Critiques

[CRITIQUE] : Planétarium


Réalisateur : Rebecca Zlotowski
Acteurs : Natalie Portman, Lily-Rose Depp, Emmanuel Salinger, Amir Casar,...
Distributeur : Ad Vitam
Budget : -
Genre : Drame.
Nationalité : Français.
Durée : 1h45min.

Synopsis :
Paris, fin des années 30.
Kate et Laura Barlow, deux jeunes mediums américaines, finissent leur tournée mondiale.
Fasciné par leur don, un célèbre producteur de cinéma, André Korben, les engage pour tourner dans un film follement ambitieux. Prise dans le tourbillon du cinéma, des expérimentations et des sentiments, cette nouvelle famille ne voit pas ce que l’Europe s’apprête à vivre.




Critique :




Dès son premier film, Belle Epine, la talentueuse Rebecca Zlotowski prouvait qu'elle avait tout d'une future grande à absolument suivre.
En décrivant l'incapacité d'une jeune fille - campée par la douce Léa Seydoux - confrontée au deuil, à exprimer ses émotions, avec brutalité et subtilité, elle prouvait que le cinéma français était encore capable de faire éclore au grand jour des cinéastes à tempérament et biberonner aux bonnes influences du septième art hexagonal.



Trois ans plus tard, Grand Central confirmait, avec sa romance à trois cœurs en terre inconnue - une centrale nucléaire, plus que rare au cinéma -, tout le bien que l'on pouvait penser d'elle, au sein d'un mélodrame social (mais ne tombant jamais dans le misérabilisme) romantique et lyrique sur deux amants maudit que les braises de la passion interdite enflamment, rongent puis dévorent à mesure qu'il prenne de plus en plus de gout à s'en nourrir; sorte de thriller intense aussi sulfureux que pudique, référencé (la cinéaste citait autant le cinéma de Truffaut que celui de Denis, Audiard et Pialat), viril (les hommes, aussi violent que solidaire, n'ont pas peur d'aller en enfer chaque jour), et d'une beauté plastique sans nom.
Une évidence alors, que son troisième passage derrière la caméra, soit délicatement coché dans nos agendas comme l'un des rendez-vous les plus immanquables de la riche fin d'année ciné 2016.



Premier film au casting international, porté par deux actrices à la ressemblance étonnante - sans pour autant être très frappante non plus -, une en perte de vitesse (Natalie Portman, même si Jackie de Pablo Larrain, devrait lui permettre de relever la tête), l'autre en devenir (Lily-Rose Depp, que l'on veut aussi talentueuse que ses glorieux géniteurs); Planétarium suit l'histoire, dans le Paris des années 30, de deux soeurs, Kate et Laura Barlow, deux jeunes médiums américaines qui finissent leur tournée mondiale.
Fasciné par leur don, un célèbre producteur de cinéma, André Korben, les engage pour tourner dans un film follement ambitieux.
Prise dans le tourbillon du cinéma, des expérimentations et des sentiments, cette nouvelle famille ne voit pas ce que l’Europe s’apprête à vivre...



Fresque d'époque à la reconstitution soignée, férocement coincée le cul entre deux chaises entre le drame historique poignant (la rafle des juifs et les prémisses de la Seconde Guerre Mondiale en filigranes) et le conte onirique sous fond de déclaration d'amour au septième art assez creuse, Planétarium, péloche proprette et plate aux ambitions pourtant conséquentes, souffre continuellement de sa manie perturbante à effleurer et métaphoriser ses thèmes (l'amour fraternel, sujet à la jalousie, la nostalgie/l'illusion comme unique source du bonheur) plutôt qu'à pleinement les exploiter, au sein d'une oeuvre ennuyeuse aussi bancale que le jeu de son actrice vedette.
Froide dans la peau d'un personnage à la complexité pourtant séduisante, Portman traverse toute la longueur du métrage tel un fantôme transparent et inexpressif.



Même derrière la caméra, Zlotowski, d'habitude joliment inspirée, n'arrive jamais à rendre visuellement son expérience cinématographique aussi belle et esthétique que ses précédents essais, flanqué d'un cadre parisien plus carte postale qu'autre chose.
Reste alors une Lily-Rose Depp plus ou moins convaincante et un Rob toujours habile au score, pour sauver un brin des limbes, une oeuvre frustrante et restant trop en retrait d'un propos sur le papier, follement attractif.


Jonathan Chevrier



John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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