Antoine Fuqua

[CRITIQUE] : Les 7 Mercenaires


Réalisateur : Antoine Fuqua
Acteurs : Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke, Haley Bennett, Peter Sarsgaard, Vincent D'Onofrio, Byung-Hun Lee, Manuel Garcia-Rulfo, Matt Bomer, Luke Grimes,...
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Budget : -
Genre : Western, Action.
Nationalité : Américain.
Durée : 2h13min.

Synopsis :
L’industriel Bartholomew Bogue règne en maître sur la petite ville de Rose Creek. Pour mettre fin au despotisme de l’homme d’affaires, les habitants, désespérés, engagent sept hors-la-loi, chasseurs de primes, joueurs et tueurs à gages – Sam Chisolm, Josh Farraday, Goodnight Robicheaux, Jack Horne, Billy Rocks, Vasquez, et Red Harvest. Alors qu’ils se préparent pour ce qui s’annonce comme une confrontation sans pitié, ces sept mercenaires prennent conscience qu’ils se battent pour bien autre chose que l’argent…



Critique :



À l'instar de David Ayer ou encore F. Gary Gray, Antoine Fuqua est décemment, depuis plus d'une décennie, l'un des plus honnêtes artisans de séries B du cinéma ricain, comptant même quelques plaisirs coupables indiscutables dans sa besace de metteur en scène (Training Day, Un Tueur pour Cible, King Arthur).

Le voir s'attacher à un remake aussi conspuable que celui des 7 Mercenaires de John Sturges (lui-même remake des 7 Samouraïs de Kurosawa), monument du genre western sur grand écran, avait inquiété plus d'un cinéphile avertit, et encore plus à une époque ou Hollywood la putain ne cesse de nous resservir sa sauce de relecture/prequels/suites/franchises à outrance; sauce visiblement de moins en moins accepté par le spectateur lambda - il était temps.



Mais Fuqua n'est pas de la trempe de ces yes men sans saveurs ou même sans cinéphilie, et encore moins quand il est accompagné devant la caméra, par l'inestimable Denzel Washington qui n'a pas pour coutume d'aligner les bouzes et les choix artistiques douteux (ses mauvais films se comptent sur les doigts d'une main méchamment amputée).
Pour preuve leur adaptation sur grand écran de la série culte des 80's, Equalizer, thriller nerveux et badass qui se démarquent complètement du matériau d'origine, tout en n'altérant en rien l'aura du show porté par feu le génial Edward Woodward.

Remake d'un remake ou pas, le projet reste tout de même l'une des relectures les moins offusquantes sur le papier, prévue par les majors Hollywoodiennes depuis quelques années (coucou Total Recall, Robocop ou encore tout récemment Ben-Hur), ne serait-ce parce que le film est cruellement marqué par le saut de son temps (les 60's); mais également parce que le genre western semble peu à peu retrouver sa splendeur d'antan, notamment grace aux escapades vengeresses et grandioses, signé Tarantino (outre Django Unchained et Les 8 Salopards, on pense à Lone Ranger, Desierto, Jane Got A Gun, Bone Tomahawk et dans une moindre mesure The Riciulous 6).



Si beaucoup craignaient l'arnaque du coin de l'oeil, notamment avec son casting pimpant et pluriel (Chris Pratt, Ethan Hawke ou encore Vincent d'Onofrio), il n'en est finalement rien, tant Les 7 Mercenaires version 2016, est sans aucun doute l'une des relectures les plus appliquées qu'il nous aura été donné de voir depuis bien longtemps.
Tout aussi classique dans son propos que l'oeuvre originale (le pitch est similaire, à quelques détails près), Fuqua se démarque pleinement pourtant du film de Sturges, en racontant sa vision (un brin utopiste) de l'Amérique - proche de celle de Tarantino -, prônant la diversité, ou quand une poignée d'hommes encore écorchés par un passé douloureux - et toujours d'actualité - s'entraident pour faire le bien et lutter contre un ennemi commun.

Comme le papa de Pulp Fiction, il creuse un peu plus l'histoire Américaine (en pleine reconstruction post-guerre de Sécession) avec un ton engagé et humaniste (les problématiques raciales et économiques, avec son antagoniste incarnant la figure parfaite du capitalisme sauvage et arbitraire) et une violence jamais masquée, le rapprochant au final bien plus du cinéma de Sam Peckinpah et de Sergio Leone, que du The 7 Magnificent original; malgré quelques dialogues qui tombent à plat, et un traitement des personnages un brin survolé (le vétéran sudiste campé par Hawke en tête), qui entachent un poil on appréciation finale.



Calibré et rythmé comme un divertissement d'action virile à l'ancienne (des empoignades au naturel, il n'y a que ça de vrai !), allant constamment à l'essentiel au détriment certes, de l'émotion - froide au possible -, porté par un casting salement convaincant et un score appliqué (signé par le regretter James Horner), Les 7 Mercenaires est un remake féroce et légitime tout du long, aussi séduisant que dynamique et enthousiasmant; bien loin de la purge redoutée.

À tel point que dans sa générosité et son enthousiasme, il balayerait même la quasi-totalité des blockbusters estivaux de 2016.
Ou quand le potentiel meilleur des popcorn movie de l'été n'arrive que fin septembre...


Jonathan Chevrier




John Chevrier

Plus ou moins fils spirituel du Dude et du Zohan réunis, cinéphile/cinévore/cinémaniaque convaincu depuis mon premier battement de cils, je voue un culte sans borne à Sylvester Stallone. Biberonné aux séries B, les salles obscures sont mes secondes maisons et je fonds comme un vampire au soleil sans ma dose quotidienne de bonnes péloches.
Mes maîtres absolus : Carpenter, Spielberg, Kubrick, Cameron, Eastwood, Milius, Mann, Scorcese et Nolan.

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