Baltasar Kormakur

[CRITIQUE] : Everest


Réalisateur : Baltasar Kormakur
Acteurs : Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes, Jake Gyllenhaal, Martin Henderson, Keira Knightley, Sam Worthington, Robin Wright, Emily Watson, Michael Kelly,...
Distributeur : Universal Pictures International France
Budget : 65 000 000 $
Genre : Drame.
Nationalité : Britannique, Islandais, Américain.
Durée : 2h01min.

Synopsis :
Inspiré d'une désastreuse tentative d'ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l'homme ait connues. Luttant contre l'extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l'épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.



Critique :



Baltasar Kormakur ou définitivement l'un des plus honnêtes et sympathiques faiseurs de séries B de ses dix dernières années au sein de la jungle Hollywoodienne, un bonhomme au talent certain qui aligne les péloches jouissives et qualitatives à la pelle.
Bref, un ami de la famille quoi.

Et autant dire que pour son retour dans les salles obscures, l'ambitieux cinéaste islandais bientôt cinquantenaire a mis les petits plats dans les grands - et même plutôt deux fois qu'une -, puisqu'il se borne tout simplement avec Everest, à vouloir nous emmener au sommet de l'Everest, rien que ça !


Adapté du du roman " Tragédie à l’Everest " écrit par le journaliste Jon " Into The Wild " Krakauer, le film revient sur l'histoire vraie d'une expédition tragique vers l’Everest à laquelle Krakauer participa en 1996, le tout avec un casting tellement bandant que s'en est indécent : Jason Clarke, Josh Brolin, John Hawkes, Jake Gyllenhaal, Martin Henderson, Keira Knightley, Sam Worthington, Robin Wright et Emily Watson.

Bandomètre au maximum et porté par une campagne promotionnelle franchement remarquable (il a même squatté les ouvertures des festivals de Venise et Deauville), sur le papier Everest incarnait sans aucun doute le rendez-vous le plus alléchant et renversant de cette riche fin d'année ciné 2015, avec le vertigineux The Walk de Robert Zemeckis.

A l'écran, si il est évident qu'il n'est pas dénué de quelques défauts assez dommageable (la trop grande densité des points de vues et des personnages en tête), il n'en est pas moins un merveilleux film d'aventure, un grand spectacle dramatique éblouissant et éprouvant qui émerveille autant qu'il ému.


Mise en image du témoignage rédigé par Krakauer, rescapé de la désastreuse tentative d’ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l’homme ait connues.
Luttant contre l’extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l’épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

Cette double expédition longue de plusieurs mois, aura fauchée la vie de huit alpinistes...

A la fois péloche d'aventure, biopic, drame humain et véritable film catastrophe, Everest étourdit autant par la richesse de son ambition que par la finesse de son propos.
Kormakur le sait, la fascination que le public porte pour la beauté de dame nature, la force de ses paysages aussi époustouflants qu'infranchissables et l'attraction irrésistible et destructrice de l'être humain pour les arpenter; est sans limite et follement cinématographique.


Malin comme un singe, il fait de son film un étourdissement visuel et émotionnelle constant, en nous plongeant de manière immersive et presque quasi-documentaire au sein d'un récit haletant et spectaculaire ou la magie des décors côtoie la folie courageuse de l'âme humaine et les sentiments les plus sincères.

Tout comme les protagonistes, on contemple la beauté naturelle des montagnes himalayennes, on lutte face à la dureté extrême des lois de la nature et l'on repousse constamment les limites de la bravoure et du dépassement de soi pour tenter, aveuglément, de dompter notre environnement.

Saisissant, poignant et incroyablement prenant, le métrage est une formidable tragédie humaine ou le spectateur ne se fait plus simple spectateur mais véritable témoin d'une épopée extraordinaire ou la mort n'est jamais très loin - sans pour autant être macabre -, d'une expérience vibrante et sensorielle techniquement irréprochable (la 3D est aussi légitime que remarquable) dont on ressort lessivé mais conquis, notamment par la puissance de son interprétation (Jason Clarke et Josh Brolin en tête).


Alors tant pis si Kormakur ne pare jamais son film de la moindre critique avisée (l'ambition commerciale ridicule de l'homme à vouloir imposer sa marque sur la moindre parcelle de la planète, ou encore la folie pure et simple qu'incarne ce genre de circuit touristique de luxe), qu'il se laisse aller à un certain pathos de supermarché ou qu'il taille dans le vif le traitement de certains personnages clés (Jake Gyllenhaal et Sam Worthington sont sous-utilisés, Robin Wright et Keira Knightley n'apportent pas ou peu au film) au point de créer une certaine confusion voir même une certaine frustration; l'important c'est l'ivresse et le vertige et Everest y correspond de la plus belle des manières.

Grand moment de cinéma bouleversant et prenant, le nouvel essai du papa de Jar City est une aventure exaltante qui happe son auditoire pour ne plus jamais le lâcher durant un tout petit peu moins de deux (trop courtes) heures.

Une invitation difficile à refuser au sein d'un mois de septembre ciné bien moins timide qu'on aurait pu le penser...


Jonathan Chevrier


John Chevrier

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