Critiques

[CRITIQUE] : Fences


Réalisateur : Denzel Washington
Acteurs : Denzel Washington, Viola Davis, Jovan Adepo,...
Distributeur : Paramount Pictures France
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h18min.
Synopsis :
Dans les années 1950 à Pittsburgh, Troy Maxson, ancien joueur de la Negro League de baseball, est devenu éboueur. Il vit aujourd'hui avec son épouse Rose, son fils Cory et son jeune frère Gabriel, ancien soldat handicapé suite à une blessure à la tête.



Critique :


Devant la caméra, le grand Denzel Washington est, indiscutablement, l'un des comédiens les plus talentueux du cinéma ricain de ses trente dernières années; un génie qui, tout comme Tom Hanks, peut tout jouer avec une indécence et une classe folle.
Le titre de légende lui tend les bras, et sa place au Valhalla du septième art lui est déjà reservée depuis un bon moment.
Derrière la caméra en revanche, il lui manquait ce petit " je ne sais quoi ", ce petit chef-d'oeuvre indiscutable pour rejoindre la maestria des Eastwood, Gibson et autres Costner; et ce, même si ses deux premières réalisations, Antwone Fisher et The Great Debaters, sont loin de n'être de que simples galops d'essai.


Bonne nouvelle, avec son troisième long métrage, Fences, adaptation de la pièce de théâtre éponyme du dramaturge August Wilson, qu'il connaît sur le bout des doigts pour l'avoir pratiqué sur les planches de Broadway; Washington s'affirme pleinement comme un cinéaste majeur, par la force d'un drame captivant et poignant, qui mérite amplement sa place de choix au sein de la course aux statuettes dorées de ce riche début d'année ciné 2017.
Formidable claque cinématographique qui tire toute la puissance de son propos dans l'aspect, de prime abord hermétique, d'une mise en scène théâtrale; Fences traite, par le prisme d'une famille du Pittsburgh de la fin des 50's, de la condition du peuple afro-américain du XXeme siècle, entre racisme latent et inégalités sociales évidentes.


Totalement conscient que le coeur de son métrage est encore cruellement d'actualité au sein d'une société américaine actuelle en pleine ébullition (des crimes raciaux de plus en plus nombreux à l'avènement terrifiant du nouveau président Donald Trump); Denzel croque les aléas d'un homme qui, au mitan de sa vie, crâche aux visages de ses proches, toutes les frustrations qui ont jalonné son parcours.
Dur, autoritaire et maitre indiscutable sous son propre toit (il est peu à l'écoute des besoins affectifs des siens, et ne cherche pas à être aimé, seulement à être respecté), il cherche à éduquer tout autant que de contrôler, l'avenir de sa progéniture, celle de son plus jeune fils en tête, dont il tue dans l'oeuf ses ambitions professionnelles.
Mais la vraie victime au fond de cet excès d'autorité, c'est la matriarche, Rose, femme aimante mais fatiguée, obligée de rester en retrait pour préserver l'équilibre familiale; jusqu'au jour ou ce quotidien fragile, constamment au bord de l'implosion, explosera dans un torrent de larmes qui prendra aux tripes son auditoire.


Grisant et divertissant de bout en bout, rythmé par une pluie de longues et formidables scènes dialoguées riches en rebondissements puissants (et aux différents niveaux de lecture); Fences est de ces péloches construites autour pour ses glorieux interprètes, plus flamboyants que jamais.
Déjà partenaires sur les planches (un Tony Award chacun à la clé), Viola Davis - lumineuse en mère blessée - et Washington -impérial en patriarche frustré -, tutoient la perfection et sont la raison majeur pour tout cinéphile un minimum avertit, de découvrir le film dans les salles obscures.

Le Washington nouveau est un pur bijou sur pellicule, et sa vision vaut intensément le détour...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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