Chroniques

[CRITIQUE SÉRIES/OUR FUCKING 6THE SENS] : Crazy Ex-Girlfriend : Love in West Covina


(Critique à deux têtes - mais pas que - de la saison 1).


Critique

Dans la catégorie " série méchamment barrée tout autant qu'elle est follement addictive " (la catégorie est longue certes, mais passionnante), force est d'avouer que la nouveauté made in CW, Crazy Ex-Girlfriend, se pose bien-là en cette saison pas forcément très gâtée en nouveaux shows bandants.

Véritable concept hybride mêlant comédie musicale et sitcom/drama volontairement décalé, créée par sa propre vedette Rachel Bloom - ainsi que par Aline Brosh McKenna - et diffusée dans la douleur (un temps commandée par la chaine câblée Showtime, elle sera finalement récupérée par la CW qui elle, validera son pilote); la série a tout du projet aussi miraculé qu'il est foutrement unique au sein d'un paysage télévisuelle contemporain ne comptant que trop peu de folie (Man Seeking Woman, Glee, Unbreakable Kimmy Schmidt et puis... c'est tout).


Dès son titre joliment évocateur, Bloom laissait entendre que son héroïne - et donc instinctivement elle-même -, n'aurait aucun traitement de faveur et n'hésiterait pas la moindre seconde à se placer sur le peloton d’exécution des humiliations en tout genre; installant de facto le spectateur dans le fauteuil hautement jouissif et un brin embarrassant, du témoin impuissant d'une fixation amoureuse à la limite de... la folie pure. Le show se fixe donc sur le destin rocambolesque d'une éternelle romantique - et le mot est faible -, la pétillante Rebecca Bunch, avocate New-yorkaise accomplit qui décide de plaquer vie active et promotion en or pour retrouver à l'autre bout des États-Unis - West Covina, Californie -, son " amour de jeunesse ", Josh Tran; qui l'avait largué plusieurs années plus tôt lors d'un été dans un camp de vacances.

Le hic, c'est que le bonhomme, qui ne sait rien de cette arrivée en grande pompe de son ex, est en couple avec la séduisante Valencia. Ce qui n'empêche pas pourtant Rebecca d'être animée par le déni tout autant que l'espoir fou de pouvoir le reconquérir, et ce, en tentant tout ce qui peut être humainement possible (des mensonges à gogos aux dépenses folles en passant par le pole-dancing, elle sera capable de TOUT) pour passer du temps à ses côtés...


Avec cette histoire complétement WTF d'une femme désespérée d'attendre que son conte de fée pointe le bout de son nez, la série dévoile durant sa première salve d'épisodes, un pur condensé de folie douce férocement rafraichissante, incarnant une comédie musicale qui recycle avec malice les lieux communs sur l'amour tout autant que les clichés inhérents à toute romcom; en usant avec justesse d'un ton volontairement délirant et d'une pléiade de chansons à la créativité réellement unique et originale. Une invitation folle qui ne se prend jamais au sérieux, mais qui demande l'implication totale de son auditoire pour pleinement apprécier sa singularité.

Prenant son temps pour dessiner ses personnages, offrir une substance nécessaire à chacun (même si le quatuor Rebecca/Josh/Paula/Greg est privilégié) et développer avec eux des thèmes d'actualités (l’homosexualité/bisexualité, la reconversion professionnelle, le mal-être sentimental), trouvant l'équilibre parfait entre récit (un triangle amoureux plus épais et complexe qu'il n'en a l'air) et chansons grâce à la sensibilité et l'humour décapant de sa sublime héroïne/créatrice vedette Rachel Bloom - Golden Globe à la clé -; Crazy Ex-Girlfriend est sans forcer l'une des nouvelles séries plus divertissantes et attachantes du moment, un savoureux bonbon acidulé qui parle autant aux spectateurs masculins que féminins tant son propos - une âme à la poursuite de son ex/l'amour de sa vie - est empathique.


Une série qui ose tout avec un tel panache qu'elle ne peut que nous amuser ou nous attendrir. La CW a déjà renouvelée la série pour une saison 2, et vu le cliffhanger du season finale (la tête de Josh est tout simplement priceless), on est méchamment impatient de voir ce que nous réservera les habitants West Covina dans les mois à venir.
En tout cas, si nous ne l'avons pas vu venir à la rentrée, on l'attend décemment au tournant cette fois-ci.


Jonathan Chevrier




Critique

Crazy Ex-Girlfriend est une série d’un genre nouveau. Elle rejoint le cercle très prisé des réalisations originales qui méritent le coup d’œil mais qui sont malheureusement trop peu mis en avant par les médias (on pourrait parler notamment de Man Seeking Woman, Mr Robot ou encore Unbreakable Kimmy Schmidt). Concrètement, même si elle n’est pas encore diffusée en France - une diffusion sur M6 serait programmée -, elle reste discrète aux États-Unis alors que sa créatrice et éblouissante actrice principale Rachel Bloom a remporté un Golden Globe Award il y a de ça quelques mois.

Alors, bien que le titre soit plus qu’explicite, de quoi parle cette série complètement déjantée ? C’est l’histoire d’une jeune femme avocate qui n’a jamais eu de chance en amour. Élevée par une mère juive et un père absent, elle se concentre alors dans sa carrière professionnelle et atterrie à New York dans une firme renommée. Il lui faudra retomber, par hasard, sur son ex Josh, pour avoir un déclic et tout quitter en un clin d’œil pour aller « le rejoindre » à West Covina, California. Le seul hic c’est que Josh n’est au courant de rien. Oui parce que Rebecca, comme bon nombre de femmes qui se reconnaitront, est du genre à se faire tout un film dans sa tête – allez, avouez !


Aux premiers abords, Crazy Ex-Girlfriend propose donc un scénario plutôt classique dans le style romcom, mais détrompez-vous, Rachel Bloom nous illustre parfaitement le sarcasme des romances hollywoodiennes. Rien n’est officiellement annoncé mais elle s’inspire certainement de faits réels pour élaborer des épisodes aussi pétillants et parlants, aux femmes comme aux hommes (n’ayez pas honte, gente masculine, de vous laisser tenter par cette série, vraiment pas).

Qu’il s’agisse de plans machiavéliques mis en place pour charmer son élu de cœur, d’un texto embarrassant envoyé à la mauvaise personne ou bien d’une concurrence déloyale féminine, tout est méticuleusement pensé et mis en scène pour démontrer que nous, les femmes, nous sommes définitivement prêtes à tout pour conquérir le cœur de celui que l’on aime appeler notre prince charmant.
Est-ce que je vous ai également dit que Crazy Ex-Girlfriend – hormis Glee – révolutionnait le monde de la comédie musicale ? Je vous avoue être assez réticente à ce genre de spectacle en général; depuis toute petite d’ailleurs, puisque les scènes musicales en veux-tu en voilà dans les Disneys me laissaient perplexe.


Mais ici, c’est un tout autre genre et je dirai même c’est un tout autre level ; ici, Rachel Bloom nous propose des clips originaux, rythmés, bourrés de créativité aussi surprenants qu’hilarants !
C’est bien simple, si vous êtes à la recherche d’une série sympathique pour passer une soirée girly – ou cosy avec votre Jules – il ne sera pas difficile de vous convaincre avec un seul de ces nombreux clips.
Mon préféré, et dieu sait que le choix n’a pas été facile, reste « The sexy getting ready song » ; une chanson qui met en lumière la torture préparation pré-date de chaque femme qui veut pécho.

Clairement ce n’est pas de tout repos, on le sait bien, mais Rachel Bloom nous le prouve avec brio !
Ce qui est également très intéressant dans cette série, c’est qu’elle aborde des sujets divers et variés que l’on a tendance à laisser de côté, parce qu’ils sont trop délicats ou bien qui ne méritent pas le débat (homosexualité, problèmes de couple, reconversion professionnelle ou encore traumatismes inconscients).


En somme, Crazy Ex-Girlfriend a largement conquis mon cœur dès le final du pilot (que dis-je : dès le générique) et je vous la recommande vraiment grandement.

Une deuxième saison est en préparation, on a hâte de pouvoir la binge-watcher.


Clélia Six




P.S. : cette critique est également visible sur l'excellent site My Sixth Sens que vous pouvez retrouver en cliquant sur le logo ci-dessous.

https://mysixthsens.com/2016/05/10/focus-serie-crazy-ex-girlfriend-rachel-bloom-aline-brosh-mckenna-2015/

John Chevrier

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