avec ce premier épisode de sa seconde saison, Into The Badlands semble avoir corrigé bon nombres de ces défauts pour mieux incarner ce qu'elle aurait dû être dès le départ : un show jouissivement pétaradant et badass, assumant encore plus sa parenté avec la saga Mad Max.



Bourré de séquences mémorables et riche en actions et en scènes charnières, " Tiger Pushes Mountain " récite avec assiduité tout le guide de la bonne petite série B régressive qui se respecte : du twist prenant (même si prévisible, comme celui concernant le baron Quinn, toujours vivant), de l'action bien torché (avec un fight façon " Dôme du Tonnerre"), du gore à gogo et des héros aux charismes ravageurs.
Mieux, les dialogues sont bien mieux charpentés, les nouveaux personnages sont plutôt bien amenés (et ils apportent un renouveau rafraichissant à la galerie de persos original) et on ne s'ennuie pas une seule seconde durant les quarante minutes de l'épisode, qui nous dépeint six mois plus tard, un Sunny perdu dans un camp minier, MK qui subit un entrainement de choc dans les montagnes et un baron Quinn qui joue à la nounou avec son bébé (et qui a aidé Veil à s'en sortir !); tandis que la séduisante The Widow n'en finit plus de dominer la gente masculine avec classe !
Sans trop en montrer, ce premier épisode est une mise en bouche férocement alléchante de ce que nous réserve Gough et Millar pour cette seconde saison, plus conséquente que son ainée - 10 épisodes.
Vivement la semaine prochaine, tant les aléas des Badlands n'auront jamais paru aussi passionnants à suivre !


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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