Barry Jenkins

[CRITIQUE] : Moonlight


Réalisateur : Barry Jenkins
Acteurs : Alex R. Hibbert, Ashton Sanders, Trevante Rhodes, Mahershala Ali, Naomie Harris,...
Distributeur : Mars Films
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Américain.
Durée : 1h51min.
Synopsis :
Le passage à l'âge adulte d'un jeune homme, Chiron, pendant l'ère de la guerre contre la drogue à Miami.



Critique :



Chaque année ou presque, dans la course aux statuettes dorées s'immisce un invité que l'on n'a pas forcément vu venir, mais dont la qualité évidente met tout le monde d'accord quant à la légitimité de sa présence.
Pur produit indépendant aussi ambitieux qu'il est important, Moonlight, second long métrage de Barry Jenkins (Medecine For Melancholy), transpire autant l'aprêté du bitume que la sincérité évidente de ces oeuvres urbaines férocement enracinées dans une réalité douloureuse et implacable.
Inspiré d'une true story poignante (le film est l'adaptation d'un texte autobiographique de Tarell Alvin MacCraney), et s'inscrivant pleinement dans les pas de Spike Lee et John Singleton, Jenkins trace avec une sensibilité et une justesse rare, les grandes lignes aux résonances universelles de la vie de Chiron, à travers trois temps charnières - I: Little (l'enfance), II: Chiron (l'adolescence) et III: Black (l'âge adulte).



Enfant malmené par ses camarades de classe, Chiron, élevée par une mère droguée et littéralement à la dérive dans un ghetto rugueux de Miami - Liberty City -, trouvera un semblant d'équilibre par le biais d'une figure tutélaire ambiguë, le charismatique Juan, celui même qui contribue à la déchéance de sa génitrice en l'approvisionnant pour sa défonce quotidienne.
Les bases sont établies dès les premiers instants, Moonlight ne fera pas dans la dentelle, ne va jmais édulcorer la dureté de son propos (la pauvreté, la drogue et la violence qui gangrène la Vraie Amérique) et tombera encore moins dans un misérabilisme gerbant ni un océan de clichés faciles.
Symbole de bon nombres de jeunes hommes noir aux États-Unis, le destin inéluctable de Chiron, homosexuel dans un milieu ou la masculinité/virilité n'est pas une option mais presque une nécessité de survie, bouleverse, fascine et impressionne tout du long par l'étonnante empathie qui s'en dégage.



Tout en pudeur, porté par une habile construction dramatique (égrainée sur vingt ans), une écriture magnifique et un casting en complet état de grâce (Naomie Harris, Mahershala Ali et le novice Alex H. Hibbert en tête), Moonlight est une oeuvre crève-coeur sur une âme en pleine quête identitaire et cherchant continuellement sa voie; une chronique inspirée et inspirante certes parfois un poil trop naïve, mais d'une poésie et d'une élégance rare.
L'un des grands films de ce début d'année ciné 2017, à n'en pas douter.


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwoood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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