Chroniques

[FUCKING SÉRIES] : Scream Queens saison 2 : Panic Hospital ?


(Critique - avec spoilers - du premier épisode de la saison 2)


Dans la catégorie des grosses déceptions de la rentrée télévisée US de l'an dernier, Scream Queens se posait bien là.
Anthologie comico-horrifique construite à la manière d'un slasher grandeur nature (13 épisodes), proposant une nouvelle intrigue et des personnages inédits chaque saison (les survivants d'une saison devant même revenir durant la suivante) et rendant hommage à ce sous-genre de l'horreur glorifié durant les 70's/80's – avant un revival plus ou moins réussi au cours des années 90; sur le papier, la série incarner sans l'ombre d'un doute, l'une des propositions les plus bandantes de la saison.
A l'écran en revanche, la nouvelle création du brillant Ryan Murphy se révelait cruellement victime de son concept pourtant accrocheur.



Mélange hybride entre un teen movies lambda et le pastiche horrifique du type Scary Movie, ni vraiment drôle et encore moins terrifiante, le show s'amusait de ses situations irréalistes sans pour autant s'amuser avec son spectateur en retour, et s'échinait à pointer du doigt les travers des films pour ados et des slashers tout en plongeant (volontairement ?) dedans tête la première au sein d'une pseudo plongée parodique et – parfois - pertinente dans les entrailles des fraternités de campus made in America. 

Bavarde, dénuée de véritable intrigue-mère avec son enquête « mystérieuse » pour démasquer le (puis les) tueur en séries au suspens tenant rarement la route et accumulant grossièrement les rebondissements/meurtres pour masquer un manque de contenu évident (et ce dès son pilote); Scream Queens se plantait quasiment sur tous les tableaux tout en arrivant à opérer le grand écart hautement périlleux et improbable d'être à la fois follement addictive sans réellement captiver pour autant.
Un constat assez navrant, à peine sauvé par un casting oscillant entre le divertissant (Emma Roberts, salope au naturel confondant, Lea Michele sauvée par une prestation convaincante dans le season finale, ou encore Nasim Perdra et Glen Powell) et l'insupportable (tout le reste), complètement dominé par une Jamie Lee Curtis absolument parfaite dans la peau du seul personnage ayant visiblement hérité d'un traitement certes barré, mais un minimum approfondi.


A la surprise générale, et malgré des audiences bien en deçà des espérances (mais au buzz aussi conséquent que ses audiences en replay), la FOX offrit au show la possibilité de se racheter via une seconde saison déplaçant son intrigue dans un hôpital tout aussi glauque - construit aux abords d'un marécage radiocatif - que le campus original; le tout avec le retour partiel du casting d'origine, avec quelques arrivées bien croustillantes en prime (John Stamon, Kirstie Alley, le chat noir Jerry O'Connell et Taylor Lautner).
Et si la crainte d'un douloureux bis repetita était de mise, cette seconde salve d'épisode, sorte de reboot plus malin qu'il n'en a l'air, offre décemment un renouveau franchement séduisant d'un show certes attachant, mais que l'on pensait définitivement perdu.

Avec une ouverture calquant grossièrement celle du pilote, mais pouvant décemment se voir comme une sorte de potentielle tradition (les ressorts communs : une fête d'Halloween, une femme enceinte, un meurtre horrible et masqué par des individus sans morale), le season premiere, plutôt bien pensé, reprend quelques années après les aventures de la première saison, en présentant une Cathy Munsch devenu riche et célèbre - une Steve Jobs au féminin, référence appuyée à la clé - grâce à un programme médical nommé CURE, dit programme qui propose de soigner l’incurable sans pour autant connaitre les affres de la médecine en elle-même.
Pour se faire, elle embauchera deux médecins beaux-gosses, les Dr. Cassidy Cascade mais surtout le Dr. Brock Holt, chirurgien esthétique totalement imbut de lui-même qui s'est vu greffer une nouvelle main droite visiblement très vivante, après un terrible accident de Super Bowl...

Mieux, elle recrutera également Zayday, devenue une brillante étudiante en médecine, mais aussi les Chanels, libérées de l'hopital psychiatrique ou elles étaient injustement condamnées pour des crimes qu'elles n'ont pas commis, grâce à l'enquête du Special Agent Denise, qui a fait coffrer (pour de bon ?) la véritable coupable, Esther.
Libres mais complétement pauvres et vivant toujours ensemble, elles n'ont rien perdus de leur attitude so Bitchy, pas un mal puisqu'elles devront très vite faire face à un nouveau tueur sanguinaire, le Green Maniac...
Dénué de tout réalisme et encore plus " over-the-top " et ridicule que jamais, la seconde saison a beau démarrer sur des airs pachydermiques de déjà-vu (l'ouverture, le potentiel sacrifice d'une Channel en fin d'épisode, la prévisibilité de certaines scènes), elle n'en est pas moins follement enthousiasmante tant elle semble pleinement embrasser cette fois, son statut de série B méchamment barrée et nanardesque, avec ses grosses ficelles narratives complètement tirées par les cheveux et son second degré totalement assumé.
Retenant les erreurs du passé en resserant sa grille de personnages - moins nombreux -, tout en faisant revenir les bons personnages (Munsch, les Chanels ici présentés comme un Vrai ressort comique salvateur), le season premiere a surtout le bon gout d'offrir un vrai contre-point masculin à la brillante Jamie Lee Curtis - gros défaut de la première saison -, en la présence du génial John Stamos; attraction majeure d'un show qui pourrait très bien tourner autour de lui voire même d'une Kristie Alley qu'il fait (vraiment) bon de revoir sur le petit écran.


Très drôle avec son comique de situation aussi bien calibré que son rythme dynamique (on ne s'ennuie pas, et c'est une première sur ce show), joliment référencé à la pop culture (de la créature du marais à Steve Jobs, en passant par Netflix) et porteur d'un concept malin qui pourrait clairement être payant sur la durée (un cas médical extrême par épisodes couplé à l'intrigue générale du Green Maniac), sous couvert d'un cadre encore plus pertinent pour sous-texte horrifique (on prie pour le clin d'oeil à Michael Myers/Halloween 2 avec la grande Jamie); la saison deux de Scream Queens démarre sur les chapeaux de roues tout en laissant planer le mystère sur son fameux tueur bien plus charismatique et terrifiant que le Red Devil.
Prometteur (les Chanels sont au top, les personnages de Stamos et Alley peuvent réellement faire la différence) et bien troussé sans pour autant totalement convaincre (le prochain épisode nous en dira bien plus sur ce potentiel renouveau), ce season premiere, boycotté par le public US ce mardi - à peine 2 millions de spectateurs -, n'en est pas moins une mise en bouche des plus réussies pour un show que l'on pensait définitivement perdu dans les limbes.
La rédemption n'est pas encore acquise, mais s'il continue sur cette bonne voie, son salut est plus proche qu'il n'y paraît...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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